Chapitre 14 Coqueluche
La coqueluche est une maladie terrible pour les enfants et pour ceux qui les soignent. Elle est contagieuse par l’haleine de l’enfant malade ou par l’application des lèvres sur un verre, une tasse, une cuillère qui auraient servi à l’enfant malade et qui n’auraient pas été lavés. Elle est facile à reconnaître à cause des quintes, avec difficulté de reprendre la respiration, qui en sont le principal symptôme.
Quand on n’arrête pas la coqueluche dès le principe, les quintes se rapprochent et deviennent plus longues, surtout la nuit ; les vomissements surviennent surtout après avoir mangé.
Quand la toux menace de devenir coqueluche, l’enfant tousse plus la nuit que le jour et tousse par quintes.
Voici le traitement que j’ai vu appliquer avec le plus de succès, et qui a même quelquefois arrêté la coqueluche dès son début.
Prenez cinq ou six feuilles de belladone, mettez-les dans une cuvette, versez dessus de l’eau fraîche et laissez-la s’évaporer dans la chambre de l’enfant. Renouvelez l’infusion le soir, et mettez dans toutes les chambres où l’enfant joue ou se tient une cuvette ou terrine avec une infusion de belladone.
Donnez à l’enfant, le matin à jeun, une once de manne en larmes délayée dans de la pomme cuite ou dans des pruneaux bien cuits.
Si l’enfant n’aime pas la manne, donnez une cuillère à café d’huile de ricin ; vous mettez dans un verre du jus d’orange, ensuite la cuillère d’huile, puis du jus d’orange ; de cette façon on ne sent pas le mauvais goût de l’huile.
Recommencez tous les deux jours.
Si la première dose n’a pas amené une ou deux garde-robes abondantes, recommencez le lendemain et augmentez un peu la dose.
Mettez une goutte d’huile de croton tiglium avec trois ou quatre gouttes d’huile d’amandes douces ou d’huile d’olive tiède, et frictionnez légèrement, soir et matin, avec ce mélange, le cou de l’enfant par devant.
Il va sans dire qu’à chaque friction on fait le même mélange des deux huiles.
Si le cou devient rouge ou sensible, changez de place, frictionnez au-dessous ou à côté.
Promenez l’enfant au grand air tant que vous le pourrez et si le temps le permet ; le vent froid serait préjudiciable ; faites-le changer d’air si c’est possible ; l’air et le changement d’air sont de puissants remèdes contre la coqueluche.
Donnez une nourriture légère et un peu moins abondante que d’habitude ; évitez les mets salés, poivrés, épicés, les pâtisseries, les bonbons, le café, le vin, enfin tout ce qui pourrait exciter la toux.
Souvent une cuillerée de café noir ou de vin de Malaga empêche le vomissement et diminue la violence des quintes.
Au moyen de ce traitement si simple, j’ai vu plusieurs fois la coqueluche arrêtée en vingt-quatre heures et convertie en une toux sans gravité ni durée. Il est vrai que j’ai commencé le traitement dès la première quinte avec suffocation.
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