Chapitre 22 Catherine meurt
Le surlendemain, ces dames retournèrent voir Catherine. En entrant, elles remarquèrent que les rideaux de son lit étaient fermés ; dans un coin de la chambre, la mère Nannette tenait la petite Jeanne qui s’était endormie sur ses genoux.
Mme Dumont s’approcha.
« C’est fini, ma chère dame : la pauvre âme est allée au bon Dieu ; elle est morte comme une sainte. M. le curé, qui ne l’a pas quittée, assure qu’il y a bien longtemps qu’il n’a vu une mort pareille.
— Et qu’allez-vous faire de cette enfant ?
— Je vais la garder avec moi, madame ; comme je le disais hier à M. le curé, c’est le bon Dieu qui me l’a envoyée ; elle prendra soin de ma vieillesse comme je vais prendre soin de son enfance.
— L’enverrez-vous encore mendier ?
— Oh ! non, madame. Je ne suis pas riche, mais il y aura bien assez de pain ici pour nous deux. D’ailleurs, la voilà en âge de me rendre des services qui me payeront sa nourriture.
— Mère Nannette, il faut continuer d’envoyer Jeanne à la maison ; mes filles lui apprendront à écrire et à faire toutes sortes d’ouvrages. Je me charge de son entretien ; ainsi vous n’aurez rien à dépenser pour elle.
— Que le bon Dieu vous conserve, ma chère dame ! En apprenant à Jeanne à travailler, vous ferez plus que moi pour elle : vous lui mettrez le pain à la main pour toute sa vie.
— Mère Nannette, voici quinze francs pour faire enterrer cette pauvre femme ; il ne faut pas que ces frais-là retombent à votre charge. »
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