III
Ainsi, les questions qui se posaient au Sahara depuis tant d’années sont résolues ou sur le point de l’être. Aussitôt après l’occupation du Touat, la question s’est posée de savoir s’il ne conviendrait pas de donner à ces régions désertiques une organisation distincte, et quelle organisation. Nous ne pouvions raisonnablement prolonger indéfiniment vers le Sud nos trois provinces d’Oran, d’Alger et de Constantine ; il fallait bien en finir avec la division artificielle dans le sens de la longitude et lui substituer la division naturelle dans le sens de la latitude. D’autre part, l’Algérie venait d’être dotée d’un budget spécial et l’on ne pouvait faire supporter à ce budget les dépenses du Sud, qui, par leur nature même, constituent presque exclusivement des charges de souveraineté. Enfin on espérait par ce moyen exercer une surveillance plus étroite sur les crédits et mettre un terme aux dépenses exagérées comme celles qu’avait entraînées l’occupation du Touat. Le 23 décembre 1901, la Chambre adoptait une résolution de M. André Berthelot invitant le Gouvernement à étudier un projet d’organisation administrative et financière du Sud algérien[389]. La loi du 24 décembre 1902 constituait un groupement spécial, dénommé Territoires du Sud, dont l’administration et le budget devaient être distincts de ceux de l’Algérie. Elle fixait la limite septentrionale de ces territoires, leur accordait la personnalité civile, faisait du gouverneur général de l’Algérie leur gouverneur. En vertu de l’article 5 de la loi, chaque année le budget de la métropole accorde au budget du Sud une subvention, qui figure au budget de la Guerre ; ainsi le Parlement et l’opinion publique sauront exactement, par ce chiffre global, la somme des sacrifices qui leur sont demandés. Pour le surplus, la loi s’en remettait à des décrets rendus dans la forme de règlements d’administration publique. Ces décrets sont intervenus en date des 30 décembre 1903, 12 avril, 14 août et 12 décembre 1905[390] ; ils réalisent la séparation budgétaire, fixent la nature et la quotité des recettes et des dépenses civiles de ces territoires, déterminent leur organisation administrative et militaire et les pouvoirs du gouverneur général de l’Algérie en ce qui les concerne. Ces pouvoirs sont très étendus : le gouverneur y cumule les fonctions qu’exercent en Algérie le gouverneur général d’une part, et d’autre part le préfet ou le général de division dans les territoires de commandement. En matière militaire, le gouverneur général a le droit d’ordonner des mouvements de troupes, mais il doit faire passer ses ordres par l’intermédiaire du général commandant le XIXe corps. Les commandants militaires des territoires sont nommés par décret rendu sur la proposition des deux ministres de l’Intérieur et de la Guerre, sur une liste de présentation du Gouverneur.
Les territoires qui entrent dans la constitution de ce groupement distinct sont ceux qui se trouvent au sud des circonscriptions suivantes : cercle de Marnia, annexe d’El-Aricha, annexe de Saïda, cercle de Tiaret, annexe d’Aflou, cercle de Boghar, annexe de Chellala, annexe de Sidi-Aïssa, cercle de Bou-Saâda, annexe de Barika, poste de Tkout, cercle de Khenchela, cercle de Tébessa. Ces circonscriptions doivent être graduellement rattachées au territoire civil de l’Algérie.
Les Territoires du Sud sont divisés en quatre circonscriptions : les territoires d’Aïn-Sefra, des Oasis, de Ghardaïa et de Touggourt, subdivisés en cercles et annexes[391].
La limite nord des territoires sahariens étant tracée, il restait à définir leur limite méridionale. Les diverses autorités chargées d’assurer notre influence dans le Sahara ayant fini par opérer leur jonction, il fallait déterminer leurs zones d’action respectives. Quelques peuplades nomades de la région intermédiaire avaient déjà posé la question. On a vu des Hoggar, razziés par des gens du Niger, hésiter à aller demander protection aux Français de Tombouctou ; on a vu les Ifoghas craindre de froisser les susceptibilités des autorités de l’Afrique occidentale en venant faire leur soumission à In-Salah.
