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Le Soleil, samedi, 9 décembre 1922

Parmi les œuvres nouvelles, et d’une très belle tenue dont s’est enrichie récemment la littérature nationale, on me permettra bien de signaler, pour aujourd’hui, à cette place, le livre intitulé : L’Art d’être une bonne mère que vient de publier Madame Pauline Fréchette, fille de feu le poète national qui a tant ajouté à notre patrimoine littéraire. Madame Fréchette a commis là, indiscutablement et à la fois, une belle œuvre et une bonne action.

Son petit recueil, joliment imprimé et illustré, passe en revue toutes les phases de la vie physique et surnaturelle de l’enfant et l’on y trouve de judicieux conseils pour tous les cas plus ou moins embarrassants et graves qui se peuvent produire au sein du foyer familial. Ce recueil n’a pas la prétention d’être le seul du genre, surtout en d’autres pays ; mais il est bien de chez-nous, s’adapte exactement à notre mentalité et à certains de nos besoins les plus urgents dans ce domaine. L’auteur y a apporté, pendant les deux ou trois années qu’elle a consacrées, en partie, croyons-nous, à l’étude, à la compilation, à la préparation diverse de cette œuvre consciencieuse et vraiment maternelle des qualités de culture, d’observation et d’érudition qui n’étonneront pas ceux qui la connaissent. Elles seront au bénéfice de tous ses lecteurs qui ne sauraient manquer d’être fort nombreux et vivement reconnaissants pour tant de soins pris à leur intention et à celle des petits de toutes les catégories sociales.

Nos respectueuses félicitations à l’auteur pour la générosité de l’intention et le beau succès de la réalisation.

Ernest Bilodeau

Montréal, 7 janvier 1923

Chère Madame,

J’ai reçu avec joie et reconnaissance votre charmant et si excellent volume : « L’Art d’être une bonne mère ». Je vous en remercie et vous en félicite de tout mon cœur. Je voudrais le voir aux mains de toutes les jeunes mamans ; je le recommanderai chaudement à l’occasion, c’est du bon apostolat que vous faites. Respectueusement et bien cordialement à vous,

L.Bouhier, ptre

Montréal, 6 décembre 1922

Madame,

Je viens de recevoir « L’Art d’être une bonne mère ». Je vous remercie de l’envoi et des hommages de l’auteur ; les deux m’ont fait plaisir. Je serais tenté de faire l’éloge de votre ouvrage s’il ne l’avait pas été fait déjà par des personnes plus autorisées que moi. La bonne lettre de Mgr Georges Gauthier et celle non moins élogieuse du Docteur Longtin, suffisent à l’établissement de vos mérites. Ce qui nous reste à faire c’est de travailler à l’accomplisse­ment du souhait que Mgr fait à votre livre : « sa plus large diffusion ! » et c’est ce que nous vous promettons de faire. Votre tout dévoué en N. S. et Marie Imma­culée,

Wilfried Carbonneau, ptre, vie.

Aumônier de la Goutte de lait St-Jean-Baptiste

Montréal, 14 décembre 1922

Madame, Vous avez écrit un bon, un excellent petit livre. Sa doctrine en est sûre. Et les conseils pratiques qu’il contient s’ils sont suivis, ne peuvent produire que les meilleurs résultats. Aussi, je souhaite sa diffusion aussi longue que possible. Il devrait être dans la corbeille de mariage de toute jeune fille. Chaque femme mariée devrait l’avoir et s’imposer le devoir, non seulement de le lire, mais encore de le relire. À l’occasion, je tiens à vous le dire, je m’en ferai le propagateur.

Veuillez agréer, Madame, avec mes plus sin­cères remerciements, l’hommage de mes senti­ments respectueux et dévoués.

Pierre Richard, ptre

Montréal, 4 décembre 1922

……Il m’a suffi d’un coup d’œil jeté sur ces pages pour apprécier la valeur d’un travail qui sera grandement utile à ceux qu’intéresse le « bien-être de l’enfance ». Permettez-moi de vous offrir mes sincères félicitations.

Je fais des vœux pour le succès de vos tra­vaux.

Sœur Amarine, Supérieure Générale des Sœurs de la Providence

Montréal, 27 décembre 1922

…… C’est avec une attention toute particulière que je lirai votre livre pour le faire connaître ensuite aux membres de la Fédération Nationale Saint-Jean-Baptiste que je dirige.

