Chapitre 62 Jeanne et grand Louis achètent des terres au père Colis
« Mes amis, dit maître Tixier, vous ne savez pas ce que le père Colis vient de me dire ? Il se trouve trop cassé pour continuer à cultiver ses terres ; c’est trop fort pour lui maintenant ; il ne veut garder que son jardin, afin de s’occuper un peu. Comme il a perdu tous les siens et qu’il est seul au monde, il veut vendre son bien en viager. Ma Jeanne, j’ai pensé à toi pour cette bonne pièce de terre où il avait ses avoines cette année : il en veut trente écus par an ; c’est bien un peu lourd, et pourtant ce serait dommage de manquer une si bonne occasion. Écoute : tu me l’affermeras quarante-cinq francs ; il t’en restera autant à donner sur tes gages, juste la moitié de ce que tu gagnes, et l’autre moitié suffira pour tes dépenses. Qu’en dis-tu ?
— Notre maître, si vous croyez que c’est pour mon avantage, il faut m’acheter ce champ. Faites donc comme pour vous.
— Moi, dit grand Louis, je m’arrangerais bien de son demi-arpent de vigne dans les Pierres-Folles, et aussi de sa pièce de seigle.
— Va donc le trouver demain matin. Il veut vendre sans que ça s’ébruite, et, comme il fait grand cas de toi, tu auras de lui ce que tu voudras. »
Le jeudi suivant, maître Tixier mena Jeanne et grand Louis chez le notaire pour signer les actes.
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