Le problème ainsi posé comportait deux solutions : la création d’un gouvernement du Sahara, ou le partage des territoires sahariens entre l’Algérie et le Soudan. La première solution semble au premier abord la plus simple. L’unification serait faite. Plus de conflits possibles entre colonies voisines, plus de doutes pouvant germer dans l’esprit de nos sujets. Mais où serait le centre de ce Gouvernement ? Où seraient ses voies d’accès et ses débouchés ? Forcément dans l’une des colonies déjà existantes. Il deviendrait donc tributaire de cette colonie, c’est-à-dire que le Sahara deviendrait une annexe de l’Algérie ou de l’Afrique occidentale française et alors on verrait cette anomalie, que les habitants de la banlieue d’In-Salah auraient leurs attaches administratives au Niger ou que les habitants de l’Adrar, proche de Tombouctou, seraient appelés à In-Salah pour le règlement de leurs affaires. En réalité, le Sahara n’a pas de vie propre ; il est trop pauvre pour exister par lui-même et reçoit l’impulsion et l’organisation des pays qui lui confinent au Nord et au Sud, Afrique du Nord et Soudan.
Dans ces conditions, on a préféré, pour le moment du moins, à répartir les populations sahariennes entre nos colonies, laissant à l’Algérie les Touareg du Nord et à l’Afrique occidentale ceux du Sud[392]. Cependant de bons esprits et des hommes aussi compétents que M. Foureau et M. Emile F. Gautier estiment que c’est là une solution provisoire ; que tôt ou tard l’entité géographique et ethnique que constitue le Sahara touareg deviendra une entité administrative distincte[393].
La limite de l’Algérie et du Soudan a été définie en juin 1905 par le ministre de l’Intérieur d’accord avec le ministre des Colonies. C’est du pays Hoggar que part la ligne qui sépare nos deux colonies, une section se dirigeant vers l’Est, l’autre, beaucoup plus longue, allant vers l’Ouest. Cette dernière part de la source de l’Oued-Tin-Zaouaten ; de là, elle suit la ceinture du bassin du Tilemsi jusqu’à son point le plus septentrional au sud d’In-Zize. La ligne séparative traverse ensuite le Tanezrouft occidental et va couper la route Marabouti-Taoudeni à mi-chemin environ entre ces deux points, pour se diriger ensuite directement vers le cap Noun. Dans la section Est, la ligne de démarcation part du faîte de l’Ahaggar pour suivre l’Oued Tin-Zaouaten jusqu’à sa perte dans le Tanezrouft occidental ; la ligne idéale traverse ce Tanezrouft en laissant la rive nord à l’Algérie et la rive sud à l’Afrique occidentale française ; elle coupe la frontière tripolitaine à peu près à mi-distance entre Ghat et le point où la route directe d’Agadès à Mourzouk franchit cette frontière. La limite ainsi indiquée pourra bien entendu recevoir des modifications lorsque le pays sera mieux connu.
Bien entendu aussi, cette limite n’est pas une frontière, encore moins une barrière. Ce partage doit aboutir en réalité à une unification, en faisant disparaître la seule cause susceptible de provoquer des conflits d’attributions ou d’influences. Lorsque chacun connaîtra ses droits, il les exercera normalement, sans arrière-pensée possible, sans à-coups et sans jalousie. Pour éviter des difficultés au sujet des passages de frontières par les tribus, il suffira d’adopter des règles très simples dans le genre de celles qui fixent les rapports des autorités civiles et militaires lors des migrations annuelles de certaines tribus algériennes[394].
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Pour que les deux colonies se prêtent un mutuel appui, il convient d’étudier comment on pourrait faciliter leurs communications. Le commandant Laperrine déclare que l’organisation d’une ligne continue de postes ou d’une route au Sahara coûterait fort cher et serait inefficace ou même nuisible[395]. Reste à envisager la simple transmission de nouvelles, qui nécessite l’établissement d’un télégraphe et le transport de matériel et de personnel qui demanderait la construction d’un chemin de fer.
