Scène V
GASPARD, GEORGETTE.
GEORGETTE, paraissant sur le seuil. Est-ce ici le cabinet de monsieur Tristan ?
GASPARD. C’est ici même… Si madame veut entrer.
GEORGETTE, après être entrée et avoir regardé autour d’elle. Eh bien ! il n’y est pas ?
GASPARD. Il est descendu un instant, madame… ne vous impatientez pas… il va remonter… (À part.) Voilà une jolie femme et qui m’irait énormément, à moi !
GEORGETTE, se débarrassant de son chapeau, etc. Ah ! il va revenir ? (À part.) Oui, c’est cela… profitons du moment ! (Haut.) Garçon ?
GASPARD. Madame !
GEORGETTE, lui donnant une pièce d’argent. Tenez !
GASPARD, surpris. Cinq francs !
GEORGETTE, lui remettant un billet. Et cette lettre.
GASPARD, stupéfait. Elle aussi ?
GEORGETTE. Elle est pour la personne avec laquelle je vais dîner.
GASPARD. Monsieur Tristan ?
GEORGETTE. Justement ; mais vous ne la lui remettrez que lorsque nous nous serons séparés.
GASPARD, à part. Encore comme l’autre.
GEORGETTE. Vous comprenez ?
GASPARD. Parfaitement ! (À part.) Je n’y comprends rien du tout !… Des gens qui vont dîner ensemble et qui s’écrivent !… c’est probablement une manie… ou bien un vœu… (Haut.) Madame désire-t-elle un verre d’absinthe ?
GEORGETTE, souriant. Non, merci. (On sonne fortement en dehors.)
GASPARD. Voilà ! voilà ! (À part, en sortant, les yeux fixés sur Georgette.) Dieu ! la charmante femme !… Je suis sûr que j’aurai des songes terribles !