Marie Gérin-Lajoie

Voici ce que la Sœur Supérieure de l’École Ménagère de Ste-Martine nous écrit :

…… Votre travail, croyez-le bien, nous rendra de précieux services dans la préparation des cours de puériculture que nous avons à donner à nos élèves finissantes.

Le docteur Brisset des Nos, souhaite que « L’Art d’être une bonne mère » devienne « Le compagnon de toutes les Mamans ».

Montréal, 3 janvier 1923

Madame,

J’ai parcouru assez « L’Art d’être une bonne mère » pour me convaincre que votre livre contient d’excellentes notions et des conseils précieux que toutes les mères vraiment dignes de ce beau nom, devraient posséder ou suivre.

Le Maire de Montréal M. Martin

Madame,

La réception de votre livre m’a causé un vif plaisir parce que ce livre est une bonne action… une bonne action parfaitement réussie.

La rédaction alerte et ferme, la science so­lide et l’esprit franchement chrétien marchent de front et se prêtent un mutuel secours pour produire la meilleure des impressions. Je vous prie d’agréer mes félicitations sin­cères et veuillez croire à mes sentiments dévoués et reconnaissants.

Votre humble serviteur en J. C .,

J. Lalande, S.J.

Collège Ste-Marie, 17 janvier 1923 Montréal

La Ligue Anti-Tuberculeuse et de Puériculture du Comté de Témiscouata.

Madame,

J’accuse réception avec remerciement, de votre beau volume que j’avais lu d’un bout à l’autre, quand je reçus le vôtre. Vous avez fait œuvre utile et ne méritez que de chaleureuses félicitations.

Si la province avait plus de mères comme vous, combien d’enfants nous sauverions chaque année.

Je ne doute pas que vous serez récompensée dans votre œuvre double : instruire et secourir.

Je me permettrai, dans le prochain numéro de deux revues médicales de parler de votre œuvre.

Merci de votre volume et croyez à l’assu­rance de ma plus vive reconnaissance.

L.-F.Dubé

Villa du Verger, N.-D du-Lac, Q.

1 décembre 1922

Encore du Dr L.-F. Dubé :

Madame,

J’espère que vous ne m’en voudrez pas trop. J’ai fortement recommandé votre travail à Québec. Plus que cela, j’en ai demandé au Président du S. P. d’Hygiène 500 exemplaires pour cadeaux de Noël aux mères de ma région.

Et voici un article, du même auteur, paru dans « L’Indépendance Médicale » du 15 décembre 1922, dans le « Progrès du Golfe » du 2 février 1923, organe de Rimouski ; dans le Madawaska, Edmunston, N. B., 26 janvier 1923. Dans le « St-Laurent », Rivière-du-Loup, 14 janvier 1923, ainsi que dans le « Bulletin Médical » de Québec.

« L’Art d’être une bonne mère » par Pauline Fréchette, un volume de 176 pages, avec deux photos. Vendu au profit des pauvres. Prix : 75 cents. Deux mots ont inspiré l’auteur : Maternité et natalité. Certes, si nous regardons de près ce qui se passe chez nous au point de vue de la natalité infantile, c’est avec une légitime terreur qu’il faut envisager l’avenir.

Comment saurait-il en être autrement, quand nous laissons mourir avec une telle indifférence les enfants que nous avons ? Est-ce à dire que nous ne pouvons rien et qu’il nous faut assis ter impuissants à cette lamentable hécatombe ? Non, plus que jamais, puisque l’éducation est en cause, il faut éduquer les femmes et les jeunes filles, leur apprendre que la maternité n’est pas, comme elles le croient, un devoir douloureux dont elles peuvent s’affranchir d’un cœur léger, mais qu’elle est la plus noble fonction de la femme, celle qui fait d’elle une divinité.

Créer de la vie, mettre au monde un petit être qui est la chair de votre chair, dont l’âme est faite de votre âme, que vous élèverez suivant l’idéal que vous portez en vous, dont vous formerez l’esprit et le corps et qui toujours demeure votre chose, quoi de plus magnifique, de plus beau, de plus grand ?

C’est ce qu’a si bien compris et senti l’auteur de « L’Art d’être une bonne mère ».

Dans un premier chapitre d’un sentiment élevé, l’auteur nous montre ce que doit être la mère, et le rôle important qu’elle doit jouer auprès de son enfant pour l’avenir de la race.

Puis c’est la gestation, l’accouchement et surtout les magnifiques chapitres sur l’allaitement qui sont à lire et à relire.

Style clair et précis, notions médicales, justes et à point et rien d’étonnant à cela, quand on sait que l’auteur est fille de Louis Fréchette, notre poète national.