La question des communications télégraphiques transsahariennes est dès à présent à l’étude. Les incidents de chaque jour fournissent des arguments en faveur de cette création. Il importe à la sécurité de nos postes et des routes commerciales qu’on puisse signaler sans retard, d’une rive à l’autre du Sahara, les départs et les arrivées de convois ou de caravanes, les migrations de tribus, leur attitude politique, les rassemblements hostiles. Le télégraphe coûterait trois millions et doublerait utilement les câbles sous-marins. Une grosse difficulté consistait dans le transport des poteaux, car on ne peut pas trouver sur place le bois nécessaire. Un essai intéressant a été fait en 1900, par le capitaine du génie Bassenne, pour la construction de la ligne électrique d’El-Goléa à Timmimoun. Il consiste à employer des poteaux très courts, en bois du pays, fichés dans des piliers de maçonnerie. On trouve sur place de la pierre, du plâtre et des essences ligneuses suffisantes, de sorte qu’on évite les transports de matériaux encombrants. L’expérience a démontré que la ligne ainsi construite se détériore très vite. Il fallait donc trouver autre chose. Un autre capitaine du génie parait avoir résolu le problème, en utilisant des poteaux formés de tubes métalliques légers, facilement transportables. C’est le système Nou (du nom de l’inventeur), qu’on utilise actuellement dans le Sud Oranais et qui paraît devoir être appliqué également à la ligne transsaharienne[396]. Celle-ci, partant d’In-Salah, devra aboutir à un point du Niger qui sera vraisemblablement Bourroum ou Gao. Nous avons mentionné plus haut la mission Etiennot, chargée de reconnaître la ligne télégraphique transsaharienne par In-Zize et Timiaouine. Pour la protection de la ligne, il faut réduire au minimum les véritables postes occupés par les Européens, en utilisant les centres de cultures dits arrems pour y installer des surveillants indigènes. Les garnisons de ces postes, excessivement réduites, devront pouvoir se ravitailler sur place au moins en grains et en viande, les méharistes toujours en mouvement dans la région tenant le pays sous la crainte de représailles[397].
Quant au chemin de fer, c’est une autre affaire, et il ne semble pas que les explorations et reconnaissances de ces dernières années aient fortifié les arguments de ses partisans, ni affaibli ceux de ses adversaires. Innombrables sont les livres, brochures, articles écrits sur le Transsaharien. Réunis, ils formeraient toute une bibliothèque. A de rares exceptions près, c’est une littérature vide et encombrante. Cette question a eu le fâcheux privilège d’être traitée le plus souvent par des personnes qui en ignoraient les premiers éléments ; leurs affirmations tranchantes cachaient en général leur ignorance des véritables données du problème[398].
L’étude du Transsaharien, comme le nom l’indique, comporte l’étude non seulement du Sahara, mais du Soudan. Ce serait sortir de notre cadre que de l’entreprendre ici. Chose singulière, on s’est presque toujours occupé surtout du point de départ, chacun des ports algériens en faisant l’objet d’ardentes rivalités locales ; on s’est soucié beaucoup moins du point d’arrivée. Le Soudan est décrit en termes vagues comme uniformément riche et fertile, ce qui dispense d’entrer dans les détails[399]. D’autre part, ou n’a pas toujours assez tenu compte des évolutions successives de la question, qui s’est posée en 1890 autrement qu’en 1881, et autrement encore en 1900 et en 1906.
Le problème peut être envisagé soit au point de vue économique, soit au point de vue politique, et, sous chacun de ces aspects, il faudrait le considérer successivement sous le rapport purement Saharien et sous le rapport Transsaharien.
Sur les ressources que peut offrir au commerce le Sahara lui-même, on s’est fait quelquefois de dangereuses et coûteuses illusions. Mais tout le monde reconnaît à peu près aujourd’hui que le bilan des échanges se réduit à presque rien. Ce serait se leurrer profondément que d’attribuer une grande importance au commerce des groupes d’oasis du Sahara en général et du Touat en particulier[400].
Quant au Soudan, la convention de 1890 nous avait attribué des pays subsahariens qui ont à peu près la valeur de la Tripolitaine, pas une région vraiment soudanienne, à part les 200 kilomètres de pays en amont de Say[401]. Nous avons perdu les pays haoussa, et les pays qu’on nous a donnés au nord de la ligne Barroua-Say ne valent pas la peine que nous construisions un chemin de fer pour les coloniser. Reste la boucle du Niger d’une part, les pays du Tchad de l’autre.
