II
Dans l’est du Sahara algérien, les Français n’étaient pas demeurés inactifs pendant cette période. Ils avaient commencé à accomplir dans l’Oued-Rir l’œuvre qui au désert leur fait le plus d’honneur, les sondages artésiens. A ce pays déshérité, la sonde artésienne donnait ce qui lui manque par-dessus tout, l’eau. Ainsi se réalisait la parole du Prophète : « Alors dans le désert il jaillira de l’eau, et la terre desséchée aura ses fontaines. »
A la mort de Ben-Djellab, survenue en 1854, un usurpateur nommé Sliman s’empara de l’Oued-Rir et se déclara contre nous ; son attitude et les troubles causés par les querelles de çof nécessitèrent l’intervention française ; à la suite du combat de Meggarin[98] (29 novembre 1854), le colonel Desvaux entra à Touggourt à la tête d’une petite colonne[99]. Un officier français, M. Hauer, détaché du bureau arabe de Biskra, y résida seul pendant sept ans. Une petite garnison y fut envoyée en 1861.
La région de l’Oued-Rir était alors en complète décadence. « L’art primitif des puisatiers[100] ne suffisait plus à lui procurer l’eau nécessaire. Malgré les efforts des plongeurs qui en retiraient les sables, les sources artésiennes se faisaient de plus en plus minces à l’orifice des puits, et plus d’une s’était tarie. » Le colonel Desvaux fit demander en France des hommes et un matériel de puits artésiens. En 1856, l’ingénieur Jus débarquait ce matériel à Philippeville, et le 17 mai on donnait le premier coup de sonde à Tamerna. « Le 7 juin[101], après avoir percé une couche de grès très dur, qui fit plusieurs fois douter du succès de l’entreprise, on rencontra une nappe de 4.000 litres par minute, qui jaillit avec force à la surface du sol. En un clin d’œil, la population accourut : on arracha les branches de palmiers qui entouraient l’équipage, chacun voulait voir de ses yeux cette eau que les Français avaient su faire venir au bout de cinq semaines, tandis que les indigènes avaient eu besoin de tant d’années. » En quelques heures, sous la direction du commandant Lehaut et du capitaine Zickel, les oasis qui se mouraient furent reconquises, presque toutes furent dotées de fontaines nouvelles, et on avait achevé une trentaine d’anciens puits ; en même temps, M. Jus découvrait des nappes jaillissantes dans le Hodna, et deux oasis nouvelles étaient créées dans le désert qui séparait Biskra de l’Oued-Rir[102]. Rien n’était mieux de nature à frapper l’esprit des indigènes et à nous encourager dans l’œuvre de la pénétration saharienne.
Pour ceux qui, comme nous, mesurent l’importance d’une exploration moins à la témérité de l’entreprise qu’aux résultats effectivement obtenus, il convient de mentionner à cette place les missions des géologues Ville et Pomel. Ces missions se relient d’ailleurs à la question des sondages artésiens, puisque c’est la géologie qui fait connaître dans quelle mesure les bienfaits de la sonde peuvent être étendus au Sahara.
Dès 1862, Dubocq avait étudié la constitution géologique des Ziban et de l’Oued-Rir, au point de vue des eaux artésiennes de cette partie du Sahara[103]. De 1855 à 1863, Ville, ingénieur en chef des mines, entreprit dans le Sud de la province d’Alger quatre voyages, pour faire la géologie de ces contrées et rechercher des eaux jaillissantes dans le bassin des Zahrez et sur la route d’Alger à Laghouat[104]. En 1861, il reçut la mission d’étudier les nappes artésiennes du Hodna, du Zab et de l’Oued-Rir, afin de les comparer aux nappes artésiennes de la province d’Alger. Il poussa jusqu’à Ouargla et revint par le Mzab. Il fit connaître les résultats géologiques de ses explorations dans deux ouvrages importants[105], qui formèrent la base de nos connaissances jusqu’aux travaux de Pomel et de M. Rolland et qui sont encore utiles à consulter aujourd’hui. Dans le second de ces ouvrages, un chapitre, dû au lieutenant Cajard, commandant de l’escorte qui ramena Ville d’Ouargla à Laghouat, traite de l’origine, des mœurs, de la religion et de l’organisation politique des Mozabites.
Quant à Pomel, après avoir parcouru la région des Ksour avec le commandant Dastugue, il eut la bonne fortune d’accompagner en 1862 le commandant Colonieu à Ouargla[106] ; il était attaché à la colonne comme naturaliste, et eut même à lever le plan de l’oasis[107]. Ce voyage d’exploration, par Géryville, Laghouat et Metlili, lui procura d’importantes observations de tout ordre qu’il devait utiliser plus tard (1872) dans sa publication sur le Sahara.