Nous ne saurions trop recommander la diffusion de ce petit volume qui fera beaucoup de bien aux mères qui le liront.

L’auteur ne mérite que des félicitations pour les deux objets qu’elle a en vue : l’éducation des mères et l’aide aux pauvres.

Il serait temps que notre nouveau Service Provincial d’Hygiène qui a tant à cœur de réduire la mortalité infantile dans notre province, prenne les moyens de répandre à pro fusion ce précieux petit volume qui fera un bien incalculable parmi notre population.

Villa du Verger, 1 décembre 1922 Voici ce qu’on lit dans « L’Avenir Médical » de Lyon, France :

« Pauline Fréchette. « L’Art d’être une bonne mère ». Notions d’hygiène, de physiologie et de psychologie pour les jeunes mères. Librairie Beauchemin, 79, rue Saint-Jacques, Montréal, Canada. Un volume de 74 pages. Nombr. fig. dans le texte. Vendu au profit des pauvres.

Parmi tant de manuels de puériculture, publiés depuis quelques années, par des vulgarisateurs ou des vulgarisatrices étrangers à la médecine, celui-ci mérite une place à part.

L’érudition et la forme qui sont heureuses se complètent d’un élément si important en cette matière ! Ce livre est en effet, le fruit d’une expérience personnelle. Il a été écrit par une maman — une canadienne, de souche française certainement — comme un hymne d’amour et de reconnaissance auprès du berceau de son propre enfant. Ce n’est pas seulement le cerveau, interprète intelligent des règles de l’hygiène, c’est le cœur lui-même qui a guidé la plume. Y a-t-il une façon plus persuasive de convaincre et d’instruire ?

Je souhaite à ce charmant petit livre — d’ailleurs vendu au profit des pauvres — le succès d’estime qu’il mérite. »

Avril 1923

Ste-Martine, le 9 février 1923

Madame,

J’ai été vivement intéressé par la lecture de « L’Art d’être une bonne mère » que vous avez bien voulu me faire parvenir.

En vérité, vous avez fait là une œuvre ma­gnifique. Non seulement les bonnes mères et les petits, mais la famille et la société bénéfi­cieront de vos sages conseils et de votre saine doctrine.

Je me ferai un plaisir de recommander votre livre surtout aux jeunes épouses plus aptes à suivre vos excellentes suggestions.

J’inclus deux dollars pour la bonne œuvre que vous favorisez.

Veuillez croire, Madame, à tout le respect de votre bien dévoué en N. S.

Mgr J.-C. Allard, curé

Voici ce que le Président de l’Association des Auteurs, Monsieur Victor Morin, écrit :

Chère Madame,

J’ai voulu me donner le plaisir de lire votre excellent petit volume : « L’Art d’être une bonne mère » avant de vous remercier de son envoi afin de pouvoir en même temps vous en com­plimenter. La forme et le fond en sont également ex­cellents ; comme président de notre Société Nationale des Canadiens-Français, je voudrais le voir dans tous nos foyers.

L’ignorance des mères et des jeunes filles, la mortalité infantile qui en est la conséquence, quand ce n’est pas le suicide voulu de la race, sont au nombre des plus grands dangers qui menacent notre nationalité, et votre livre fera sa bonne part pour en préserver nos familles.

Veuillez donc agréer, chère Madame, mes sincères félicitations de cette œuvre vraiment nationale et mes remerciements de m’en avoir adressé un exemplaire autographié.

Victor Morin

Le docteur J.-A. Baudouin, du Service Provincial d’Hygiène de Montréal, écrit le 12 décembre 1922 :

Madame,

J’ai lu avec beaucoup d’intérêt votre livre « L’Art d’être une bonne mère » que vous avez eu l’amabilité de m’adresser. Si les questions que vous y traitez étaient possédées à fond par toutes nos jeunes mères, quels secours les médecins ne trouveraient-ils pas lorsqu’ils sont appelés auprès des tout-petits ! Des soins assurément pas plus empressés, mais, mieux adaptés seraient prodigués aux malades et les efforts des hommes de la science seraient bien plus souvent couronnés de succès. Mais ça n’est là qu’un aspect de la question. Le champ que vous avez couvert est plus vaste. Vous vous êtes préoccupée aussi de la prophylaxie des maux qui atteignent un trop grand nombre de nos nourrissons. C’est pourquoi tous ceux qui se vouent à la même œuvre, qui ont l’ambition d’écarter des berceaux toutes les causes possibles de maladie et de mort doivent vous en être particulièrement reconnaissants.

