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Chapitre 3.1.8

Suites admirables des proprietés du
mouvement

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AU reſte quoi que le mouvement égal & uniforme, & celui qui eſt uniformement accéléré ſoient d’une nature ſi différente : l’on voit néanmoins naître d’eux les mêmes cercles & les mêmes ſphéres. Car ſi l’on

ſuppoſe une infinité de lignes droites ſe coupant toutes en un même point s’étendre de toutes parts, ſur leſquelles des mobiles partant du même point en même moment ſoient entendus ſe mouvoir tous d’un mouvement égal & uniforme ; ces mobiles ſe trouveront toûjours dans la circonférence de mêmes cercles qui peuvent être décrits & plus grans & plus grans à l’infini, autour de ce même point comme d’un centre ; & dont ces mêmes lignes droites ſeront les demi-diametres.

Mais ſi vous entendez que des mobiles, tombant en même moment du même point, ſointe portés vers le centre avec un mouvement uniformement accéléré au long des mêmes lignes ; ces mobiles ſe trouveront toûjours dans la circonférence des mêmes cercles & plus grans & plus grans à l’infini, qui ſe toucheront tous à ce même point immobile avec le plan horizontal, que l’on y fera paſſer ; & ces droites ſeront les cordes des arcs de ces cercles.

Au reſte comme il eſt difficile de comprendre qu’un mobile puiſſe d’abord acquérir un dégré de vîteſſe déterminé, ſans avoir paſſé par tous les dégrez précédens de moindre vélocité ; on peut ici juger pour quelle raiſon les Anciens ont êté perſuadez que les ſentimens de Platon avoient quelque choſe de divin. Car ce Philoſophe dit ſur ce ſujet que Dieu ayant, peut-être, créé les Aſtres dans un même lieu de repos, les avoit laiſſé dans la liberté de ſe mouvoir en ligne droite & vers un même point, à la maniére des choſes péſantes qui ſont portées vers le centre de la terre, juſqu’à ce qu’ayant dans leur chûte paſſé par tous les dégrez de vîteſſe, ils euſſent acquis celui qui leur êtoit deſtiné, après quoi il avoit converti ce mouvement circulaire pour le rendre égal & uniforme, afin qu’ils pûſſent le conſerver éternellement.

Ce qu’il y a de plus admirable dans cette penſée, c’eſt que les proportions qui ſe trouvent entre les diſtances des Aſtres & les différences de la vîteſſe de leurs mouvements, ſe trouvent aſſez conformes aux ſuites de ce raiſonnement ; & qu’il ne ſeroit, peut-être, pas abſolument impoſſible de déterminer la ſituation de ce premier lieu de repos, d’où ils auroient tous commencé de ſe mouvoir.

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