‹ La petite femme de la merChapitre 5 sur 11 · IV

IV

LA CHANSON DES KERELS

Nous sommes les Kerels, les francs gars!--Au carillon des cloches--nous descendons vers les paroisses.--Tue! tue! Nos rires sonnent clairs en nos coutelas.

Nos pères aussi étaient gens des bois,--on croyait voir marcher les hêtres et les chênes par les chemins quand ils arrivaient.--Personne n’a le droit de nous commander;--nous sommes libres partout où reluit--le fer en nos poings.

Frairie! Frairie! Nous leur fendrons la panse--nous en extrairons la fressure.--Les boudins juteront et péteront sur le gril.--Dites, mon amour, n’est-ce pas là une belle kermesse?--Faites brasser une bière fraîche--pour arroser entre vos dents le cœur que nous vous ferons manger.

Nous sommes les Kerels, fiers et loyaux comme nos couteaux.--Ceux qui toucheront à la lame auront la main coupée.

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