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Chapitre 15 Rougeole

Premiers symptômes. – Maladie. – Période décroissante
La rougeole est une maladie peu grave si elle est bien soignée, très-grave si les soins sont donnés avec négligence ou inintelligence.

Les symptômes précurseurs sont :

Rhume de cerveau ;

Yeux pleurants ;

Toux ;

Mal de gorge, quelquefois.

Au bout d’un jour ou deux, survient la fièvre avec agitation.

Après un jour ou deux de fièvre, on commence à apercevoir de légères taches rouges comme des piqûres de puce sur la poitrine, les bras, les cuisses ; elles gagnent le visage et tout le corps.

À mesure que les taches rouges se multiplient, la toux, le rhume, la fièvre diminuent ; au bout de deux jours, les rougeurs tendent à s’effacer ; c’est le moment du danger et des précautions 1.

Tant que la fièvre entretient dans le malade une chaleur qui porte à la peau, il n’y a pas à craindre de voir les rougeurs disparaître subitement.

Mais quand la fièvre est tombée, que les rougeurs tendent naturellement à s’effacer, il faut préserver soigneusement le malade de tout refroidissement, de tout air extérieur, de tout courant d’air. Chacun sait le danger d’une rougeole rentrée.

Nous allons indiquer les soins à donner au début et dans le courant de la maladie.

Lorsque les symptômes annoncés plus haut sont accompagnés de fièvre, on doit toujours se mettre en garde contre une maladie de peau et chercher à faciliter l’éruption.

Il faut tenir l’enfant au lit, avec une boule d’eau chaude aux pieds.

S’il a mal à la tête, mettez aux pieds des cataplasmes de farine de lin, saupoudrés d’une pincée de camphre ou de farine de moutarde.

Si le cataplasme ne dégage pas la tête, s’il y a de l’agitation, faites prendre à l’enfant un bain de pieds d’eau de savon. C’est un excellent moyen de faire paraître les rougeurs et d’attirer aux pieds.

Si les rougeurs sont abondantes à la tête et moins apparentes et nombreuses sur le reste du corps, mettez encore des cataplasmes camphrés aux pieds ; faites, sous la couverture, des frictions aux jambes et aux cuisses avec une brosse en laine à frictionner, ou, à défaut de cette brosse, avec une flanelle. Ne couvrez pas la tête et tenez chaudement les pieds et les jambes.

Ne donnez pas à manger pendant la fièvre. Donnez à boire de l’eau de gomme, de l’eau pure, de l’eau de poulet, selon le goût de l’enfant.

Ne donnez pas à boire chaud, mais seulement dégourdi, un peu moins que tiède.

Si toutefois l’enfant préfère boire chaud, il ne faut pas le contrarier ; c’est un instinct naturel qu’on doit écouter.

Quand les rougeurs diminuent, que la fièvre tombe, ne changez pas l’enfant de lit, ne le changez pas de linge, ne le laissez pas découvrir jusqu’à ce que les rougeurs soient entièrement effacées. C’est, je le répète, le moment du danger, celui des plus grandes précautions.

Ne tenez pas la chambre trop chaude ; la grande chaleur porte à la tête.

Ne donnez, dans cette période décroissante, que du bouillon ; une petite tasse à la fois et pas plus souvent que toutes les deux heures. Le bouillon de poule serait meilleur que le bouillon de bœuf.

Quand les rougeurs sont disparues, vous pouvez donner des potages, des croûtes de pain ; augmentez de jour en jour jusqu’à ce que vous arriviez à la côtelette et au gigot. On peut donner de la viande trois jours après la cessation de la fièvre. Vous pouvez alors changer de linge.

Il est important, pendant toute la durée de la maladie et de la convalescence, de ne laisser dans la chambre qu’un demi-jour qui ne blesse pas les yeux. La rougeole atteint particulièrement les yeux ; c’est pourquoi il faut, pendant huit jours au moins, beaucoup les ménager.

On ne doit sortir que lorsque les forces sont tout à fait revenues et par un beau temps, trois semaines ou un mois, selon la saison, après l’invasion de la maladie.

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