‹ L’Ardent voyageChapitre 6 sur 12 · Avignon

Avignon

Il suffira qu’ici je t’évoque,
Nuit d’Avignon que Vénus parfume,
Pour qu’aussitôt en moi se rallume
L’astre dansant de la belle époque.
Dès que du haut des Doms catholiques,
Les yeux baissés devers Villeneuve,
Je reverrai miroiter le fleuve,
Mon cœur battra de désirs physiques.

Avec l’aveu de la tour des Anges
Et sous les pieds de l’immense Vierge,
Je descendrai sur l’auguste berge
Où n’ancrent pas les bateaux étranges.
Parmi ton calme en qui se nuancent
La majesté des hymnes papales
Et la douceur des voix provençales,
Palpiteront les anciens silences.
Dôme d’azur stellé d’émeraudes,
Ton firmament est resté le même.
Ce qui de toi me plaisait, je l’aime,
Nuit d’Avignon aux courtines chaudes.
Ce qui de toi me charmait m’enivre.
Comme autrefois ton haleine invente
La clarté grave et l’ombre émouvante
Par qui mon rêve a voulu revivre.

Et devinant que je la rappelle
Du clos de myrte ou l’amour flamboie
S’élancera vers ma jeune joie
Laïs antique et toujours nouvelle.

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