Dans le but de développer ou de faire renaître, dans l’Est comme dans l’Ouest, le commerce de caravanes, le Gouvernement général résolut (1856) d’envoyer à Ghadamès le capitaine de spahis de Bonnemain, avec la mission d’étudier la situation commerciale de la ville et de démontrer aux autorités et aux principaux commerçants tout l’intérêt qu’ils avaient à lier avec les marchés sud-algériens des relations plus suivies. Profitant de la présence d’une colonne dans le Souf, le capitaine de Bonnemain partit d’El-Oued le 26 novembre 1856, avec une petite caravane de gens du pays conduite par le cheikh Ahmed ben Touati. Sa route, toute entière à travers les dunes, fut assez pénible. A son arrivée, quoique recommandé par le pacha de Tripoli, il fut froidement accueilli ; il réussit cependant dans une certaine mesure à dissiper les défiances du hakem (gouverneur), Osman-Bey, prévenu, paraît-il, contre les Français par le consul anglais à Tripoli, Dickson. Le capitaine de Bonnemain rapportait un itinéraire de son voyage dans l’Erg et un mémoire sur le commerce de Ghadamès[108].
Après s’être rendu compte de l’accueil qui serait fait aux caravanes algériennes à Ghadamès, il importait de savoir comment elles seraient reçues plus au Sud, chez les Touareg Azdjer. Vers le milieu de 1856, Cheikh Othman revint à Ouargla[109], et se chargea de conduire une caravane composée de nos sujets indigènes, avec leurs marchandises, jusqu’à la ville de Ghat. A trois jours de marche de la ville, ils furent rejoints par El Hadj Ikhenoukhen, qui entra avec eux à Ghat. La protection du cheikh et de l’amenokal se montra efficace et réussit à calmer les habitants de Ghat, fort mal disposés pour ces amis des Français. La caravane regagna Ouargla au mois de Mars 1858, rapportant des présents pour le Gouverneur de la part de quelques négociants de Ghat, entre autres d’un Tunisien nommé Younès ben Sala, partisan des Français.
Au mois d’août de la même année, Cheikh Othman repartait pour Ghat avec une caravane dont faisait partie un jeune indigène algérien, Ismaïl Bou Derba, né d’un père musulman et d’une mère chrétienne, ayant reçu une éducation toute française et ayant dans l’armée le grade d’interprète militaire. Le choix de Bou Derba était fort heureux. La caravane passa par Guerrara et Ngoussa, laissant Ouargla un peu à l’Est, traversa l’Erg jusqu’à El-Biodh et gagna Ghat par la route ordinaire, qui passe par Temassinin et le lac Menghough. A Ghat, l’agitation à son arrivée fut très grande, et il fut question de faire un mauvais parti à l’envoyé du Gouverneur général. Cette fois encore, le dévouement d’Othman et d’Ikhenoukhen réussit à rétablir la tranquillité. Le retour à Laghouat s’effectua sans rencontre fâcheuse. Les études de Bou Derba sur Ghat concordent avec celles de Barth ; il avait en outre reconnu la route de Ouargla à Ghat avec les points d’eau qui la jalonnent.
Ces résultats satisfaisants donnèrent un nouvel essor aux études commencées et stimulèrent les explorateurs. Un jeune homme de dix-huit ans, doué d’une rare énergie et de remarquables qualités d’observateur, Henri Duveyrier, allait rapporter le premier travail complet et sérieux sur le pays des Azdjer. « Il était[110] le fils d’un Saint-Simonien de marque et l’élève de Barth. Son père, disciple d’Enfantin, ami intime de Michel Chevalier, de Barrault, de Péreire, de d’Eichtal, d’Urbain, de Félicien David, avait embrasé son âme d’idées généreuses, et son maître lui avait indiqué, comme le plus beau terrain d’apostolat scientifique, son propre champ d’action, le Sahara central. Il y ajoutait de sa personne un patriotisme élevé, que la conquête de l’Algérie à peine achevée excitait au dévouement, et qui ne s’est jamais démenti jusqu’à sa dernière heure. »
Duveyrier commença d’abord son exploration dans les limites modestes d’un voyage privé, avec des ressources dues à la libéralité de son père, d’Arlès-Dufour et d’Isaac Péreire. Après un voyage d’essai qui, en 1857, le mena à Laghouat, en compagnie de Mac-Carthy[111], il revint en Algérie le 8 mai 1859, et se rendit aussitôt à Biskra, ne redoutant qu’une chose, écrivait-il à son père, que « soit par raison politique, soit par défiance de mes forces, soit par un faux intérêt pour mon sec individu, on me refuse la liberté d’aller plus loin[112]. » Il n’en fut rien heureusement. Il put parcourir le Mzab, dont il étudia à fond la constitution si curieuse, et s’avança par Metlili jusqu’à El-Goléa[113]. Mais le fanatisme des habitants du ksar arrêta ses projets ; il les stupéfia par sa témérité, faisant tranquillement ses observations astronomiques sur la place, malgré la population ameutée ; il fut retenu prisonnier trois jours, et n’échappa à la mort qu’en revenant sur ses pas. Après une deuxième excursion au Mzab, en novembre 1859, il partit de Biskra le 1er février 1860, et visita successivement le Souf, Ouargla, Touggourt, le Djerid tunisien et Gabès.
Ces voyages n’étaient pour Duveyrier que les préliminaires de la grande exploration qu’il projetait de faire dans le Sahara central, une préparation et un entraînement ; ils complétaient ses connaissances techniques et son expérience des populations africaines. Ils attirèrent sur lui l’attention du général de Martimprey, qui obtint pour lui une mission officielle chez les Touareg Azdjer, avec lesquels il devait, complétant la mission de Bou Derba, nouer des relations amicales.
