Scène VII.
M. DE LEURMONT, Mademoiselle AGATHE, M. DE St. IVAL, LAURENT.
M. DE LEURMONT.
Je te dis que c’est ma fille, qui a touché l’Abbé & qui l’a fait tomber.
M AGATHE.
Moi, mon pere.
M. DE LEURMONT.
Sûrement.
LAURENT.
Eh ! Monsieur, que voulez-vous qu’elle fasse d’un homme de plâtre ?… Mais, il n’est pas tombé.
M. DE LEURMONT.
Comment, il n’est pas tombé ?
LAURENT.
Parbleu non ; regardez-le.
M. DE LEURMONT.
Cela est vrai.
LAURENT.
Si je vous croyois, je perdrois ici tout mon tems.
M. DE LEURMONT.
Mais c’est qu’il m’avoit semblé… Tu y étois toi, ma fille, & tu l’as va comme moi.
LAURENT.
Je parierois bien que non, que Mademoiselle ne l’a pas vu comme vous. N’est-ce pas, Mademoiselle ?
M AGATHE.
Mais, Laurent…
LAURENT.
Vous ne voulez pas démentir Monsieur votre pere ; il a beau aimer son Abbé, je suis sûr que vous ne l’aimez pas comme lui. Mais je perds ici mon tems, & mon ouvrage ne se fait pas. Je m’en vas : vous aurez beau m’appeler, je ne reviendrai plus.
M. DE LEURMONT.
Moi, je vais aller attendre le Treillageur. Ah çà tu restes ici, toi ma fille ?
M AGATHE.
Mon pere, je vais aller avec vous.
M. DE LEURMONT.
Non, mon enfant, je t’en prie, reste-là : je veux que tu gardes mon Abbé, & tu me diras si quelqu’un vient le déranger de sa place ; car je ne crois pas m’être trompé deux fois, cela n’est pas possible.
M AGATHE.
Mais, mon pere, c’est que je voudrois aller…
M. DE LEURMONT.
Allons, allons, je t’en prie, par complaisance pour moi, fais-moi le plaisir de rester ici.
M AGATHE.
Puisque vous le voulez…
M. DE LEURMONT.
Je te dis que je t’en prie. Adieu. (Il la baise au front.)