‹ Le Baiser de l’étrierChapitre 5 sur 21 · Scène V

Scène V

GASPARD, GEORGETTE.

GEORGETTE, paraissant sur le seuil. Est-ce ici le cabinet de monsieur Tristan ?

GASPARD. C’est ici même… Si madame veut entrer.

GEORGETTE, après être entrée et avoir regardé autour d’elle. Eh bien ! il n’y est pas ?

GASPARD. Il est descendu un instant, madame… ne vous impatientez pas… il va remonter… (À part.) Voilà une jolie femme et qui m’irait énormément, à moi !

GEORGETTE, se débarrassant de son chapeau, etc. Ah ! il va revenir ? (À part.) Oui, c’est cela… profitons du moment ! (Haut.) Garçon ?

GASPARD. Madame !

GEORGETTE, lui donnant une pièce d’argent. Tenez !

GASPARD, surpris. Cinq francs !

GEORGETTE, lui remettant un billet. Et cette lettre.

GASPARD, stupéfait. Elle aussi ?

GEORGETTE. Elle est pour la personne avec laquelle je vais dîner.

GASPARD. Monsieur Tristan ?

GEORGETTE. Justement ; mais vous ne la lui remettrez que lorsque nous nous serons séparés.

GASPARD, à part. Encore comme l’autre.

GEORGETTE. Vous comprenez ?

GASPARD. Parfaitement ! (À part.) Je n’y comprends rien du tout !… Des gens qui vont dîner ensemble et qui s’écrivent !… c’est probablement une manie… ou bien un vœu… (Haut.) Madame désire-t-elle un verre d’absinthe ?

GEORGETTE, souriant. Non, merci. (On sonne fortement en dehors.)

GASPARD. Voilà ! voilà ! (À part, en sortant, les yeux fixés sur Georgette.) Dieu ! la charmante femme !… Je suis sûr que j’aurai des songes terribles !

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