D’El-Oued, Duveyrier, accompagné de Cheikh Othman et de quelques autres Touareg, se rendit d’abord à Ghadamès, où Ikhenoukhen vint le rejoindre. Arrêté quelque temps dans cette ville par les tracasseries des autorités turques, il n’en triompha qu’en se rendant lui-même à Tripoli, d’où il revint muni de fortes recommandations du pacha et du consul général de France, Botta. Il put alors partir pour Ghat avec Cheikh Othman et Ikhenoukhen. Ce dernier l’accompagna ensuite à Mourzouk où il le quitta pour rentrer dans ses campements, tandis que Duveyrier, achevant son voyage, aboutissait à Tripoli.
Duveyrier regagna aussitôt Alger, après un long voyage qui avait duré près de trois ans. Mais une maladie terrible, une fièvre typhoïde compliquée d’accidents pernicieux, ébranla si fort sa santé et même sa mémoire, qu’il ne put rien ajouter aux notes qu’il avait précédemment rédigées. Par bonheur, la carte était gravée et le manuscrit en partie imprimé. Le concours du docteur Warnier, qui avait soigné Duveyrier, permit de mettre le volume sur pied. Ce volume, les Touareg du Nord[114] est dans les mains de tous ceux qui s’occupent du Sahara. L’auteur s’est effacé devant les faits qu’il rapporte ; il a proscrit de ce compte rendu tout ce qui lui est personnel, tout ce qui n’est que pittoresque, tout ce qui a trait aux obstacles rencontrés sur la route, aux fatigues supportées, aux dangers courus[115]. Il a préféré la forme d’un ouvrage méthodique à celle d’un récit de voyage. L’œuvre est divisée en quatre livres : le premier est consacré à la géographie physique, à la géologie et à la minéralogie ; le second aux productions minérales, végétales et animales ; le troisième, aux centres de rayonnement commerciaux et religieux ; le quatrième traite des Touareg du Nord, de leurs origines, de leur division en tribus, de leur constitution sociale, de l’historique des tribus, de leurs caractères distinctifs, de leur vie intérieure et extérieure[116]. La carte jointe au volume comprend une partie positive et une partie hypothétique. La partie positive est la réduction des itinéraires du voyageur ; la partie hypothétique est basée sur des itinéraires par renseignements, et sur le plan en relief des parties inexplorées du territoire Touareg qu’à la prière du voyageur, Cheikh Othman fit pour lui sur le sable. La carte de Duveyrier, à laquelle étaient empruntés, jusqu’à ces dernières années, la plupart des renseignements portés sur nos cartes pour le massif central, a été reconnue très fidèle dans les parties où on a pu la vérifier, et la mission Foureau-Lamy en a loué l’excellence.
Quant à l’ouvrage même, Duveyrier s’y révélait le digne élève de Barth, élève bien inférieur au maître assurément, mais le fait n’a pas lieu de surprendre, si l’on songe à son extrême jeunesse. Il faisait connaître la véritable nature du relief saharien et du massif central targui, pays très accidenté et nullement plat comme on se l’imaginait ; il indiquait le véritable caractère du climat saharien, avec ses extrêmes brusques de température. Il a mérité cet éloge d’un juge sévère, lui-même un des maîtres de la géographie moderne[117] : « Henri Duveyrier a été le type accompli de l’explorateur consciencieux et modeste. En voyage, il a fourni à lui seul, au prix d’un labeur de tous les instants, autant de travail utile que toute une mission scientifique ; et pourtant, nul n’a moins que lui entretenu le public de sa personne, nul n’a fait à la fois plus de besogne et moins de bruit. »
Les journaux de route de Duveyrier, c’est-à-dire les volumes de notes d’où a été tiré le livre des Touareg du Nord, étaient demeurés inédits : M. Ch. Maunoir s’était proposé de combler cette lacune en faisant connaître un des principaux journaux, celui du 13 janvier-15 septembre 1860. Son œuvre interrompue par la mort, a été achevée par M. Henri Schirmer[118]. Dans ces notes, Duveyrier se révèle plus vivant que dans le cadre sévère des Touareg du Nord, plus personnel aussi que dans cette encyclopédie écrite sous le contrôle d’un autre et où l’on risque de trouver parfois l’écho d’une pensée qui n’est pas la sienne. Le livre apporte encore du nouveau après 45 ans de découvertes, et fait honneur aux savants qui l’ont fait connaître comme au grand voyageur qui l’a écrit.