La région de Tombouctou et du coude du Niger a joui jusqu’ici en France d’une faveur singulière. Nombre de publicistes en ont, sans examen, vanté la richesse. M. Schirmer a fait justice de cette légende[402]. La richesse n’est pas à la lisière du désert, elle est plus au Sud, sous les latitudes favorisées par des pluies plus abondantes ; or, ces régions échappent déjà à l’attraction de Tombouctou. L’intérêt de la France est de détourner le trafic de ces pays vers ses colonies du Sénégal et de la Côte-d’Ivoire. Ce serait folie de construire pour les atteindre un chemin de fer de 2.600 kilomètres[403]. La pacification de la vallée du Niger, provoquée par notre établissement à Tombouctou, a eu un retentissement sur le commerce transsaharien, dans le sens d’une diminution, bien entendu, puisqu’il tend à faire abandonner aux marchandises cette voie longue, dangereuse et dispendieuse du désert[404]. Il suffit de jeter un coup d’œil sur une carte d’Afrique pour se convaincre que le vrai débouché de ces produits du Soudan occidental est la côte Ouest, vers laquelle nous travaillons et non sans succès à les attirer.
Le prolongement du chemin de fer au-delà de Bafoulabé jusqu’au Niger a été étudié dès 1892[405] ; le pont de Mahina, qui franchit le Bafing, était inauguré en 1896 ; enfin, le 19 mai 1904, la voie ferrée arrivait à Bammakou, terminus aval d’un bief navigable du Niger de 350 kilomètres qui s’étend jusqu’à Kouroussa. Le 10 décembre 1904, un embranchement de 60 kilomètres parvenait à Koulikoro, au-delà des rapides de Sotuba, tête du bief navigable de 1.500 kilomètres du Niger moyen vers Tombouctou, Say et Boussa. Du côté de la Guinée française, la ligne de Konakry à Kouroussa, étudiée en 1898 par le capitaine Salesses[406], est en construction, ainsi que les chemins de fer de pénétration de la Côte-d’Ivoire et du Dahomey. Enfin des études et des travaux sont faits pour améliorer la navigabilité du Sénégal et du Niger.
Comme l’a dit M. Salesses[407], nos colonies côtières sont les points d’arrivée et de départ du commerce, des sortes de bouches nourricières de ce grand corps qu’est le Soudan : chacune a sa zone d’attraction qu’elle dessert actuellement comme elle peut, mais qui existe. De chacune on peut atteindre le Niger ou l’un de ses affluents.
Restent les royaumes du Tchad. Le domaine qui nous a été réservé par la convention de 1899, quoique en partie ruiné par Rabah, est vraiment riche et fertile dans plusieurs de ses parties. Mais M. Chevalier pense qu’une longue période d’incubation est nécessaire au Soudan central avant que l’on puisse en tirer le moindre parti. Il ne suffit pas[408] d’ailleurs qu’un pays renferme nombre de produits utiles pour qu’il y ait lieu de l’exploiter. Il faut qu’on ait intérêt à transporter ses produits sur les marchés où ils se consomment. Or, il n’est pas un des produits du Soudan central qui ne se trouve également dans l’une ou l’autre de nos colonies africaines, d’où nous pourrons le tirer à meilleur compte. D’ailleurs, à ces produits du Soudan central s’ouvrent la voie de la Bénoué, la voie du Chari et de l’Oubangui, et aussi la voie du Nil, qui en draineront chacune leur part[409]. Enfin, ces régions du Tchad, annexées sur le papier, restent à explorer, puis à conquérir et à occuper effectivement.
