‹ Le bon vieux tempsChapitre 23 sur 36 · Chapitre 24 Comment on faisait du feu - Les premières allumettes - Les gages du bon vieux temps.

Chapitre 24 Comment on faisait du feu - Les premières allumettes - Les gages du bon vieux temps.

Nous avons donné hier, quelques détails sur le système d’éclairage usité à Montréal, dans le bon vieux temps. Nous serons peut-être intéressants aujourd’hui si nous expliquons la manière dont nos grands-pères obtenait le feu.

Les allumettes chimiques n’étant que d’invention moderne, le feu, comme du temps d’Adam se prenait dans les veines du caillou.

À Montréal, en 1820, on battait encore le briquet comme le voisin de Pierrot de la chanson « Au clair de la lune ».

Dans la cuisine, on trouvait la boîte à feu renfermant l’amadou.

Cette boîte était en tôle d’une hauteur et d’un diamètre d’environ cinq pouces. Le couvercle se glissait dans l’intérieur et étouffait l’amadou lorsque l’allumette souffrée avait pris feu. L’amadou était préparé en faisant brûler du vieux linge et l’étouffant avant qu’il fut entièrement consumé. Lorsque le feu était éteint dans le poêle ou dans le foyer on avait recours au briquet.

On battait un briquet d’acier contre un morceau de silex ou de pierre à fusil au-dessus de l’amadou de la boîte à feu jusqu’à ce qu’une étincelle l’enflamma. Alors on prenait une longue allumette souffrée et on la plongeait dans la boîte jusqu’à ce qu’elle prit feu. En hiver, les poêles ne s’éteignaient jamais et en été des tisons couvaient presque toujours sous la cendre de l’âtre.

On ne recourait au briquet que lorsque les feux étaient complètement éteints dans la maison. Le fumeur portait toujours son briquet de poche avec un morceau de « tondre », usage qui s’est conservé encore dans nos campagnes.

Vers 1830, des briquets phosphoriques furent introduits en Canada. C’était de petites boîtes cylindriques en fer blanc s’ouvrant aux deux extrémités. Dans la partie inférieure étaient une centaines d’allumettes souffrées ou trempées dans une composition chimique. Dans la partie supérieure se trouvait une petite fiole bouchée à l’émeri contenant du phosphore préparé. On trempait l’allumette dans le phosphore et elle s’enflammait aussitôt. Un briquet phosphorique se vendait deux chelins.

Les allumettes souffrées, taillées dans le cèdre, jusqu’en 1845, se vendaient dans les rues par des gamins qui criaient : Bonnes allumettes ! trois paquets pour deux sous !

L’allumette chimique à sa première apparition à Montréal s’offrait au public sous la forme d’un petit peigne. Nous croyons que ces allumettes chimiques primitives se fabriquent encore à Charlesbourg, près de Québec.

Vers 1840, on vendait des allumettes chimiques importées d’Angleterre. Ces allumettes étaient très minces et on les enflammait en les frottant entre une feuille double de papier sablé.

L’allumette chimique ordinaire a été vulgarisée à Montréal vers 1847 ou 1848.

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Un mot, maintenant, sur les gages des ouvriers et des employés du bon vieux temps.

En 1825, le plus riche cultivateur de Deschambault, celui qui passait pour payer le salaire le plus élevé à ses employés, M. Bouchard, donnait à son garçon de ferme $12 par année avec sa pension. Il lui donnait aussi une paire de souliers de « beu », une paire de culottes d’étoffe du pays et une paire de mitaines.

Il y a cinquante ans, un journalier s’engageait pour 15 à 20 sous par jour et nourri, pour faire les travaux les plus durs sur une ferme.

Un bon commis, dans un magasin de campagne de première classe, gagnait un salaire insignifiant, la première année. Lorsqu’il recevait un traitement annuel de £25, c’était le maximum du salaire.

À Québec, les meilleurs charpentiers de navires ne recevait que 50 à 75 cents par jour.

Un des premiers employés de la corporation de Montréal, l’inspecteur des chemins, avait un traitement de $400 par année.

Les salaires dans toutes les classes de métiers, étaient à peu près dans les mêmes proportions.

3 décembre 1884

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