On a reproché à Duveyrier, non sans raison, d’avoir apprécié avec trop d’optimisme le caractère des Touareg. Nul n’a contribué plus que lui à propager sur leur compte d’étranges illusions. A sa suite, « on les a dépeints généreux, hospitaliers, pleins de droiture et de franchise, fidèles à leur parole, même vis-à-vis d’un ennemi ; on s’est plu à les parer de toutes les vertus chevaleresques, on leur a fait une auréole d’héroïsme et de poésie[119]. »
Les vrais coupables sont ceux qui ont reproduit son témoignage sans en faire la critique. Les généreuses illusions de Duveyrier s’expliquent par les circonstances exceptionnellement favorables de son exploration. A cette époque, les populations d’au-delà des Areg ne nous craignaient ni ne nous haïssaient ; elles ne voyaient en nous que les successeurs et les continuateurs des deys d’Alger, dont l’autorité politique ne s’était jamais fait sentir de ce côté. Elles étaient du reste rassurées par la présence entre elles et nous de la principauté héréditaire des Ouled-Sidi-Cheikh, et le Sahara n’était encore qu’un grand fief musulman, que notre khalifa Si Hamza administrait à sa guise[120]. On s’explique aussi les sentiments de gratitude, bien naturels chez Duveyrier, pour le marabout d’une rare intelligence qui l’avait protégé et guidé[121]. Enfin, comme on dit vulgairement, il prêtait ses qualités aux autres : « Il était, dit Masqueray[122], doué d’un tact très sûr et né pour se concilier les barbares. Il était devenu l’hôte préféré du chef de guerre de ce peuple sauvage. Le vieux Targui, âgé de près de 80 ans en 1860, et qui mourut centenaire, s’était pris d’une sorte de tendresse pour ce jeune homme imberbe qui osait pénétrer seul dans ces immenses déserts, n’ayant pour armes qu’une politesse parfaite et un mépris absolu de la mort. J’ai eu la bonne fortune de découvrir, dans une lettre de Si Othman, l’impression qu’il avait produite sur l’élément commerçant et maraboutique. Si Othman ne trouvait qu’une chose à reprendre en lui, son extrême courage. Nous ne savions, dit-il, comment faire pour le retenir. »
Le succès de Duveyrier devait-il rester à l’état isolé, ou devait-il être le prélude d’une pénétration pacifique ? C’est ce que l’avenir allait se charger de démontrer. Une belle vie, a-t-on dit, est un rêve de jeunesse réalisé dans l’âge mûr : Duveyrier, qui avait vécu son rêve dans sa jeunesse, n’eut de l’âge mûr qu’amertumes et déceptions. Condamné au repos par les suites de son mal, bien que son intelligence fût redevenue vigoureuse, il passa le reste de son existence à voir s’élever, obstacles sur obstacles, la barrière qui nous sépara si longtemps du Sud. Les bulletins de la Société de Géographie de Paris témoignent qu’il n’avait pas cessé de s’intéresser aux choses du Sahara et d’en parler avec compétence. Quoi qu’on en ait dit, il se rendait parfaitement compte des changements survenus depuis son exploration dans les conditions de pénétration chez les Touareg[123]. Mais, « enseveli lentement[124] dans un passé irrévocable, que de fois a-t-il dû se dire qu’il eût mieux valu pour lui mourir à 25 ans dans la splendeur de sa jeune gloire, quand aucune déception ne l’avait encore frappé ! Pour son coup d’essai, il avait égalé ses devanciers les plus illustres, et depuis il n’avait fait qu’assister à la ruine de son œuvre comme au déclin de sa gloire. La fièvre avait été trop clémente quand elle avait lâché prise sur son corps inutile après son séjour chez les Azdjer. »
Pour profiter des résultats obtenus par le voyage de Duveyrier, on avait songé d’abord à envoyer de nouveau une caravane indigène à Ghat et même à Kano, sous la conduite de Cheikh Othman, puis à installer à Ghadamès un agent consulaire, français ou indigène ; ce dernier projet émanait de Léon Roches. Les lettres d’Ikhenoukhen au général de Martimprey et au général Pélissier témoignaient d’ailleurs des meilleures dispositions : « Quiconque de chez vous viendra ici ne rencontrera que le bien, la paix et la plus grande sécurité, soit actuellement, soit dans l’avenir. Dieu soit loué, notre main s’étend jusqu’au Soudan[125]. » Cheikh Othman, à la même époque, vint en France et fut présenté à l’Empereur. On résolut de signer directement un traité d’amitié et de commerce avec Ikhenoukhen, et Ghadamès fut choisi comme lieu de l’entrevue[126]. Une mission, placée sous la direction du commandant Mircher, et dont faisaient partie le capitaine d’état-major de Polignac et l’ingénieur des mines Vatonne, partit de Tripoli pour Ghadamès et y signa un traité par lequel les Adzjer « s’engageaient à faciliter et à protéger à travers leur pays et jusqu’au Soudan le passage des négociants français ou indigènes algériens. » Ikhenoukhen et les autres chefs auxquels on avait donné rendez-vous ne vinrent pas ; la mission les attendit en vain ; seul, El Hadj, frère de l’amenokal, et le Cheikh Othman, avec un chef des Imanghasaten, signèrent la convention, le 26 novembre 1862. La mission Mircher rentra à El Oued par Bir-Ghardaïa, route déjà suivie en 1857 par le capitaine de Bonnemain. Elle rapportait[127] diverses études sur les régions traversées, notamment des travaux géologiques et hydrologiques de Vatonne, des observations médicales recueillies par le docteur Hoffmann, divers renseignements sur l’état politique et social du Soudan, enfin une notice très complète sur Ghadamès, avec un plan exact de la ville et de l’oasis.
Quelle était exactement la valeur de ce traité de Ghadamès ? On a beaucoup discuté sur ce point. Dès le moment où il fut signé, on émit des doutes sur sa portée. On lit dans un rapport du lieutenant Villot, adjoint au bureau arabe de Géryville, du 17 décembre 1862 : « Aucun chef touareg n’est assez puissant pour garantir la traversée du Sahara à quelque prix que ce soit. Gens misérables, vivant sur un sol misérable, disséminés sur des espaces immenses, les Touareg ne reconnaissent aucun chef, si ce n’est les plus habiles à conduire les razzia ». La franchise de ce rapport valut au lieutenant Villot un blâme énergique de ses supérieurs.