L’utilité des chemins de fer de pénétration dans le Sud de l’Algérie est indépendante de la question de savoir si ces chemins de fer seront jamais poussés jusqu’au Soudan[410]. « Avoir la prétention, écrivait M. Duponchel[411] dans des termes qu’on a souvent cités depuis, de soumettre et de pacifier le Sahara avec des colonnes militaires péniblement ravitaillées par des bêtes de somme sera toujours une chimère irréalisable ; obtenir ce résultat par la construction progressive d’une voie de fer ouvrant et explorant le pays à l’avant, en même temps qu’elle en garantit la soumission à l’arrière, est au contraire une opération des plus simples et qui ne livre rien au hasard. »
Quant au Transsaharien, c’est également par des arguments politiques et par ceux-là seulement que cette conception peut se défendre. Les chances de trafic du chemin de fer sont des plus médiocres, de l’aveu même de ses partisans. Ce serait, comme on l’a dit, une artère sur un cadavre. Mais au point de vue politique on peut le considérer comme « une dépense nécessaire dans la balance générale de l’entreprise[412] ». On ne peut que se rallier sur ce point aux conclusions de M. F. Foureau[413] : « Considéré en tant qu’affaire commerciale, dit-il, je n’ai qu’une très médiocre confiance dans le rendement probable du Transsaharien, devant le néant du trafic que j’entrevois. Mais si on ne veut le considérer que comme un instrument de domination (d’autres disent un chemin de fer impérial, et c’est évidemment la même la chose), le Transsaharien, sous ce point de vue spécial, serait alors une œuvre splendide, aplanirait bien des difficultés, supprimerait bien des obstacles. »
Contentons-nous pour le moment de poursuivre l’inventaire du Sahara, si bien commencé dans ces dernières années, et qui malheureusement se réduit jusqu’ici à un procès-verbal de carence. Nous nous demanderons ensuite si l’entreprise du chemin de fer transsaharien est vraiment aussi urgente que le prétendent ses partisans, et si, dans l’ensemble des travaux s’imposant à l’activité de la France, elle n’est pas primée par quantité de projets d’une utilité incontestablement supérieure.
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[Note 343 : Nous empruntons la plus grande partie de cet exposé de la période 1900-1906 à l’excellente Revue des questions sahariennes du capitaine SIMON, (Revue Africaine, 1905, p. 244).]
[Note 344 : Bull. Afr. fr., 1900, p. 142 et 177. — Quest. dipl. et col., 1900, t. IX, p. 495. — Colonel d’EU, In-Salah et le Tidikelt, in-8o, Paris, 1903. — Capitaine TILLION, La conquête des oasis sahariennes, Paris, in-8o, s. d.]
[Note 345 : Bull. Afr. fr., 1900, p. 324.]
[Note 346 : Commandant E. LAQUIÈRE, Les reconnaissances du général Servière dans les oasis sahariennes (Bull. Af. fr., Suppl., 1902).]
[Note 347 : EUG. ETIENNE, Questions dipl. et col., 16 juin 1903.]
[Note 348 : Capitaine SIMON, art. cité, p. 246.]
[Note 349 : AUGUSTIN BERNARD, Touat et Maroc (Quest. dipl. et col., 1er juin 1900).]
[Note 350 : *** L’attaque de Taghit (Revue de Paris, 15 oct. 1903).]
[Note 351 : ROUARD DE CARD, La frontière franco-marocaine et le protocole du 20 juillet 1901, in-8o, Paris, 1902. — RENÉ PINON, L’Empire de la Méditerranée, in-18, Paris, p. 251 et suiv. — AUGUSTIN BERNARD, L’évolution de la question marocaine (Revue polit. et parlement., 10 décembre 1903). — Livre Jaune sur les affaires du Maroc, 1901-1905, in-4o, Paris, 1905. On trouvera le texte des accords au Livre Jaune, p. 16, 34, et 39.]
[Note 352 : C’était, depuis Djenan-ed-Dar, Fendi (poste récemment installé), Ksar-el-Azoudj (caravansérail avec quelques goumiers), Hassi-el-Mir (caravansérail), Hassi-el-Morra (caravansérail), Taghit, Igli, Beni-Abbès et Ksabi.]
[Note 353 : Bull. Afr. fr., 1903, p. 313.]
[Note 354 : Livre Jaune, p. 309.]
[Note 355 : Bull. Afr. fr., 1905, p. 75-76 et ibid., Suppl., p. 381-406.]
[Note 356 : Ann. de Géogr., 1906, p. 185.]
[Note 357 : Bull. Afr. fr., 1900, p. 274 et suiv.]
[Note 358 : Bull. Afr. fr., 1905, p. 309.]
[Note 359 : Gouvernement Général de l’Algérie, Direction des Douanes, Documents statistiques sur le commerce de l’Algérie, année 1904.]
[Note 360 : Bull. Afr. fr., 1905, p. 117.]
[Note 361 : Capitaine FLYE-SAINTE-MARIE, Le commerce et l’agriculture au Touat (Bull. d’Oran, 1904. p. 345).]
[Note 362 : Les gisements de nitrate au Sahara algérien (Bull. Afr. fr., 1905, p. 245).]
[Note 363 : Capitaine SIMON, art. cité, p. 252-253.]
