Chapitre 16 Scarlatine
La scarlatine est de la même famille que la rougeole, mais c’est une maladie plus grave et qui demande les soins les plus minutieux pendant et après.
Le symptôme principal de la scarlatine est un mal de gorge très-violent ; il n’y a pas de rhume de cerveau bien prononcé, ni de rougeur et de larmoiement aux yeux.
Les taches n’ont pas de point rouge au milieu ; elles s’étendent et finissent par se joindre.
Il faut, plus encore que pour la rougeole, attirer aux pieds et dégager la tête. La disposition constante dans cette maladie est la congestion cérébrale. Il faut donc, dès les premiers soupçons de la scarlatine et avant que les rougeurs paraissent, donner des bains de pieds d’eau de savon et mettre des cataplasmes camphrés, comme c’est indiqué pour la rougeole.
La scarlatine est plus perfide que la rougeole ; elle peut rentrer à toutes les phases de la maladie, et la tête est constamment disposée à s’engager. Pour éviter les accidents qui, dans cette maladie, sont presque immédiatement mortels, il faut veiller à ce que le malade ne se découvre pas, qu’il ne soit pas dans une chambre trop chauffée, qu’il ne soit pas démesurément couvert, que la tête soit autant que possible découverte ; si l’enfant a la bonne habitude de dormir nu-tête, laissez la tête nue pendant toute la durée de la maladie ; c’est un préjugé fâcheux que celui de presque toutes les mères, nourrices et bonnes, de croire que les enfants doivent avoir la tête très-couverte. Quand l’enfant a des cheveux, il vaut infiniment mieux pour lui qu’à un an ou dix-huit mois, selon la saison où il est né, il prenne l’habitude de rester nu-tête, la nuit comme le jour. Ne lui mettez un bonnet que s’il est enrhumé du cerveau. Il faut surveiller l’état de la gorge, qui est toujours menaçant pendant la durée des taches rouges ; si vous apercevez des taches blanches à la gorge, suivez le traitement indiqué au chapitre Angine couenneuse1.
Les soins à donner à la convalescence de la scarlatine sont plus longs ; il faut surveiller davantage le régime, il faut rester plus longtemps sans sortir, surtout l’hiver ; le moindre refroidissement amène une enflure générale, une hydropisie accidentelle, qui est quelquefois difficile à combattre, et d’autres accidents fort graves.
En hiver, ne sortez l’enfant que six semaines après la fin de la scarlatine.
Quant aux boissons, donnez-les tièdes, même chaudes si l’enfant le préfère ; vous donnerez les tisanes que vous voudrez, depuis l’eau pure jusqu’à la violette, le tilleul, la bourrache, la mauve, etc.
Si l’enfant ne tousse pas, vous pouvez sucrer avec du sirop de cerises, d’oranges, de framboises, de mûres.
Si l’enfant tousse, sucrez avec du sirop de gomme, de capillaire, de fleur d’oranger, ou, à défaut de ces sirops, avec du sucre.
Il faut tenir le ventre libre au moyen de lavements de lait, d’eau de son ou de tilleul, mais en prenant bien garde aux refroidissements.
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