On fit remarquer aussi que le traité avait été signé avec des chefs qui n’apportaient en fait de pouvoirs que des assurances verbales[128] et qu’on peut avoir quelques doutes sur un accord conclu « au nom de la nation Touareg » par deux personnages secondaires, alors que les chefs influents ne daignaient ni se montrer ni répondre. Le ministre Rouher s’avançait beaucoup lorsqu’il assurait que ce traité donnait une entière sécurité aux caravanes françaises et algériennes[129]. En admettant même qu’Ikhenoukhen se crût engagé par la convention, « au Sahara, la parole d’un chef n’engage que lui-même et il n’est pas de nation Touareg avec laquelle on puisse traiter[130]. Au reste, ce chef, « dont la main s’étend jusqu’au Soudan », n’a pu, appuyé par presque toutes les tribus, obtenir d’un petit groupe de guerriers la restitution de chameaux pris à une tribu alliée[131]. Enfin le véritable sens de ce traité, s’il en a un, est qu’Ikhenoukhen se réserve le bénéfice éventuel du passage des caravanes françaises. Au Sahara, le droit de protéger, c’est-à-dire de recevoir d’un étranger le prix du passage, se dispute avec la plus grande âpreté[132]. D’ailleurs, nous savons aujourd’hui ce que valent ces traités signés avec des roitelets africains, noirs ou blancs ; ils n’ont d’intérêt qu’en tant qu’opposables à d’autres puissances européennes.
Ceux qui croient à la valeur du traité de Ghadamès répondent qu’on n’a rien fait, du moins au début, pour en tirer parti. « Il fallait, dit Masqueray[133], tenter d’établir un commerce régulier avec les féaux d’Ikhenoukhen et de Si Othman. Les bonnes relations avec les Azdjer nous ouvraient sans combat les deux tiers du Sahara. On pouvait, grâce à leur exemple et par leur intermédiaire, se concilier les Touareg de l’Aïr, leurs voisins ; des négociations de même sorte avec les Ahaggar et les Aouelimmiden auraient pu suivre. En somme, dès 1862, la solution du problème de la jonction de l’Algérie au Tchad et au Niger était sûre, sinon proche encore. Rien de tout cela ne fut tenté. Les Touareg, n’entendant plus parler de la France, la dédaignèrent. Nos adversaires leur apprirent à la braver. » Ces paroles contiennent une grande part d’exagération et d’optimisme ; il faut convenir cependant que, par suite d’une série d’événements, le traité de Ghadamès se trouva rélégué dans les archives ; quand on voulut l’en tirer il était trop tard : il y avait prescription.
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Résumons, comme nous l’avons fait pour l’époque précédente, les résultats obtenus pendant la période 1852-1864, au triple point de vue de l’occupation, de l’exploration et du commerce.
L’occupation française, ou tout au moins l’influence française, règne désormais sur presque tout le pays situé au nord des Areg, notamment sur les points importants de Laghouat, Ghardaïa, Ouargla et Touggourt. Ce sont des limites qu’elle ne devait pas dépasser sensiblement jusqu’à la fin du XIXe siècle.
Au point de vue de l’exploration, les travaux de Colomb, de Colonieu et Burin, de Rohlfs, ont fourni des données, encore incomplètes, sur la région oranaise et le bassin de l’Oued Saoura. Les voyages de Bonnemain et Bou-Derba, surtout la belle exploration de Duveyrier, suivie de la mission Mircher, ont fait connaître le pays des Touareg Ahaggar par renseignements, le Tassili des Azdjer, les routes de Ghadamès et Ghat au Souf et à la Tripolitaine. La carte de Duveyrier est le plus important document graphique pour le Sahara central. D’autre part, le Dépôt de la guerre a publié en 1855 une première carte du Sud-Oranais à 1/400.000e en noir, qui a longtemps servi pour la partie méridionale de cette province, et en 1861 une carte du Sahara oriental (région de l’Oued-Rir), également à 1/400.000e.
Au point de vue économique, de merveilleux résultats ont été obtenus par les sondages de l’Oued-Rir. En revanche, toutes les tentatives de commerce transsaharien avec le Soudan et même de commerce saharien sont restées sans efficacité. Elles reposaient d’ailleurs sur une connaissance imparfaite des données du problème. Du côté de l’Ouest, la tentative de Colonieu et Burin n’a servi qu’à aviver le fanatisme des Touatiens ; l’échec a été complet. Du côté de l’Est, les résultats, sans être mauvais, n’ont pas été aussi brillants qu’on l’a prétendu. Il faut remarquer que Duveyrier n’a réussi à entrer à Ghat que sur la recommandation des Turcs de Tripoli. Quant au traité de Ghadamès, sa portée est très contestable. La bonne volonté d’Ikhenoukhen n’est pas certaine, et en l’admettant même, son efficacité reste douteuse.