Combien vous avez raison d’insister sur la préparation de la femme à son beau rôle de mère, sur l’absolue nécessité de l’alimentation maternelle dont l’abandon est responsable de 40 pour cent de notre mortalité infantile, alors qu’ailleurs, notamment en France, elle n’en cause que 21 pour cent, sur le devoir de charité de la déclaration des maladies contagieuses et de l’isolement des malades qui en souffrent.

Combien sont opportuns les notions que vous donnez sur la croissance physique, mentale et morale des enfants.

Aussi, persuadé du bien considérable qu’il est appelé à faire, je formule le souhait que votre livre ait une large diffusion dans toutes nos familles.

Veuillez agréer, Madame, l’expression de mon entier dévouement.

J.-A. Baudouin, M.D.

Opinion de l’honorable sénateur L.-O. David :

J’ai lu avec beaucoup d’intérêt : « L’Art d’être une bonne mère » et j’ai constaté qu’il enseigne tout ce qu’il faut pour être une bonne mère qui sache élever une famille.

Le fond en est excellent, le style clair, élégant, un style à la Fréchette.

Je suis convaincu que ce livre fera du bien et qu’il conservera la vie d’un bon nombre d’enfants en apprenant à leurs mères les moyens de les faire vivre.

C’est par conséquent une bonne œuvre, une œuvre nationale et sociale.

M. Pierre Gradadam, éditeur et auteur de : « Ce que tout Français devrait savoir de la marine et des colonies et des grands problèmes sociaux » — « La France de Richelieu et de Colbert et la France d’aujourd’hui » — « Petit manuel illustré de la mise en valeur de nos colonies », écrit :

Madame,

Je viens de recevoir votre bel ouvrage « L’Art d’être une bonne mère » et m’empresse de vous en remercier, je l’ai parcouru avec un vif intérêt et je m’empresse de vous transmettre mes bien sincères félicitations pour sa haute tenue morale et les conseils éminemment pratiques que vous y donnez pour l’éducation physique, morale et foncièrement chrétienne que vous y préconisez. C’est avec plaisir que dans une deuxième édition je le ferai connaître à mes lecteurs. En attendant, je le donnerai en lec ture à mes quatre enfants qui dans quelques années pourraient être appelés à fonder une famille.

Veuillez agréer, Madame, avec mes remer ciements réitérés pour votre aimable attention, mes vœux très respectueux de joyeux Noël et de bonheur pour 1924.

Pierre Gradadam

Il serait trop long de donner ici toutes les lettres reçues d’écrivains, de médecins éminents, de politiciens distingués exprimant à peu près les mêmes sentiments pour la cause si noble de la préservation de Venfant, mais permettez-nous de terminer en vous faisant part de Vopinion de Monsieur Léon Berthault.

Le Canada, vendredi 4 mai 1923

Le « Républicain », de Saint-Malo, France, publie un intéressant article, signé Léon Berthaut, sur le volume de Mme Pauline Fré­chette : « L’Art d’être une bonne mère » Nous avons à plusieurs reprises parlé de ce magni­fique et très important traité présenté dans un style élégant et simple que toute jeune mère, de fait toute mère devrait avoir chez elle et lire fréquemment afin de se bien pénétrer des con­seils qui y sont donnés. Nous laissons M. Berthaut parler de ce vo­lume :

Exactement, l’ouvrage dont je vais parler a pour titre : « L’Art d’être une bonne mère » Il est vendu au profit des pauvres par son au­teur, une femme qui est aussi une mère mo­dèle, madame Pauline Fréchette, fille de l’illus­tre poète national du Canada français, Louis Fréchette.

Ayant eu l’avantage et le plaisir de faire la connaissance du père, à Montréal, j’ai pris un intérêt tout particulier au livre de cette noble femme qui est l’honneur de notre race sur cette terre lointaine de la « Nouvelle France ». Je l’ai lu, ce livre, comme je fais habituellement des ouvrages de valeur, en prenant des notes, ce qui me permet aujourd’hui de vous le pré­senter en connaissance complète et après étude consciencieuse du sujet.