[Note 364 : A 1/400.000e, non mise dans le commerce. Une réduction à 3.000.000e de cette carte a été jointe au tirage à part des Reconnaissances du général Servière, publiées par le même auteur au Bull. Afr. fr., 1902.]
[Note 365 : Lieutenant NIEGER, Carte des oasis sahariennes, 9 feuilles à 1/250.000e, Paris, 1904.]
[Note 366 : 4 feuilles, Paris, 1904.]
[Note 367 : EMILE F. GAUTIER, Sahara oranais (Ann. de Géogr. 1903). — Id., Sur les terrains paléozoïques de l’Oued Saoura et du Gourara (C. R. Ac. Sc., 1902).]
[Note 368 : Ann. de Géogr. 1905, p. 460.]
[Note 369 : EDMOND DOUTTÉ, Figuig : notes et impressions (La Géographie, 1903, t. VII, p. 177).]
[Note 370 : Capitaine FLYE-SAINTE-MARIE, Le commerce et l’agriculture au Touat (Bull. Soc. Géogr. Oran, 1904, p. 345).]
[Note 371 : Bull. Afr. fr., 1904, p. 245-250. — Cf. La vie aux oasis, ibid., 1904, p. 33.]
[Note 372 : Capitaine SIMON, art. cité, p. 250.]
[Note 373 : R. DE CAIX, La reconnaissance du lieutenant Cottenest chez les Hoggar (Bull. Afr. fr., 1902. p. 307 et 317).]
[Note 374 : Lieutenant RÉQUIN, Trente jours au Mouydir (Bull. Afr. fr., Suppl., 1902, p. 170). Le lieutenant Réquin accompagnait le commandant Laperrine dans sa première tournée au Mouydir.]
[Note 375 : Lieutenant GUILLO-LOHAN, Un contre-rezzou au Hoggar (Bull. Afr. fr., 1903, Suppl., p. 205, 239, 257).]
[Note 376 : Bull. Afr. fr., 1904, p. 83.]
[Note 377 : Lieutenant BESSET, D’In-Salah à Amguid et à Tikhammar, Bull. Afr. fr., 1904, Suppl. p. 68-78. — Capitaine PEIN, Chez les Touareg Azdjer : d’Ouargla à Tarat, ibid. p. 73. Ces deux documents ont été réunis en une brochure par le Comité de l’Afrique française. 1904).]
[Note 378 : Bull. Afr. fr., 1905, p. 248-249.]
[Note 379 : Bull. Afr. fr., 1905, p. 239.]
[Note 380 : Ann. de Géogr., 1904, p. 203. — Commandant LAPERRINE, Une tournée dans le Sud de l’annexe du Tidikelt du 4 mars au 30 juillet 1904 (Bull. Afr. fr., 1905, Suppl. p. 37-63). — Capitaine BESSET, Esquisse géologique des régions de l’Ahnet, du Tanezrouft, de l’Adrar (nord), du Tassili des Ahaggar, du Ahaggar et du Tifedest (Ibid., 1905, Suppl., p. 123-138).]
[Note 381 : Ann. de Géogr., 1905, p. 94, et La Géographie, 15 octobre 1904, p. 238.]
[Note 382 : Ann. de Géogr., 1905, p. 383 et 459 ; 1906 p. 184. — Bull. Afr. fr., 1905, p. 30 ; 1906 p. 58.]
[Note 383 : V. ci-dessus p. 82.]
[Note 384 : C. R. Ac. Sc., 3 avril 1903 et Bull. Afr. fr., mai 1905.]
[Note 385 : E. F. GAUTIER, Le Mouydir-Ahnet. (La Géographie, 1904, t. X., p. 1 et 85).]
[Note 386 : Bull. Afr. fr., 1905, Suppl., p. 37 et 45.]
[Note 387 : N. VILLATTE, Du Tidikelt vers Tombouctou (La Géographie, 1905, t. XII, p. 209, avec remarques par M. C. TRÉPIED).]
[Note 388 : Ann. de Géogr. 1905, p. 159.]
[Note 389 : Bull. Afr. fr., 1902, p. 12.]
[Note 390 : V. le texte de ce dernier décret dans Bull. Afr. fr., 1905, p. 327.]