Peut-être cependant eût-il été possible de tirer parti de la situation, à condition de le faire immédiatement. Il fallait agir au Touat par les armes aussitôt après l’expédition Colonieu et éprouver le traité de Ghadamès en envoyant des caravanes dans la direction de l’Aïr. La puissance des Européens au Sahara, comme aux colonies en général, est surtout une puissance morale, une puissance d’opinion : avant qu’on n’y eût laissé porter de graves et nombreuses atteintes, peut-être eût-on réussi à faire brèche, en quelque sorte par surprise, dans le monde saharien. Mais on le laissa se ressaisir, et les tentatives faites n’eurent d’autre résultat que de jeter les Sahariens dans les bras des Turcs à l’Est, du Maroc à l’Ouest[134]. Le Sahara, un instant entr’ouvert sur les pas de Duveyrier, s’est refermé : l’insurrection des Ouled-Sidi-Cheikh, puis la guerre franco-allemande de 1870, enfin le massacre de la mission Flatters ont tout arrêté, et on peut dire que nous en étions restés, jusqu’aux environs de l’année 1900, au même point qu’en 1864.
Enfin les conditions de la pénétration saharienne se sont trouvées modifiées, vers la même époque, par d’autres facteurs étrangers à l’Algérie. Le gouvernement de Faidherbe au Sénégal (1856-1862) est contemporain de celui de Randon en Algérie. Comme Randon, il cherche systématiquement l’expansion de la colonie ; dès 1863, il indique à Mage et Quintin que leur mission est de préparer la jonction des établissements du Sénégal avec le Niger ; grâce à lui, un obscur comptoir est devenu le point de départ d’un grand empire. C’est alors qu’a commencé l’expansion de la France dans l’Afrique occidentale, qui s’est poursuivie avec de si brillants résultats jusqu’à aujourd’hui. L’ouverture des voies de la côte ne pouvait manquer d’influer sur le commerce transsaharien : « Cheikh Othman me fait remarquer, écrivait Duveyrier[135], que les convois d’or entre In-Salah et Ghadamès sont moins fréquents depuis que M. le gouverneur Faidherbe a donné aux routes du Sénégal une sécurité qu’elles n’avaient jamais connue jusque là, et il craint que la concurrence de nos possessions sénégaliennes n’achève de priver les routes du Nord de ce riche produit. »
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[Note 48 : C. ROUSSET, La Conquête de l’Algérie, in-8o, Paris, 1889, II, p. 373. Cf. A. RASTOUL, Le général Randon, in-8o, Paris, 1890. RANDON, Mémoires, 2 vol. in-8o, Paris, 1875-77.]
[Note 49 : PAUL VUILLOT, L’Exploration du Sahara, étude historique et géographique, gr. in-8o, Paris, 1895, p. 41.]
[Note 50 : Gal-LIEUt VON SCHUBERT, Heinrich Barth der Bahnbrecher der deutschen Afrikaforschung, in-8o, Berlin, 1897. C’est une biographie intime d’après des papiers de famille. Cf. une notice de Duveyrier sur Barth dans la Revue contemporaine du 28 février 1866. Barth n’a pas encore été l’objet d’une biographie digne de lui.]
[Note 51 : 4 vol. in-8o, Alger, 1852, publiés par ordre du Ministre de la Guerre.]
[Note 52 : HANOTEAU, chef de bataillon du génie, Essai de grammaire de la langue tamachek, Paris, Impr. imp., 1860. Les plus anciens travaux sur la langue des Touareg sont ceux de Judas, Note sur l’alphabet berbère usité chez les Touareg, Journ. asiat., mai 1847 ; F. DE SAULCY, Observations sur l’alphabet tifinag, Paris 1849 ; RICHARDSON, Vocabulaire arabe, Ghadamès et Touareg, Londres, in-fol. 1846 ; l’abbé BARGÉS (Rev. algér. et col. 1853, p. 72). Voir aussi Revue de l’Orient, 1857, tome V, p. 333, tome VI, p. 25, 162 et 224.]
[Note 53 : DUVEYRIER, Les Touareg du Nord, in-8o, Paris, 1864, p. 388.]
[Note 54 : MANGIN, Notes sur l’histoire de Laghouat (Revue Africaine, 1894 et 1895). Voir notamment les raisons données par le général Pélissier en faveur de l’occupation définitive de Laghouat (Revue Africaine, 1895, p. 8).]
[Note 55 : Dr CH. AMAT, Le Mzab et les Mzabites, in-8o, Paris, 1888, p. 20.]
[Note 56 : Documents, II, p. 809. Cf. les portraits de Si Hamza donnés par le colonel TRUMELET, Les Français dans le Désert, p. 96 ; L’Algérie légendaire, p. 153 et par F. GOURGEOT, Situation politique de l’Algérie, p. 11.]
[Note 57 : Documents, II, préface, p. X.]
[Note 58 : C’est, semble-t-il, une exagération de VUILLOT (p. 48).]
[Note 59 : TRUMELET, Les Français dans le Désert, in-8o, Paris, 1862. Cet ouvrage est un récit de l’expédition d’Ouargla, à laquelle l’auteur avait pris part. Cf. E. MANGIN, Revue Africaine, 1895, p. 19-23.]
[Note 60 : RANDON, Mémoires, I, p. 251. Cf. DEPONT et COPPOLANI, Les Confréries religieuses musulmanes, in-8o, Alger, 1897, p. 272, note.]
[Note 61 : A. LE CHATELIER, L’Islam au Soudan, in-8o, Paris, 1899, p. 167.]
[Note 62 : Voir le portrait qu’en fait DUVEYRIER (Touareg du Nord, p. 363).
