VII Les Boulangistes
Nous rappelons que le 3 mars 1888 le général Boulanger écrivait : « Jamais, pour qui que ce soit, et à quelque époque que ce soit, je ne ferai aucune alliance avec les ennemis de la République. »
Un mois après, il demandait les voix des électeurs bonapartistes et réactionnaires du Nord, et se faisait patronner dans la Dordogne par le baron Dufour.
Depuis, s’il continue à crier : Vive la République ! il a jeté tout masque.
Le jour du mariage de sa fille, à l’église de Passy, M. Boulanger a passé la revue de son état-major. En voici la composition :
Républicains : MM. Naquet, Laguerre, Henri Rochefort, Vergoin, Laur, Laisant, Le Hérissé, Turquet, Michelin, Kœchlin-Schwartz, de Susini, Gaston Laporte, Farcy, Saint-Martin, Vacher, colonel Astima, de Ménorval, Lalou.
Bonapartistes et Monarchistes : MM. Cunéo d’Ornano, Jolibois, Dugué de la Fauconnerie, duc de Feltre, Lenglé, Roy de Loulay, Robert Mitchell, baron Eschassériaux, Calvet-Rogniat, de Martimprey, général de Lacretelle, Gaudin de Vilaine, baron Dufour, Albert Duchesne, des Rotours, général du Barrail, Thellier de Poncheville, P. Chassaigne-Goyon, Galpin, Marius-Martin, Quentin-Bauchart, Maurice Binder, vicomte de Turenne, Georges Thiébaut, Clément de Royer, baron de la Bouillerie, Hyrvoix, de Legge, marquis de Villeneuve, de Loqueyssie, Xavier Feuillant, de Montéty, Bottieau, Georges Lachaud.
La reine de la fête est la duchesse d’Uzès.
Parmi les adeptes de M. Boulanger, il faut ajouter à cette liste M. Emile Ollivier, l’homme de la fin de l’Empire, qui l’avait salué en même temps que M. de Maupas, l’homme du commencement ; M. Pau de Cassagnac, qui témoigne toutes ses sympathies pour « cette catapulte de la République ; » le marquis d’Estourmel, qui l’a patronné dans la Somme, et le marquis de Breteuil, qui a mis le comte de Paris et les monarchistes, et lui-même à sa suite !