II
PHYLANTE
Ce Phylante aux rubans choisis chez Perdrigeon, Ce Phylante pattu comme un riche pigeon Dont les pattes auraient pour plumes des dentelles, Qui ne porte jamais, si coûteuses soient-elles, Que des bottes de peau levantine, que des Chemises à jabot de linge hollandais, Expert à se serrer au poignet, sous la manche, Le large ruban noir qui fait la main plus blanche, Ce cher Phylante, encor qu’il soit loin d’être laid, Qu’il excelle à donner les violons, qu’il ait La réputation d’être bon alcôviste Et de savoir en quoi le dernier doux consiste, Encor qu’il soit celui, lorsqu’on parle d’amours, Dont le nom à côté de son nom vient toujours, Encor qu’il chante en bas pour elle à l’instant même, Il ne l’aime pas plus, grand Dieu! qu’elle ne l’aime.
Tout ceci n’est qu’un jeu raffiné de roman.