Scène VI
CHARANÇON, MIRANDA, puis GRATIN
Charançon, vexé. — Je le retiens Lambert avec son appartement tranquille… Ah ! c’est bien amusant ! oui ! c’est bien amusant. (Changeant de ton.) Enfin, nous allons recommencer. (Ils vont se rasseoir comme précédemment.) Ah ! ah ! mon gros poulot !… Où en étions-nous donc ?
Miranda. — À la bosse.
Charançon, cherchant. — À la bosse ? Comment à la bosse. (Comprenant.) Ah ! à la Beauce !
Miranda. — À la Beauce, si tu veux !
Charançon, riant. — Il n’y a pas de « si tu veux ! » Ah ! ah ! la bosse ! elle est amusante avec sa bosse. Tu ne sais pas où c’est la Beauce ?
Miranda. — C’est à Paris !
Charançon, riant. — Ah ! ah ! à Paris, la Beauce… Ah ! elle est ignorante comme une petite carpe… c’est exquis !… mon gros poulot, va !
Il l’embrasse sur le cou.
Samuel (n 1) entrant et apercevant Charançon qui embrasse Miranda. — Oh ! (Il se retourne et s’appuie la tête contre le mur.) J’ai rien vu ! Allez donc ! allez donc !
Charançon, se levant et passant au 2. — Ah ! l’animal ! Quoi ! qu’est-ce que tu veux ?
Samuel. — C’est rien ! c’est pour vous dire que j’ai fait envoler l’oiseau.
Charançon. — Eh bien ! ce n’est pas une raison pour entrer comme sur une place publique !
Gratin, paraissant à la porte de la cuisine ; il a un tablier de cuisine. — Dis donc ! viens donc voir ma sauce.
Charançon, furieux. — Flûte ! tu m’embêtes avec ta sauce !
Gratin. — Je ne te dis pas ! Mais j’ai mis de la farine dedans. Ça n’a plus l’air d’une mayonnaise… Ça fait de la pâte…
Miranda. — Mais on ne met pas de la farine dans la mayonnaise ! je suis curieuse de voir la cuisine que vous faites là-bas ! Allons, viens, Charançon !
Charançon. — Ah ! que c’est embêtant ! On est toujours dérangé !
Samuel. — Je ne veille plus sur monsieur.
Charançon. — Eh ! non… Si c’est ça qu’elle appelle un rendez-vous d’amour…