‹ La petite Jeanne Le devoirChapitre 47 sur 138 · Chapitre 48 Le colporteur ne sait plus sa prière

Chapitre 48 Le colporteur ne sait plus sa prière

Au bout de deux jours, M. le curé permit au colporteur de se lever, et lui dit de remercier Dieu, qui l’avait sauvé d’une mort presque certaine.
« Vous savez bien votre prière, n’est-ce pas, mon enfant ? »

Le pauvre garçon baissa la tête sans mot dire.

« Monsieur, quand j’étais tout petit, ma mère ne manquait jamais de me faire prier matin et soir ; mais je l’ai perdue à huit ans, et depuis ce temps-là personne ne s’est occupé de moi.

— Alors, vous n’avez pas fait votre première communion ?

— Si, monsieur ; je l’ai faite à onze ans avec les autres enfants de ma paroisse ; mais depuis je n’ai plus pensé à tout cela.

— Mon petit ami, je vais prier tout haut pour vous. »

Et le saint homme pria Dieu de toute son âme ; sa voix était si douce que le malade en fut tout remué. Quand la prière fut finie, M. le curé lui dit :

« Vous savez sans doute lire, puisque vous vendez des livres ?

— Oui, monsieur, j’ai été aux écoles de charité.

— Eh bien, pourquoi ne lisiez-vous pas vos prières dans les livres que vous vendez ? »

Le colporteur rougit encore sans répondre.

« Voyons-les donc, ces livres ! Si j’en trouve quelques-uns qui me conviennent, je vous les achèterai. »

Il prit la boîte et l’apporta au jeune homme.

« Ah ! monsieur le curé, s’écria-t-il, ne l’ouvrez pas, je vous en prie.

— Pourquoi donc, mon garçon ?

— C’est que…. c’est que…. »

Il n’en put pas dire davantage.

« Allons, donnez-moi votre clef. »

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