V
LA CHANSON DU SANG
Là où nous passons, il y a du sang dans le ruisseau.--Là où nous frappons, un homme peut entrer son poing--et le bras jusqu’au coude.
Un vrai fils de Kerels est, à son baptême,--ondoyé avec du sang.--On fait, avec le couteau,--une croix sur son cercueil quand il tombe frappé.--Alors le soleil se lève rouge sur le bois,--le jour a le visage d’un homme blessé à mort.
Les Kerels, comme la mer, se sont rués sur les villages;--ils ont éventré les fermiers gras.--Ils ont fait danser ensuite les femmes--en frappant leurs couteaux l’un contre l’autre.--Leur musique était comme du sang--qui chanterait dans des violons.
Maintenant que de rouges funérailles ont vengé leur frère,--ils regagnent les bois.--Le couchant est toujours rouge--par-dessus les Kerels, quand leur bois ils regagnent.