Et d’abord, une observation menant d’ailleurs et aussitôt à la louange : vous ne trouverez pas dans ce volume canadien six expressions qui ne soient de bon français moderne ; deux ou trois viennent du « vieux langage » par l’anglais, qui tient lui-même du franco-normand. C’est dire avec quelle puissance admirable se perpétue au sein des familles d’origine française, au Canada, l’influence de la race et de la langue. Qu’il me soit permis d’ajouter que ce miracle quotidien est du spécialement aux qualités morales supérieures des Canadiens-Français, qualités d’un mérite si aimable qu’elles nous ont valu, plus que tout, les sympathies de la population anglo-saxonne, en son élite du moins.

Cette moralité supérieure et avenante de la plupart des Canadiens-français, j’en trouve le reflet dès la dédicace de l’auteur à sa fille Hélène : « Puisse cet humble recueil contribuer à diminuer la mortalité infantile et favoriser le développement de la natalité ».

Du même coup, notons que, là-bas comme chez nous, la natalité cependant si vigoureusement affirmée jusqu’ici, semble quelque peu menacée… Je remarque, en effet, la douleur et le regret de cette interrogation : « Pourquoi faut-il donc que la femme de nos jours rejette la maternité ? » Et l’auteur-femme d’ajouter immédiatement et avec raison : « Combien de mères veulent être épouses mais ne veulent pas être mères, veulent faire un contrat mais entendent lui soustraire son objet principal ! »

Or, le mariage sans famille, c’est quelquefois camaraderie égoïste ; d’autres fois l’association de deux âmes stériles, le compagnonnage ou l’amitié stériles ; mais c’est encore bien pire, hélas ! Aussi Mme Fréchette s’empresse-t-elle de rappeler ces paroles protectrices : « Empêcher de naître, c’est tuer d’avance : tout fruit est dans son germe ».

Comme il fallait naturellement s’y attendre, de la part d’une croyante, l’écrivain ne manque pas de faire appel aux sentiments religieux des chrétiens ; mais elle n’oublie pas les autres : elle sait très bien aussi que les croyantes ne sont pas parfaites, que la coquetterie et une fausse conception de la beauté féminine les égarent tout comme leurs sceptiques sœurs en humanité. Évoquant donc le souci des élégances de leur corps, Mme Fréchette leur rappelle que « la femme grecque et féconde est le type de la beauté classique ». À la bonne heure ! Voilà qui est à la fois juste et habile, très artiste et très féminin dans le raisonnement ! Elle ne craint pas d’aller plus loin : « Si les femmes savaient que, pour rester saines et équilibrées, rien ne peut remplacer quelques maternités, qui renouvellent leur jeunesse, on ne verrait pas autant de femmes détraquées : la nature se venge ! » C’est la femme du mé­decin, et avertie elle-même dans l’ordre des connaissances scientifiques, qui proclame ici la vérité si souvent contredite par des criminels intéressés… Et c’est un plaidoyer que nous devons faire connaître parce qu’il est à la fois juste et fort.

Ajoutons, pour ne pas laisser la part aux malins, que l’exception existe évidemment ici comme ailleurs, que la maternité peut, dans certains organismes, constituer un danger, mais alors il s’agit de véritables « cas » et dont le médecin peut seul être le juge, le médecin qui a charge de corps et d’âme, qui est responsable envers la nation comme il l’est au regard de sa conscience.

En passant, Mme Eréchette s’attriste de la situation actuelle de la France sur ce terrain de la natalité, où « la dépopulation volontaire a été plus funeste que l’invasion des armées ennemies ».

Un peu après cette navrante constatation — dont nous ne pouvons nier l’exactitude pro­fonde — l’auteur rend hommage aux maîtres de la médecine et de l’Hygiène. Mme Fréchette souhaite l’appel aux avis de l’ancien médecin de famille, guide plus savant et plus sûr que les tantes stériles et autres conseillères douteuses. Le docteur Héricourt n’a-t-il pas affirmé sur les preuves en majorité de l’expérience, que la femme n’atteint au complet développement de son organisme et à l’épanouissement de sa santé qu’après son troisième enfant ?

Décidément, Madame Fréchette, noble Canadienne-française et femme de médecin, est un admirable et adroit avocat de la maternité, parce qu’elle sait et parle avec sa raison et son cœur en même temps, son cœur de mère, et de bonne mère.

… En vérité, je crois que ce sont les femmes, les femmes de tête et d’âme qui, rachetant les fautes et les crimes des demi-vierges et des vierges folles, des épouses détraquées, égoïstes ou perverses, nous sauveront de l’abîme où une subtile décadence de l’esprit moderne entraînait les peuples d’une civilisation trop raffinée dans le matériel et en régression dans la voie morale.

