‹ La Puce de Mme DesrochesChapitre 9 sur 9 · C. DES ROCHES.

C. DES ROCHES.

TRADUCTION DU LATIN.

Ne t'estonne d'Ossan endossé sur l'Olympe, Ny du Gean qui, fol, vers les estoilles grimpe, Puis qu'on voit une Puce escheler le Rocher Qui peut de Jupiter la hauteur approcher. Pareils faits, non effetz: la terre enclost Typhée, La Puce piafant fait des astres trophée, Grands parreins les Geans bouleversez des Dieux, Puce qui par Pasquier prend son vol jusqu'aux cieux.

E. PASQUIER.

A PASQUIER.

Sur le teton jumeau je vy la Puce prendre Et, riant, depucer la pucelle de pris. Puce et pucelle ensemble, en tes divins escris, Pasquier, tu veux et peux immortelles les rendre.

FR. D'AMBOISE, ADVOCAT.

RESPONSE.

Tu t'abuzes, amy, la Puce ne feut prise, Et pourquoy doncq'? D'autant que, sage, elle sautoit Sur le sein de Madame, et là le suçotoit Sans crainte, comme estant en un lieu de franchise.

E. PASQUIER.

Ce n'est point par ma main que la sage pucelle De Poictiers doit atteindre à l'immortalité: Son sçavoir, sa vertu, ses meurs et sa beauté La rendront à jamais de soy mesme immortelle.

E. PASQUIER.

VOEU PASTORAL

EN FAVEUR DES POÈTES CHANTE-PUCES.

Celuy qui du PASCAGE emprunte le surnom, Celle qui aux ROCHERS donne tant de renom, Furent premiers motifs de cette Puce gaye. Celuy qui à la Puce encor' a bonne part, Et qui d'Amaryllis chante le sainct regard, Trouva dans les forests le nom de la COULDRAIE.

Icy maint bon pasteur diversement voit on Graver dans le sainct Roch sous l'a BRY SON sainct nom; Icy le bel OYSEL degoiser son ramage, Et le pastre TOURNEUR chanter mil beaux couplés, Et tous abandonner la Deesse Palés Pour faire à qui mieux mieux à une Puce hommage.

Icy voit-on le mont de Parnasse ESCHELER, Icy le forgeron sainctement MARTELER, Icy pour, bien BINER, les riches fruicts renaistre Au dessous des CHAUX PINS, et le jeune berger, Et AMBOISE des Dieux l'ambrosie MANGER Et du mielleux nectar souëfvement se paistre.

Vous qui hantez les Rochz, les pastiz, les forez, Satyres chevrepieds et Faunes, quand orrez De voz humbles pasteurs la devote musique, Recevez dans vos monts, dans vos prés, dans vos bois, D'un favorable accueil, leurs doux sonantes voix, Mais gardez que comme eux la Puce ne vous picque.

E. PASQUIER.

TRADUCTION DU LATIN.

(Voir les Notes.)

Sur la Puce maint manœuvre S'est joué: Loisel icy En fin sur ton nom descœuvre Une couronne, et ainsi La fin couronne ton œuvre.

[Ornement]

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DESCRIPTION DES DEUX ÉDITIONS

(In-4º, 1583, et in-8º, 1610)

QUI ONT SERVI A LA PRÉSENTE RÉIMPRESSION

ET VARIANTES PRINCIPALES

Page 1.--Notre titre est celui de l'édition in-8º. Le titre de l'édition in-4º est ainsi conçu: La Puce de Mme Desroches, qui est un recueil de divers poëmes grecs, latins et françois, composez par plusieurs doctes personnages aux Grands Jours tenus à Poitiers l'an MDLXXIX.--A Paris, pour Abel l'Angelier, au premier pillier de la grande salle du Palais. MDLXXXIII. Avec privilege du Roy.--A la suite de ce titre, l'in-8º donne un Extrait du privilege, et une dédicace de Jacques de Sourdrai à noble et vertueux seigneur Ant. de la P., gentilhomme poictevin, que nous n'avons pas reproduite.

Page 3.--La préface au lecteur donnée par l'in-4º est tellement différente de celle-ci qu'il est impossible d'en indiquer les variantes. Pasquier ne s'y met pas lui-même en scène, mais il raconte l'aventure comme étant arrivée à quelque personnage assez cognu.

Pages 6 et 7.--Les deux pièces, Quand je feis, et Peut-estre adviendra-il, se trouvent, dans l'in-8º, après la Puce de Pasquier.

Pages 29 et 30.--Les quatre pièces contenues dans ces deux pages ne sont pas traduites dans l'in-4º. Mais il donne après elles une pièce en grec, [Grec: Psullês enchhômion], qui ne se trouve pas dans l'in-8º.

Puis viennent ici deux pièces non traduites, données par les deux éditions: 1º Jo. Bineti Bellovaci. J. C. Amatoris et Pulicis Colloquutio. Cl. Binetus, fratris filius, restituit.--2º Ren. Chopini I. C. et in sup. curia advocati Pulex.

Page 37, vers 16 à 18.--Variante de l'in-4º:

Ja void on dans Poictiers ce Poëte divin Celebrer Apollon comme vray Poictevin, Qui quitte le surnom pour Poitou de Pythie.

