Scène XIII
GEORGETTE, seule.
Une lettre ?… pour moi ?… Ce garçon se trompe… (Elle l’ouvre.) Ah ! mon Dieu ! Elle est de Tristan !… (Lisant haut.) « Ma bonne petite Georgette… tout a une fin dans ce monde ; il faut nous séparer. Je te laisse mon petit mobilier… — Dans le tiroir de mon bureau, tu trouveras cent francs… c’est la moitié de ce qui me reste… partageons !… Ne sois pas fâchée, et pense à moi… quand tu auras le temps. Ton ami pour toujours… Tristan. » — Et j’ai sacrifié deux de mes plus belles années à cet être-là !… J’ai toujours hésité à le tromper !… Et voilà ma récompense !… Mais c’est abominable ! c’est infâme ! c’est ignoble !… Oh ! les hommes !… je voudrais qu’ils fussent tous… ce qu’ils sont assez généralement, du reste !… Ah ! je veux le revoir une dernière fois… lui dire tout ce que j’ai sur le cœur !