Chapitre 15 Origine de quelques rues de Montréal.
L’origine de nos principales rues, telles que les rues Notre-Dame, Saint-Laurent, Saint-Joseph, Saint-Antoine, Saint-Paul et autres remonte à une époque reculée dans le dernier siècle. 1 En feuilletant les archives municipales à l’Hôtel de Ville nous trouvons des renseignements intéressants au sujet de nos rues et de nos places publiques.
En 1805, sur la Place d’Armes, il y avait un puits qui avait un diamètre de 30 pieds et une profondeur de cinquante. Ce puits avait été creusé environ cent cinquante ans auparavant par les Français 2. Depuis longtemps, l’eau de ce puits n’était plus potable à cause de l’infiltration des eaux sales des ruisseaux, qui étaient alors les égouts de la ville. Le puits avait été recouvert par un plancher et c’était là que les cultivateurs venaient vendre leurs framboises et leurs bluets. Le puits fut comblé en 1805, par ordre des magistrats qui dirigeaient les affaires civiques.
En parcourant le même volume des annales de la corporation, nous voyons que l’origine de la rue des Jurés date de 1798. Dans la même année, on ouvrit la rue Cheneville jusqu’au cimetière protestant, aujourd’hui la place Dufferin.
Le premier trottoir sur la rue Saint-Laurent fut posé en 1804.
En 1815, la rue Sainte-Radegonde fut ouverte pour communiquer de la rue Lagauchetière à la rue Saint-Bonaventure (aujourd’hui Saint-Jacques).
Dans la même année, les juges de paix adoptèrent une résolution à l’effet de faire venir d’Europe un paveur pour entreprendre le pavage de la ville et des faubourgs. En 1816, la rue Perthuis fut ouverte et on homologua le plan de la rue Saint-Louis. La rue Lacroix fut percée pendant la même année 3.
En 1816, on ouvrit une rue de communication de la rue du Canal à la rue Saint-Paul, faubourg Saint-Joseph. Le terrain nécessaire à cet objet fut donné par les seigneurs de Montréal et M. John Stevenson. De là le nom de rue des Seigneurs.
En 1817, on posa, pour la première fois, des écriteaux portant les noms des rues.
En 1818, les autorités ouvrirent la rue Water ou Du Bord de l’Eau, le long du fleuve, faubourg Québec.
En 1818, MM. George Lepailleur et Jean Bouthillier cédèrent leur terrain à la ville pour la continuation de la rue Saint-Joseph (maintenant Saint-Sulpice).
En 1818, on ouvrit une rue au nord-est du terrain de M. John Molson, faubourg Québec, sur un terrain donné à cet effet par M. Pierre Monarque. Cette rue porte aujourd’hui le nom de M. Monarque. Pendant la même année, les rues Saint-Constant (maintenant Cadieux) et Sainte-Élisabeth furent continuées de la rue Craig jusqu’à la rue Lagauchetière.
On ouvrit aussi, à la même époque, la rue Saint-Denis sur le terrain acquis de dame veuve Denis Viger et de l’honorable Louis-Joseph Papineau. On forma alors la place Viger sur le terrain donné à cet effet par les mêmes personnes. De là les noms du jardin Viger et de la rue Saint-Denis.
22 novembre 1884
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