‹ L’Amant anonymeChapitre 15 sur 27 · ACTE III. · Scène première

ACTE III. · Scène première

JEANNETTE, COLIN.

Jeannette.

Ah, que j’allons étonner tout le monde !

Colin.

Sais-tu ben ta chanson ?

Jeannette.

Pardi, c’est pour not’Dame qui nous marie : je l’ai sue par cœur tout de suite.

Colin.

Qu’elle est gentille not’Dame ! c’est dommage qu’alle soit si pensive.

Jeannette.

Ah, mais, vois-tu, Colin, c’est depuis que Monsieur est défunt : cela n’est-il pas naturel ?

Colin.

Àsa place, Jeannette, tu serois donc pensive aussi ?

Jeannette.

Finis donc. V’là-t-il pas une belle idée le jour d’une noce !

Colin.

Eh ben ! je crois que tu pleures, Dieu me pardonne.

Jeannette.

Pourquoi m’as-tu dit ça aussi ?

Colin.

Ah, ma pauvre petite !

Jeannette.

Allons, paix, tais-toi… V’là toutes les jeunes filles & les garçons du Village. (Les Villageois arrivent, vêtus de blanc ; ils se rangent en cercle autour de Jeannette & Colin.)

Jeannette, leur adressant la parole.

Madame va venir ; songez bien à vos chansons & aux danses que nous avons répétées.

Colin.

Il est sept heures demie, alle ne doit pas tarder à présent.

Jeannette.

J’entends du bruit, sûrement c’est elle. (Aux Villageois.) Rangez-vous dans le fond du bocage. (Les Villageois s’éloignent.) Ah ! la voilà.

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