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L’Institut d’Histoire des Sciences et des Techniques de l’Université de Paris.

L’histoire des sciences n’était pas encore représentée, de façon suivie, dans l’enseignement universitaire français, malgré les appels réitérés des congrès historiques, philosophiques et scientifiques, malgré le rôle considérable que la France a joué dans cette discipline, depuis la fondation des Académies et le mouvement philosophique du XVIII siècle.

Cette lacune vient d’être comblée à l’Université de Paris par l’organisation de l’Institut d’Histoire des Sciences et des Techniques. L’importance du travail auquel il va s’efforcer n’est pas contestable.

L’histoire des sciences n’est pas simple œuvre d’érudition. Elle présente, comme l’ont si bien vu, chez nous, les Encyclopédistes, puis Auguste Comte, Ampère, Cournot, Duhem et Paul Tannery, un élément capital de l’histoire de la civilisation ; non seulement de la civilisation matérielle (si importante que chaque âge de l’humanité peut se différencier par les caractères de ses techniques) ; non seulement de la civilisation intellectuelle, qui se confond avec le savoir, mais encore de la civilisation spirituelle, par les idées, la pensée que la science diffuse à tous les niveaux et qui donnent à l’homme la représentation générale du monde latente sous tant de ses attitudes. D’autre part l’histoire des sciences permet de comprendre plus pleinement la science, en particulier la science contemporaine ; car, seule, elle permet de « faire le point ». Tâche qui, par les vues d’ensemble qu’elle implique sur la courbe des connaissances humaines et sur leur état actuel, apporte un des remèdes les plus efficaces contre les étroitesses d’une indispensable spécialisation. L’histoire des sciences ne doit-elle pas nécessairement dégager leur philosophie ?

Autant de raisons qui font souhaiter que le succès de la première année, pendant laquelle a fonctionné l’Institut, se continue et s’amplifie par les services, si modestes soient-ils, qu’il peut rendre à l’histoire, à la philosophie, à « l’humanisme » impliqué par les sciences positives.

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