‹ L’Apologie de la paresseChapitre 7 sur 9 · VII

VII

Le soleil du matin couve le frai…
… L’aube sur ton ventre proéminent.
Femme
tu es un ostensoir vivant.
… Le merle dirige le concert classique ?
La forêt est une symphonie composite.
… Enchanteresse ?
Étends-toi et paresse…
Les vibrations pétrissent la pâte
d’ondulations phosphorescentes.
Les sonorités lumineuses
donnent le brillant du bronze antique.
… Les mâles préparent les patines
à l’œuvre que les femelles modèlent.
… Mystiques ?
Femme, tu portes la solution
des grands mystères.
Étends-toi et paresse —

Tu as accompli ton œuvre —
l’unique digne de ton existence.
… Tout ce qui vit cagnarde
L’homme seul reste forçat.
Entends-tu la joie diaphane
des grands libertaires.
— Comprends pourquoi le jouisseur orgiaque
est si près de la vérité.
… La vérité est organique
Elle ne descend pas du ciel
Car monte de la terre.
— Ô fœtus, suspendu entre ciel et terre !
… Traditions ?
Miasmes d’habitudes maniaques
des architectes de façades.
Les cabotins jouent à la cacade
aussitôt que la cagnotte maigrit.
… Tu vois le sacerdoce de catrin ?
Elle monte sa montagne

— le fumier de la ferme —
Et les poules la suivent — confiantes, recueillies.
Voilà qu’elle se retourne
— prêche son sermon sans paroles —
Regarde l’esthétique oratoire de sa main
qui puise en son tablier
et au geste large — du semeur —
distribue des choses sacrées au ventre…
… Oui.
La vérité est domiciliée au ventre,
au ventre !
… Race inférieure ?
Femme, en ton ventre fermente
la race mitoyenne !
… La fraise prospère davantage dans le terreau.
Tu es une terre riche en détritus
— excrémentiel et animique —
quand la cosse sautera
le fruit sera magnifique.
… Contagion anarchique ?

Mes paroles sont mûries sous la rosée
L’haleine de la terre est autrement pure
que les désirs de mes viscères,
les souhaits de tes entrailles.
… Quoi ?
Nausées !…
L’arbre ne sent pas de la bouche.
… Reviens aux relevailles
— Nous célébrerons le baptême de la rosée…

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