[Note 391 : Bull. Afr. fr., 1906, p. 9 et 11. Pour les critiques qu’on a adressées à la nouvelle organisation, v. Bull. Réun. Et. algér. 1905, p. 296 et suiv. M. A. GIRAULT (Principes de législation coloniale, II., p. 410), regrette que la loi ait déterminé elle-même les limites et, par contre, laissé à des règlements d’administration publique le soin de statuer sur plusieurs points essentiels.]
[Note 392 : Bull. Afr. fr., 1905, Suppl. p. 43.]
[Note 393 : F. FOUREAU, Documents scientifiques de la mission Saharienne, p. 1159. — EMILE F. GAUTIER, Bull. Afr. fr., 1905, p. 400.]
[Note 394 : Bull. Afr. fr., 1905, Suppl., p. 43.]
[Note 395 : Bull. Afr. fr., 1905, Suppl., p. 43.]
[Note 396 : Bull. Afr. fr., 1904, p. 185 et suiv.]
[Note 397 : D’après LAPERRINE, Bull. Afr. fr., 1905, Suppl., p. 43, 44.]
[Note 398 : Pour l’énumération de ces brochures, nous renvoyons à Playfair, Bibliography of Algeria, s. v. Transsaharian railway, et à l’ouvrage de M. BROUSSAIS. V. aussi MAURICE HONORÉ, Le Transsaharien et la pénétration française en Afrique, in-8o, Paris. 1901 (bibliographie p. 131-143).]
[Note 399 : H. SCHIRMER, Ann. de Géogr., 1891, p. 12.]
[Note 400 : Documents, III, p. 16.]
[Note 401 : SCHIRMER, Le Sahara, p. 408.]
[Note 402 : SCHIRMER, Le Sahara, p. 410 et suiv.]
[Note 403 : ID., p. 413.]
[Note 404 : Documents, III, p. 17 et 37.]
[Note 405 : Bull. Afr. fr., 1899, p. 334.]
[Note 406 : CAMILLE GUY, Résultats géographiques et économiques des explorations du Niger, (Bull. Afr. fr., 1899).]
[Note 407 : Bull. Afr. fr., 1896, p. 374.]
[Note 408 : H. SCHIRMER, La pénétration commerciale au Soudan central (Revue génér. des Sciences, 15 décembre 1897).]
[Note 409 : AUGUSTIN BERNARD, La question du Transsaharien, p. 4.]
[Note 410 : G. ROLLAND, La colonisation française au Sahara (Afas, Oran, 1888, 1er partie, p. 47 (carte p. 48).]
[Note 411 : DUPONCHEL, Les oasis et la culture du dattier dans le Sahara, R. D. M., 15 mai 1881, p. 388.]
[Note 412 : SCHIRMER, art. cité.]
[Note 413 : F. FOUREAU, D’Alger au Congo par le Tchad, p. 797.]
CONCLUSION
Quelles conclusions tirer de cet historique de la pénétration saharienne ?
En résumant tous ces voyages et en les étudiant, on peut se convaincre de la fragilité extrême autant que de la pauvreté des résultats qu’ils ont produits jusqu’en 1900, pendant près de 70 ans, si on en excepte la belle et studieuse exploration de Duveyrier et quelques-uns des itinéraires de Foureau. Pas un seul itinéraire parti du Soudan n’avait abouti en Algérie, aucune exploration partie d’Algérie n’avait dépassé l’Ahaggar ou le Tassili des Azdjer ; seule la mission Foureau-Lamy a rompu le charme, parce qu’elle a employé des procédés différents. Au point de vue économique, le bilan des entreprises sahariennes est plus misérable encore : « Une énorme dépense d’argent, d’héroïsme, de vies humaines, et comme résultat : néant ».
A quoi faut-il attribuer ces résultats décourageants ? Le problème saharien est-il donc insoluble, et le coq gaulois est-il destiné à gratter indéfiniment ces immensités sablonneuses ?
Il faut convenir tout d’abord que la pénétration saharienne présente d’indéniables difficultés. Mais le peu d’efficacité de nos efforts tenait surtout à une erreur de méthode. Les affaires sahariennes ont absolument changé d’aspect à partir de 1900, et l’expérience de ces six dernières années a mis en lumière ce fait trop méconnu, qu’au Sahara la pénétration politique devait précéder la pénétration scientifique et économique.