Page 39, vers 6 et suivants.--La pièce finit ainsi dans l'in-4º:

Ou, si c'est une Puce, elle ne s'engendra D'une ordure, mais bien de ce beau chien celeste Tellement que la vierge et la Puce s'apreste De reparer les cieux de deux astres tous neufs, Lorsque les Dieux puissans, vaincus de tant de vœus Des Poëtes, mettront au ciel une autre vierge, Et qu'ils voudront encor que la Puce y heberge, Astres vrayment trois fois et quatre fois heureux D'estre honorez ça bas et aux celestes lieux.

Page 40.--La chanson n'est pas traduite dans l'in-4º, non plus que la pièce suivante.

Vient ensuite la pièce intitulée: Jacobi Mangotii, in senatu Parisiensi advocati, Pulex, qui n'est traduite dans aucune des deux éditions.

Page 74.--Ici viennent deux pièces non traduites: Ad consultissimos supremi senatus Gallici patronos in Rupeæ Pulicem ludentes,--et Raphael Gallodonius in curia Paris. Advocatus.

Page 79.--Ce sonnet de Macefer a été supprimé dans l'in-8º; c'est pourtant une des pièces les mieux tournées. Peut-être a-t-il dû cette exclusion à la vivacité du dernier tercet; mais alors l'éditeur aurait fait preuve d'une pruderie qui n'était guère de son temps.

Page 89.--L'in-8º ne donne pas non plus ce sonnet de la Guérinière; mais cette fois l'oubli n'était pas regrettable, et, n'eût été le désir d'exactitude, nous aurions bien laissé ce fatras poétique dans l'obscurité à laquelle l'avait condamné l'éditeur de 1610.--Cette pièce est suivie d'un distique latin du même, Ad Pleiada et Erigonem, que l'in-8º n'a pas non plus reproduit.

Avant la Puce de Lommeaud se trouve une pièce latine, Pulex ad Claudium Binetum, signée L. Bochellus.

Page 93.--Après le premier quatrain de Pierre Soulfour vient une pièce latine, Quid magni peperere dies.

Page 100.--Avant la Contre-Puce viennent deux pièces, également de Rapin: De pulice Pictavii decantato, et De eodem.

Page 107.--La Contre-Puce est suivie des quatre pièces latines suivantes: Nicol. Rapini ad Paschasium epig.,--Steph. Paschasii ad Nicolaum Rapinum,--Jul. Cæsaris Bulengeri Juliodunensis in Pulicem Catharinæ Rupeæ Pictaviensis,--et F. Coldraii propempticon carmen. Les deux dernières seulement sont données par l'in-4º.

C'est ici que vient dans l'in-4º la Louange de la Puce, une assez longue pièce en prose, que nous n'avions pas à reproduire ici, vu qu'elle n'a aucun rapport à l'aventure de Catherine Desroches.

L'in-4º finit ici, sans donner les pièces suivantes, à l'exception des Quatrains de Catherine des Roches, qu'il met après le sonnet de la Guérinière, page 90, et du Vœu de Pasquier, qu'il fait venir après le sonnet de Macefer. Ces deux pièces sont bien mieux à leur place dans l'in-8º.

Entre le Vœu et la dernière pièce se trouve une pièce latine intitulée: In Stephani Paschasii Stephanoplocon.

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NOTES

Page 36.--Après le vers 14e devraient venir deux vers à rimes féminines, mais ils ne se trouvent dans aucune des deux éditions.

Page 39, vers 10.--Supprimer la virgule qui se trouve après Poictiers.

Page 64, vers 18.--Le fourmy. Fourmi a été du masculin, et comme tel il s'est écrit fourmis. La Fontaine l'a encore écrit ainsi deux fois de suite, pour le besoin du vers, quand il a dit, dans la fable La Colombe et la Fourmis:

L'autre exemple est tiré d'animaux plus petits. Le long d'un clair ruisseau beuvait une Colombe, Quand, sur l'eau se panchant, une Fourmis y tombe, Et dans cet Océan l'on eust vû la Fourmis, Etc...

Ici les arrangeurs d'éditions à la moderne ont le choix ou de faire deux vers faux, ou d'abandonner leur système.

Page 101, vers 15.--Le vers manque d'un pied; il les a tous dans l'édition in-4º, qui le donne ainsi:

Pour belle qu'ils t'ayent descrite.

Page 115.--Le dernier quatrain fait allusion à une pièce latine d'Antoine Loisel, qui joue sur le mot grec [Grec: Ztephanos], signifiant également couronne et Etienne (prénom de Pasquier). Voici la pièce en question:

IN STEPHANI PASCHASII STEPHANOPLOCON

Pausiæ, ut et Glyceræ tabulas, variasque coronas, Ardorumque jocos secula prisca canunt: Sic Stephani et castos Catharinæ Rupis amores, Puliceosque sales, postera suspicient; Quos tanta Stephanus noster contexuit arte, Ut Stephanoplocon hunc dicere jure queas.

Stephanoplocon veut dire «couronne de fleurs».

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TABLE DES MATIÈRES Pages

Avant-Propos v La Puce, ou jeus poetiques françois et latins. Paris, M.DC.X 1 Catherine Desroches 9 Etienne Pasquier 14 Brisson 22 Joseph de l'Escale 31 Anthoine Loisel 37 Etienne Pasquier 40 Claude Binet 43 Odet Tournebus 62 Macefer 75 Raoul Cailler 80 De la Guérinière 89 Lommeaud 91 Pierre Soulfour 93 Rapin 100 Pièces diverses 108 Description des deux éditions in-4º, 1587, et in-8º, 1610 et variantes principales 117 Notes 121

Imprimé par D. JOUAUST

POUR LA COLLECTION

DU CABINET DU BIBLIOPHILE

NOVEMBRE 1868

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