Chapitre 97 La famille Dumont vient voir Jeanne
La famille Dumont vint, le mardi, voir Jeanne, qui leur avait dit la veille qu’elle était emménagée.
« Sais-tu que tu n’es pas du tout mal logée, petite Jeanne ? lui dit Mme Isaure ; et qu’as-tu donc dans ta basse-cour ?
— Rien encore, madame ; maître Tixier va me donner une chèvre, un coq et deux poules.
— Qu’il te donne plutôt deux canes et un canard, dit Mme Dumont ; je t’enverrai un coq et deux poulettes de ma belle race.
— Et moi, dit Auguste, qui était devenu un bel officier, je t’apporterai une paire de ces jolis pigeons que tu aimes tant.
— Et moi, dit Mme Sophie, je te donnerai une jolie chatte à longs poils pour te tenir compagnie ; car, ma pauvre Jeanne, tu vas trouver la maison bien grande quand tu seras seule toute la journée.
— Oh ! je vais chercher de l’ouvrage tout de suite après avoir sevré Sylvain. Quand vous aurez besoin de quelqu’un, ne m’oubliez pas, s’il vous plaît.
— Et la petite Nannette, qu’en feras-tu quand tu iras travailler ?
— Je la mènerai au Grand-Bail, ainsi que son frère ; ils s’amuseront autour de la maison : Nannette gardera le petit, et Louise aura l’œil sur les deux.
— Comme il est frais, ton Sylvain ! Jeanne ; si j’ai un enfant, tu me le nourriras, dit Mme Isaure.
— Avec grand plaisir, ma chère dame ; ordonnez ici comme chez vous. »
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