Il faut, suivant les régions, employer pour la pénétration les moyens les mieux appropriés. Nous sommes pleins d’admiration pour un Brazza ou un Binger, soumettant par la douceur et sans tirer un coup de fusil de grands royaumes nègres. Mais les résistances que nous rencontrions au Sahara ne pouvaient être brisées que par la force. Cette force ne doit d’ailleurs pas être hors de proportion avec les obstacles à détruire et les résultats à espérer, les uns et les autres nécessairement médiocres et limités.
A coup sûr, le Sahara ne vaut pas qu’on y dépense beaucoup d’hommes ni beaucoup d’argent. Le traité de Ghadamès, les projets de Transsaharien avaient faussé les véritables données du problème. Le Sahara paraît être d’une valeur économique faible et presque nulle tant en lui-même que comme voie d’accès au Soudan. « Quand la terre sera si pleine d’habitants, dit Scott Keltie, que tous les autres pays auront été utilisés par l’homme, il restera le Sahara comme dernière ressource. » Il faudra donc prendre garde de ne pas développer outre mesure les quelques organes rudimentaires dont on l’a pourvu.
L’expérience a montré qu’un très faible effort suffit pour faire la police au Sahara, ce qui est l’essentiel. Grâce à notre établissement dans les oasis de l’archipel touatien et dans la région entre Zousfana et Oued-Guir, des questions qui se posaient depuis plus d’un demi-siècle sont résolues ou sur le point de l’être : résolue la question du Sud-Oranais, résolue la question du Touat, résolue la question touareg, résolue la question des relations entre l’Algérie et le Soudan. On peut affirmer que, de 1900 à 1906, on a fait plus de progrès au Sahara que dans les soixante-dix années précédentes.
Ce n’est pas à dire que les attaques doivent cesser au Sahara comme par enchantement et encore moins du côté de la frontière marocaine. Nous avons mis trente ans à venir à bout de l’insurrection des Ouled-Sidi-Cheikh : l’insécurité, reportée plus à l’Ouest par nos progrès, ne disparaîtra pas immédiatement du « pays des fusils », comme l’appelait en 1845 Mustapha ben Ismaïl. Au Sahara même, il reste, au sud de la Tripolitaine et au sud du Maroc, deux lacunes dans notre organisation, deux trous dans notre filet, qu’il n’est pas en notre pouvoir de combler immédiatement. Mais si la pacification n’est pas complète, elle est bien avancée. La question de la pénétration saharienne ne doit donc plus encombrer notre politique, et c’est vers les territoires autrement intéressants qui s’étendent à l’ouest de l’Algérie qu’il nous faut surtout désormais porter nos regards.
FIN
[Illustration : PROGRÈS DE LA PÉNÉTRATION SAHARIENNE — 1830-1906
Gravé et Imp. par Erhard Fres. Paris.]
Note du transcripteur :
Page 4, " dans ces ces villes " a été remplacé par " dans ces villes "
Page 4, note 15, " Explo-ation scientifique " a été remplacé par " Exploration "
Page 22, " Ifoghas el de l’ordre " a été remplacé par " et de l’ordre "
Page 26, " ainssi que Cusson " a été remplacé par " ainsi "
Page 26, " Adb el Kader " a été remplacé par " Abd "
Page 43, " les Toureg Azdjer " a été remplacé par " Touareg "
Page 71, " ou voit que la période " a été remplacé par " on voit "
Page 84, note 194, " Shirmer " a été remplacé par " Schirmer "
Page 130, " année surve-venait un " a été remplacé par " survenait "
Page 133, " plus grand honnneur " a été remplacé par " honneur "
Page 139, " plus économique posssible " a été remplacé par " possible "
Page 150, " qu’ancun autre livre " a été remplacé par " qu’aucun "
Page 151, note 339, " historique et géogaphique " a été remplacé par " géographique "
Page 152, " publié en collabo-tion " a été remplacé par " collaboration "
Page 160, " été asssassinés sur " a été remplacé par " assassinés "
Page 164, " belle reconnnaissance dans " a été remplacé par " reconnaissance "
Page 177, " 19° 45°′ de latitude " a été remplacé par " 19° 45′ "
Page 187, " l’ouvrage de de M. " a été remplacé par " l’ouvrage de M. "
De plus, quelques changements mineurs de ponctuation ont été apportés.