‹ L’Affaire ÉdouardChapitre 20 sur 39 · Scène V

Scène V

Les Mêmes, SAMUEL, PINÇON

Samuel, entrant, du fond. — On demande le docteur Lambert !

Charançon, furieux. — Mais il n’est pas là ! Tu sais bien que ce n’est pas moi le docteur Lambert.

Pinçon, allant à Charançon. — Je suis M. Pinçon !

Charançon. — Eh bien ! tant mieux pour vous.

Samuel. — Pinçon ? Qu’est-ce que c’est que cet oiseau-là ?

Pinçon, redescendant, à Charançon qui est lui-même redescendu. — Docteur ! je suis très inquiet !

Charançon. — Oh !

Pinçon. — À midi, je me mets à table, je meurs de faim… je n’ai pas plutôt fini de déjeuner que je perds l’appétit !

Charançon, le repoussant vers le fond. — Oui. Eh bien ! Il ne faut pas déjeuner, mon ami. Allez ! allez !

Il redescend.

Pinçon, redescendant vers Charançon. — À sept heures…

Charançon. — Oh ! mais il est assommant !

Pinçon. — Je ne sais pas si c’est un effet de la digestion, je meurs de faim. Je fonctionne régulièrement.

Charançon. — Mais dites donc ! vous n’avez pas fini ! il y a une dame !

Pinçon, s’inclinant. — Oh ! pardon ! (Reprenant.) Alors je me dis : mais qu’est-ce que j’ai donc ? Qu’est-ce que j’ai donc ? Ce n’est pas naturel ! Je me porte trop bien ! Je dois être malade !

Charançon, le repoussant dans la direction de la porte. — Oui, eh bien ! il faut vous soigner ! Allez ! allez !

Pinçon, redescendant. — Mon pouls… mon pouls…

Charançon. — Oh ! (À Samuel.) dis donc, Samuel ! va donc voir le pouls de monsieur dans l’antichambre !

Pinçon. — Ah ! monsieur est docteur !

Charançon. — Oui, c’est le médecin en chef… allez.

Samuel. — Oui ! venez, monsieur Rossignol !

Pinçon. — Pinçon, je vous prie !

Samuel. — Oh ! à un oiseau près ! allons, venez ! et emmenez votre pouls.

Pinçon, sortant avec lui. — À midi, je me mets à table !…

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