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Les conseils qui vont suivre se rapportent au bien-être de la mère et de l’enfant.
Il est important que la chambre destinée à l’accouchée, soit la pièce la mieux aérée et la plus exposée au soleil. L’air pur, venu du dehors, et non pas une atmosphère viciée venant des autres parties de la maison est, en effet, de première nécessité, pour permettre à la mère de reprendre promptement ses forces. La fenêtre ouverte, selon les exigences des saisons et toutes les précautions prises pour éviter les changements brusques de température ou un refroidissement anormal, restera toujours le moyen le plus efficace de ventilation salubre.
Il serait bon, si la chose est possible, d’enlever les tapis ou du moins de les recouvrir.
Le lit de l’accouchée devra être éloigné du mur afin de permettre au médecin d’avoir accès par les deux côtés. Entre le drap et le matelas, on étendra une toile imperméable ou bien du papier, en couches superposées d’épaisseur suffisante pour protéger le matelas.
Deux tables, de grandeur moyenne, seront placées de chaque côté du lit, l’une sera tenue libre afin que le médecin puisse y déposer les objets personnels dont il se servira pour l’accouchement ; sur l’autre table, on mettra ce qui suit :
1. Un pot de vaseline boriquée.
2. Un paquet de coton hydrophile ; ne pas l’ouvrir à l’avance afin de lui conserver son caractère antiseptique.
3. Une quantité d’eau, froide et chaude (bouillie).
4. Un liquide antiseptique.
De plus, il faudra avoir à la portée :
1. Un irrigateur, et une bassine.
2. Une cinquantaine de garnis. Le reste sera fourni par le médecin accoucheur.
Avant l’accouchement, il sera bon d’administrer à la parturiente un lavement à l’eau tiède.
Si le nouveau-né arrivait d’une façon prématurée, il faudrait le laisser entre les jambes de la mère, voir à ce que la respiration se fasse librement et lui ménager une température chaude en attendant la venue du médecin ou d’une personne compétente.
Dans le cas d’une naissance à terme et dans des conditions normales, il faut, après avoir attaché le cordon, enduire l’enfant d’huile d’olive ou de vaseline, puis, laisser tomber une goutte de citron dans chaque œil. La toilette doit se faire dans une chambre à la température de 75 ° à 80 ° F., et il faut avoir bien soin que le bébé ne se refroidisse pas, car, on a vu des nouveau-nés, mourir de froid par défaut de précaution.
On doit ensuite le poudrer entièrement avec un talc boriqué mais, non parfumé, après quoi, il faudra panser le cordon soigneusement avec un morceau de toile ou de coton stérilisé et imprégné de vaseline boriquée, pour empêcher l’adhésion ; changer le pansement après chaque bain quotidien. La chute du cordon a lieu le sixième ou septième jour après la naissance, elle peut, quelquefois, se produire plus tôt, mais rarement après le huitième jour.
La bande ne sera portée que le temps que durent les pansements du cordon, pour ne pas comprimer le foie et produire des vomissements.
Un préjugé populaire veut que la bande que l’on met au nouveau-né ait pour but, d’empêcher qu’il ne « crève » en pleurant. Les pleurs ne sont qu’une cause indirecte de hernie, il faut incriminer une faiblesse congénitale des muscles ou une maigreur assez prononcée du petit être.
Enfin, on pèsera le nouveau-né, on le vêtira et on le déposera dans son berceau où il s’endormira pour la première fois. Afin d’y maintenir une température convenable, on y mettra un sac d’eau chaude, à une distance suffisante pourtant, afin d’éviter au petit, le danger de se brûler.
La nouvelle accouchée se rappellera, à ce moment surtout, que sa santé est un bien personnel très précieux et que la vie de son enfant lui est intimement liée. Elle devra donc observer scrupuleusement toutes les lois de la prudence et ne rien négliger pour reconquérir ses forces et sa première activité. Le repos au lit est de première nécessité pour permettre aux chairs distantes de revenir à leur état normal, aucun bandage cependant n’est nécessaire pour cela. Le séjour au lit doit durer neuf jours complets ; anticiper sur cette limite, sous prétexte qu’on est assez forte pour se lever, serait s’exposer à un grave danger. Ce n’est pas là une superstition populaire, mais une donnée de la science en conformité avec les exigences de la nature.
Dans un cas ordinaire, l’accouchée pourra commencer à marcher le quinzième jour et à sortir le vingt-cinquième. Inutile d’ajouter que la modération devra régler les marches et les sorties.
Dans l’intérêt de la malade, il faudra, durant les dix premiers jours, limiter les visites aux plus proches parents.
Cette mesure de prudence s’imposerait aussi, les jours suivants, si l’on constatait la présence de la fièvre.
Puisque nous nous adressons à des mères chrétiennes, il ne sera pas superflu de les conjurer de ne pas permettre que leur enfant meure sans avoir reçu le baptême. L’âme destinée à un bonheur éternel doit causer autant, sinon plus, d’anxiété que la conservation du corps.
S’il arrivait donc, ce qu’à Dieu ne plaise, que l’enfant ne fût pas jugé capable d’arriver à terme, il faudrait à tout prix qu’il fût baptisé au sein de la mère.
La science médicale a, aujourd’hui, résolu ce problème d’une façon très rassurante pour l’enfant et ses parents.
Dans le cas où le nouveau-né aurait vu le jour, mais serait regardé comme non viable, il serait du devoir de ceux qui l’ont engendré de le faire baptiser au plus tôt.
Toute personne peut alors exercer ce ministère, pourvu qu’elle ait l’intention de faire ce que fait l’Église. Celui ou celle qui accomplirait cette fonction, devra verser de l’eau naturelle sur la tête de l’enfant en disant : « Je te baptise au nom du Père, et du Fils et du Saint-Esprit. Ainsi soit-il. » Pour des raisons d’ordre canonique, le père du nouveau-né doit s’abstenir d’être le ministre du sacrement de Baptême.
Le baptême ainsi administré d’urgence et à domicile, ne dispense pas les parents de faire porter l’enfant, ainsi ondoyé, sur les fonts baptismaux, le prêtre suppléera alors aux cérémonies omises, et, au besoin, répétera, sous condition, le baptême dont la validité resterait douteuse.
Il est à conseiller enfin, aux parents chrétiens, de ne pas différer trop longtemps le baptême de leur enfant, fût-il né dans d’excellentes conditions et avec les indices d’une bonne santé, sa vie est tellement frêle, qu’on peut appréhender tout accident qui, en y mettant fin, le priverait du ciel.
Que la jeune femme qui s’effrayerait à la perspective de sa prochaine maternité, se rassure, car le fruit parvenu à sa maturité se détache naturellement de l’arbre ; de même, l’enfant conçu et porté au sein de la mère doit en franchir les limites sans danger ni pour l’un ni pour l’autre.