Scène VI
GEORGETTE, seule.
Ce garçon lui remettra ma lettre et tout sera fini !… Allons, ce sera notre dernier tête-à-tête ! Car ce soir, à huit heures, j’ai donné rendez-vous à mon cousin Jacques… et nous partirons ensemble pour le pays… où nous nous marierons… et je deviendrai une femme… comme les autres… on me respectera. J’ai bien peur de m’ennuyer !
Je vais jurer d’être fidèle,
D’être fidèle,
Et de chercher mon seul abri
Près d’un mari !
La chose, hélas ! se pourra-t-elle ?
Jacque est fait d’un si laid modèle !
Un seul moment (bis.)
Peut emporter mes vœux et mon serment !
Et mon serment !
C’est égal !… ce n’est pas pour s’amuser que l’on se marie !… Et il ne faut tromper personne !… Aussi je ne reverrai plus Tristan… jamais ! parce que il n’y a pas à dire…
J’aurai juré d’être inflexible !
D’être inflexible !
De repousser les doux propos,
Vieux ou nouveaux !
Avec lui serait-ce possible ?
Un vieil ami c’est si terrible !
Un seul moment (bis)
Peut emporter les vœux et le serment !
Et le serment !
Peut emporter les vœux et le serment !
Ce pauvre garçon ! ça me fera de la peine ! oh ! je penserai souvent à lui… mais qui sait ? Il m’oubliera peut-être bien vite !
TRISTAN, en dehors. Gaspard !… allons donc, Gaspard !
GASPARD, en dehors. Voilà ! monsieur Tristan !… voilà !
GEORGETTE. C’est lui ! (Se regardant dans la glace.) Une larme !… ah ! qu’il ne la voie pas ! (Elle s’essuie vivement les yeux.)