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Chapitre 23 Docilité et intelligence de la petite Jeanne

Quelques jours après la mort de sa mère, Jeanne alla chez Mme Dumont ; on lui mit des bas et un fichu noirs pour qu’elle portât le deuil. Le dimanche suivant, Sophie l’habilla tout en noir.
La pauvre enfant était bien triste ; elle pleurait toujours en pensant à sa mère ; ses yeux étaient rouges et gonflés ; elle ne disait rien et ne mangeait presque pas. On la trouvait souvent à genoux, priant Dieu. La mère Nannette craignait qu’elle ne tombât malade ; mais, comme elle n’avait que huit ans bien juste, elle finit par oublier un peu. Elle continua d’aller chez Mme Dumont, et elle apprenait très vite tout ce qu’on lui montrait. Les deux jeunes demoiselles, en la trouvant si docile et si travailleuse, s’attachèrent à elle de plus en plus. M. le curé, qui la voyait toujours sage à l’église, lui donnait de temps en temps de belles images. Quand elle sut bien lire, il lui fit cadeau d’un petit livre d’heures, ce qui la rendit fort contente.

À l’âge de douze ans, elle lisait et écrivait bien ; elle faisait toutes sortes d’ouvrages avec beaucoup d’adresse. La mère Nannette lui avait appris à filer ; et déjà son fil était plus fin que celui des autres fileuses du bourg, parce qu’elle était bien attentive à ce qu’elle faisait.

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