Rohlfs a porté sur son compte un jugement tout différent.]
[Note 63 : DUVEYRIER (Touareg du Nord, p. 352) a également tracé un portrait d’Ikhenoukhen.]
[Note 64 : RANDON, Mémoires, I. p. 447.]
[Note 65 : Comte H. DE SANVITALE, Tribus du Sahara Algérien (Revue de l’Orient, mars 1854).]
[Note 66 : Les documents qu’on utilisait étaient, outre ceux de l’époque précédente, Ibn Khaldoun, Barth qu’on lisait dans l’édition anglaise, et des renseignements recueillis auprès de nègres habitant l’Algérie, peut-être avec une méthode moins sûre que celle de DAUMAS. (V. Résultats, etc., p. 10.)]
[Note 67 : H. DASTUGUE, Quelques mots au sujet de Tafilet et de Sidjilmassa (Bull. Soc. Géogr. Paris, 1867, p. 337, avec cartes). ID., Hauts-Plateaux et Sahara de l’Algérie Occidentale (Bull. Soc. Géogr. Paris, 1874, p. 113 et 239).]
[Note 68 : Résultats, etc., p. 3.]
[Note 69 : E. CAT, Biographies Algériennes : Mac-Carthy (L’Algérie Nouvelle, 1898, p. 91).]
[Note 70 : C’était un aventurier, écrivait BOTTA, consul de France à Tripoli, dans une lettre inédite à DUVEYRIER. (Renseignement communiqué par M. MAUNOIR.)]
[Note 71 : DUVEYRIER, Historique, etc., p. 229. Cf. la biographie du Général de Colomb, mort en 1902, dans Bull. Afr. Fr., 1902, p. 431.]
[Note 72 : DE COLOMB, Exploration des ksours et du Sahara, in-8o, Alger, 1858, p. 10.]
[Note 73 : L. DE COLOMB, Exploration des ksours et du Sahara de la province d’Oran, avec une carte de l’itinéraire par M. DE LA FERRONAYS, Alger, Impr. du Gouvernement, 1858.]
[Note 74 : Voir notamment p. 57 et suivantes.]
[Note 75 : P. 36.]
[Note 76 : Il y a une autre Daïa-el-Habessa dans l’Oued-Mya au sujet de laquelle on raconte la même chose (Documents relatifs à la mission Flatters, in-4o, Paris, 1884, p. 283).]
[Note 77 : P. MARÈS, Note sur la constitution générale du Sahara dans le sud de la province d’Oran (Bull. Soc. Géol. de France, 1857, p. 524). Cf. Bull. Soc. Géol. de France, 1864, p. 686. C. R. Ac. Sc., 1857, tome XLV, p. 26 et Ann. Soc. Météorol. de France, 1857, p. 172 ; 1859, p. 222 ; 1860, p. 34 ; 1864, p. 174.]
[Note 78 : DUVEYRIER, Historique, etc., p. 234-235.]
[Note 79 : L. DE COLOMB, Notice sur les oasis du Sahara et les routes qui y conduisent (extrait de la Revue Algérienne et Coloniale, 1860). Il existe de DE COLOMB une carte des oasis du Touat à 1/1.600.000 et une autre à 1/400.000 gravée au Dépôt de la Guerre (toutes deux de 1860). Cf. Documents, IV, p. 583.]
[Note 80 : H. SIMON (capitaine), Trois rapports du lieutenant-colonel de Colomb sur la question du commerce transsaharien (Bull. Soc. Géogr. d’Oran, 1905, p. 167 et suiv.).]
[Note 81 : A. CHERBONNEAU, Itinéraire descriptif de Touggourt à Tombouctou et aux Monts de la Lune (Ann. Soc. Archéol. de Constantine, 1853, p. 91 ; Revue Alg. et Col., 1857, t. V, p. 224 (t. à p. 1860).]
[Note 82 : Dr A. MAURIN, Les Caravanes françaises au Soudan, in-8o, Paris, 1863.]
[Note 83 : Lettre du maréchal RANDON au Général commandant la division d’Oran, du 26 juin 1858.]
[Note 84 : 14 juillet 1858.]
[Note 85 : Sans doute parce qu’on ne le savait pas exactement.]
[Note 86 : V. la biographie du général Colonieu, mort en 1902, dans Bull. Afr. fr., 1902, p. 371.]
[Note 87 : DUVEYRIER, Historique, etc., p. 236.]
[Note 88 : COLONIEU (commandant), Voyage au Gourara et à l’Aouguerout. (Bull. Soc. Géogr. de Paris, 1892, p. 51 ; 1893, p. 53 ; 1894, p. 430), avec carte dressée par Duveyrier, en 1864.]
[Note 89 : VUILLOT, L’Exploration du Sahara, p. 73. — SCHIRMER, Le Sahara, in-8o, Paris, 1893, p. 380.]
[Note 90 : Résultats obtenus, etc., p. 11.]
[Note 91 : VUILLOT, p. 71.]
[Note 92 : Id. p. 72.]
[Note 93 : Bull. Soc. Géogr. Paris, 1894, p. 457.]
[Note 94 : DUVEYRIER, Historique, etc., p. 240.]
[Note 95 : Voir notamment Bull. Soc. Géogr. Paris, 1893, p. 94 ; 1894, p. 430 et suivantes.]
