‹ L’Ardent voyageChapitre 7 sur 12 · Les deux roses

Les deux roses

Je croyais qu’à toujours étaient closes les portes
Sur les dernières fleurs de mon rêve orgueilleux.
Sans prévoir que vers moi se lèveraient tes yeux,
Je pensais n’aimer plus désormais que les mortes.
Je savais que l’oiseau des brumes a chanté
Et que nous approchons de la fin de l’automne ;
Mais, dans le beau parterre ou le rosier s’étonne,
Ta charmante venue a ramené l’été.

Quand aux pages d’antan j’ai rouvert le vieux livre,
Tes doigts se sont posés doucement sur mes doigts.
Alors nous avons lu tous deux à demi-voix :
Et je me sens heureux de t’aimer et de vivre.
Derrière les cyprès, le soleil s’est éteint ;
Mais les ombres du soir ne sont jamais complètes :
Je vois briller ensemble aux clartés des planètes
La rose de ta bouche et celle du jardin.

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