Mais revenons au très sain et utile petit livre de Mme Fréchette. En voilà une, et de notre race, qui nous console des échevelées poétesses et des subtiles politiciennes dont la prétention est de conduire le monde avant de savoir se conduire elles-mêmes !

En voilà une qui, à côté des droits de la femme, sait affirmer ses devoirs !

Après avoir ainsi plaidé la cause de l’enfant — cause qui est aussi celle de la femme et de la race — l’auteur parle de la gestation, de l’accouchement, des divers modes d’allaitement, du sevrage, de l’hygiène de l’enfance, des conseils dans l’attente du médecin et, enfin, de l’hérédité et de l’éducation familiale. C’est un cours à la fois simple, complet et charmant, à l’usage des femmes de cœur et de bon sens. Oyez plutôt : — « Il faut veiller sur les dispositions morales de la future mère, car la gaieté et la bonne humeur préparent un enfant souriant et pacifique. Préoccupations, fatigues et chagrins peuvent être la cause de tares physiques et mentales. »

Suivent les conseils d’alimentation, de l’indication des objets à préparer pour recevoir le nouveau-né. Tout le régime alimentaire de la nourrice est décrit avec soin.

Même prudence avisée pour l’allaitement artificiel, tout en conseillant toujours le recours au médecin. Mais « comme le médecin est souvent loin ou absent » on doit prévoir et empêcher le mal qui tue. Sur ce point le livre de Madame Fréchette est à la fois science et discrétion.

L’éducation de la vue et de l’ouïe donnent lieu à des remarques judicieuses d’utilisation courante. « L’ouïe est la porte de l’intelligence » (Boulay). Une vérité que beaucoup de gens ignorent ou ont oubliée : « La position dorsale au sommeil n’est bonne à aucun point de vue, surtout pour la respiration ». Mêmes préoccupations sur la question du baiser parfois si dangereux aux petits.

Vers la fin de son ouvrage, Mme Fréchette revient, pour le bien des êtres futurs, sur le double mal des sociétés en décadence passa gère ou finale : l’abus de l’alcool et des plaisirs vénériens. « L’alcool et la syphilis finiront par avoir raison de notre race ». Elle répète le mot de Franklin : « qu’il faut plus d’argent pour nourrir un vice que pour élever trois enfants ». Les médecins, ajoute-t-elle, ont répété le cri d’alarme : « C’est le suicide de la race blanche ».

Ajoutons, nous, que la décadence semble n’être venue que de là, car les races noires africaines sont aussi en proie au « mal innommable », encore plus que les races blanches, et ce ne sont pas celles-ci — contrairement à ce que disent des gens insuffisamment informés — qui leur ont appris l’usage de l’alcool : avant de connaître la fameuse absinthe, aujourd’hui heureusement proscrite, les noirs s’enivraient copieusement de vin de palme, d’alcool de mil, et de maintes autres drogues.

Mais il convient peut-être de féliciter spécialement Mme Fréchette d’avoir eu le courage de noter le besoin d’un enseignement avertisseur pour la jeunesse masculine. Elle cite ces lignes de Jean Finot : « Le jour où l’on fera voir à l’adolescent — derrière les plaisirs qui l’attirent — tout le germe des poisons qui l’accompagnent, il se penchera, réfléchi ou effrayé, du côté du devoir ».

Qu’elle cite ou formule personnellement les pensées maîtresses de son livre, Mme Fréchette mérite également les plus vives approbations. Conséquente avec elle-même, elle félicite Mme Jeanne Leroy-Allais d’avoir écrit cet ouvrage : « Comment j’ai instruit ma fille des choses de la maternité ».

Je vous le dis, amis lecteurs, ce sont les femmes qui sauveront la race.

Lorsqu’elle croit que son rôle est de faire place à une autre influence, Mme Fréchette passe la parole aux plus autorisés. Ainsi laisse-t-elle dire à M. Havelock Ellis : « Le maître (dans l’hygiène sexuelle) doit avoir une sage et large vue de la morale, avec un idéalisme qui s’abstient de demander des impossibilités, parce que l’hygiéniste sage sait avec Pascal que « celui qui veut faire l’ange fait la bête ».

Ah ! combien cette fille de poète, lettrée elle-même, et de vraie race française, nous paraît supérieure, en son talent discret mais si plein de santé morale, à ces femmes — le plus souvent d’origines douteuses — dont une tapageuse réclame fait des divinités à la mode et qui ne laisseront derrière elle que doutes et désillusions, vanités impuissantes et mortels exemples !

Léon Berthaut

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