[Note 96 : Bull. Soc. Géogr. Paris, 1894, p. 431.]
[Note 97 : Les Ksouriens, pas plus que Si Hamza, ne se rendaient bien compte de ce qui nous poussait à pénétrer dans ces régions désolées et à vouloir y créer des relations commerciales.]
[Note 98 : MANGIN, Revue Africaine, 1895, p. 29.]
[Note 99 : Ce sont ces événements qui ont été racontés et dramatisés par le romancier Hugues Le Roux (L’Épopée du Sud. — Gens de poudre). Il a fait revivre les intéressantes figures du Basque Séroka, chef du bureau arabe de Biskra, et du Corse Carbuccia, commandant la légion.]
[Note 100 : SCHIRMER, Le Sahara, p. 422.]
[Note 101 : Id., Ibid., p. 423.]
[Note 102 : JUS, Les forages artésiens de la province de Constantine, Constantine, 1870, p. 8 et suiv. — Rapport du colonel Séroka (Rev. Alg. et Col., 1859, p. 339). — Rapport du lieutenant Rose (Ibid., p. 17). — VILLE, Voyage d’exploration dans les bassins du Hodna et du Sahara, p. 345-417.]
[Note 103 : Annales des Mines, 1852.]
[Note 104 : VILLE, Notice sur les sondages exécutés pendant les années 1859 à 1862 dans le territoire militaire de la province d’Alger (Ann. des Mines, 1864).]
[Note 105 : VILLE, Voyage d’exploration dans les bassins du Hodna et du Sahara, Paris, Impr. imp., 1868. Id., Exploration géologique du Beni-Mzab, du Sahara et de la région des steppes de la province d’Alger, Paris, Imp. nat., 1872.]
[Note 106 : COLONIEU, Voyage dans le Sahara Algérien de Géryville à Ouargla (Tour du Monde, 1863, p. 161).]
[Note 107 : E. FICHEUR, Notice Biographique sur A. Pomel (Bull. Soc. Géolog. de France, 1899, p. 191).]
[Note 108 : CHERBONNEAU, Relation du voyage de M. le Capitaine de Bonnemain à R’damès, Paris, 1857, in-8o.]
[Note 109 : Résultats, etc., p. 7. — Cf. RANDON, Mémoires, I, p. 453.]
[Note 110 : E. MASQUERAY, Journal des Débats, 14 mai 1892. — HENRI DUVEYRIER, Journal de Route, publié et annoté par CH. MAUNOIR et H. SCHIRMER, précédé d’une biographie de H. DUVEYRIER par CH. MAUNOIR, in-8o, Paris, A. Challamel, 1905.]
[Note 111 : H. DUVEYRIER, Journal d’un voyage dans la province d’Alger, p. p. CH. MAUNOIR, in-8o, Paris, 1900 (non mis dans le commerce).]
[Note 112 : Cité par Vuillot, p. 60.]
[Note 113 : Bull. Soc. Géogr. Paris, 1859, p. 217 et Revue Alg. et Col., 1860, tome II.]
[Note 114 : DUVEYRIER, Les Touareg du Nord, in-8o, Paris, 1864.]
[Note 115 : H. SCHIRMER, Henri Duveyrier (Ann. de Géogr., 1891-92, p. 415).]
[Note 116 : DUVEYRIER, Introduction, p. XII.]
[Note 117 : H. SCHIRMER, Duveyrier (Ann. de Géogr., 1891-92, p. 416).]
[Note 118 : HENRI DUVEYRIER, Journal de Route, publié et annoté par CH. MAUNOIR et H. SCHIRMER, in-8o, Paris, 1905.]
[Note 119 : H. SCHIRMER, Le Sahara, p. 278 et 281.]
[Note 120 : L. RINN, Nos Frontières Sahariennes, in-8o, Alger, 1886, p. 32.]
[Note 121 : SCHIRMER, Le Sahara, p. 381.]
[Note 122 : Journal des Débats, art. cité.]
[Note 123 : HENRI WOLFF (Commandant), Duveyrier ; son dernier projet de voyage dans le Sahara (Congr. nat. de Géogr. de Marseille, 1898, p. 490).]
[Note 124 : MASQUERAY, art. cité.]
[Note 125 : Résultats, etc., p. 13.]
[Note 126 : VUILLOT, p. 77.]
[Note 127 : Mission de Ghadamès, in-8o, Alger, 1862.]
[Note 128 : Mission de Ghadamès, p. 121.]
[Note 129 : SCHIRMER, Le Sahara, p. 382.]
[Note 130 : SCHIRMER, Pourquoi Flatters et ses compagnons sont morts (Extr. du Bull. de la Soc. de Géogr. de Lyon, 1896, p. 20).]
[Note 131 : SCHIRMER, Le Sahara, p. 271.]
[Note 132 : SCHIRMER, Pourquoi Flatters, etc., p. 15-16.]
[Note 133 : Journal des Débats, 14 mai 1892.]
[Note 134 : SCHIRMER, Le Sahara, p. 390 et 391.]
[Note 135 : DUVEYRIER, Les Touareg du Nord, p. 360. Cf. MARCEL DUBOIS et A. TERRIER, Un Siècle d’Expansion Coloniale, 8o, Paris, 1901, notamment p. 280 et 658.]