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Chapitre 3.1.9

Raiſonnement ſur les deux penſées de
Galilée.

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VOilà donc en peu de diſcours les deux opinions rapprotées par Galilée pour expliquer la nature du mouvement des corps qui tombent, leſquelles ſont fondées ſur des raiſons aſſés également probables, & marchent ſur des proportions ſi prochaines, qu’il eſt preſqu’impoſſible à l’eſprit humain de les diſcerner par l’expérience, ou de les convaincre de faux dans les hauteurs qui ſont à nôtre connoiſſance.

Ce qui ſe confirme par la proximité des nombres dont on meſure les eſpaces qui ſe parcourent en l’une & en l’autre de ces hypothéſes dans les mêmes tems. Car ſi l’on ſuppoſe qu’il ſe faſſe un eſpace au premier moment ; il s’en fera 3 moins 112 au ſecond dans la premiére ſuppoſition, & ſeulement 3 dans la derniére ; au troiſiéme moment il ſe parcourra 5 moins 16 dans la premiére, & 5 dans l’autre ; au quatriéme l’eſpace ſera 7 moins 14 dans l’une, & 7 dans l’autre ; au cinquiéme moment il ſera 9 moins 13 dans l’une, & 9 dans l’autre ; & ainſi conſécutivement à l’infini. Où l’on voit que les différences ſont ſi petites & ſi peu reconnoiſſables dans les plus grandes hauteurs où nous pouvons faire les expériences, qu’il eſt moralement impoſſible de juger avec certitude de la vérité ou de la fauſſeté de l’une ou de l’autre de ces deux opinions.

Il eſt vrai néanmoins que Galilée, après avoir parlé de la premiére dans ſes Dialogues du Sysſteme du monde, d’une maniére à faire croire que ce ſur ſon véritable ſentiment, s’explique affirmativement ſur al derniére dans le livre du Mouvement qu’il a compoſé tout exprès pour ce ſujet ; où il aſſûre ſans balancer que cette hypothéſe eſt celle qu’il tient pour véritable & par la force de la raiſon & par la conformité de pluſieurs expériences.

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