Chapitre 6 Six pouces plus bas, le roi de France s’appelait Louis XVIII
Un soir, dans un coin du palais impérial de Schönbrunn, le jeune duc de Reichstadt causait avec les fils du prince Charles ; et, en causant entre eux, les enfants riaient si haut que le prince, qui d’un autre côté causait gravement avec l’empereur, les archiducs et les archiduchesses, craignant qu’Altesses et Majestés ne fussent incommodées par les rires des augustes bambins, crurent devoir intervenir et, d’un bout à l’autre du salon, demanda aux enfants ce qui occasionnait leur joie et à quel propos ils riaient ainsi.
— Oh ! papa, répondit l’aîné des fils de l’archiduc, ne faites pas attention : c’est Reichstadt qui nous raconte comment son père vous battait toujours, et cela nous amuse beaucoup !
L’archiduc Charles, qui était un fort brave homme, rit encore plus haut que les enfants ; ce que voyant l’empereur, les archiducs et les archiduchesses, ils en rirent autant et peut-être même de meilleur cœur que l’archiduc Charles.
Il est vrai qu’à l’époque où l’on riait si franchement à Vienne des défaites de l’illustre archiduc, le vainqueur de Tengen, d’Abensberg, de Landshut, d’Eckmühl et de Ratisbonne était mort.
L’anecdote est authentique ; elle m’a été racontée par la reine Hortense pendant les huit jours d’hospitalité qu’elle voulut bien me donner en 1832 au château d’Arenenberg, peu de temps après la mort du roi de Rome.
Consacrons un chapitre au récit de cette campagne de 1809, une des plus merveilleuses de Napoléon.
Nous avons, le 17 avril, à midi, laissé l’empereur à Donauwœrth, prêt à passer ses ordres à ses maréchaux et à ses lieutenants. Celui auquel il avait le plus hâte de les faire parvenir – parce que celui-là était le plus éloigné et par conséquent ne devait les recevoir que dans un plus long délai –, était le maréchal Davoust qui, nous le savons déjà, occupait Ratisbonne. Aussi le premier officier que fit demander Napoléon pour lui remettre les dépêches qu’il venait de dicter fut-il le lieutenant Paul Richard ; mais le prince de Neuchâtel, tout en rongeant ses ongles et d’un air assez embarrassé, annonça à l’empereur qu’il avait disposé de cet officier pour une mission particulière.
Il est vrai qu’à la place de celui-ci, il offrait – si l’empereur tenait absolument à ce que sa dépêche fût portée par un officier du nom de Richard –, il est vrai, disons-nous, que le prince de Neuchâtel offrait le lieutenant Louis Richard, qui arrivait d’Italie.
Mais l’empereur déclara que, du moment où il ne renvoyait pas au maréchal Davoust le même homme que le maréchal lui avait envoyé, peu lui importait le nom de son courrier, pourvu que ce courrier fût actif, brave et intelligent.
Un officier se présenta.
L’empereur lui remit la dépêche adressée au maréchal Davoust.
En outre, Berthier fit prendre deux copies de cette dépêche et les expédia par deux autres hommes et par deux chemins différents.
C’eût été un bien grand malheur que, sur les trois courriers, pas un ne parvînt !
Voici quels étaient les ordres de l’empereur à son lieutenant :
« Quitter immédiatement Ratisbonne, en y laissant toutefois un bataillon pour garder la ville ;
» Remonter le Danube, en cheminant avec prudence, mais avec résolution, entre le fleuve et la masse des Autrichiens ;
» Enfin, venir le joindre, lui Napoléon, par Abach et Ober-Saal, aux environs d’Abensberg, à l’endroit où il se jette dans le Danube. »
Ces ordres expédiés à Davoust, il s’agissait de prévenir Masséna.
On trouva trois nouveaux messagers et l’on expédia en triple l’ordre suivant :
« L’empereur ordonne au maréchal Masséna de quitter Augsbourg le 18 au matin pour descendre, par la route de Pfaffenhofen, sur l’Abens, dans le flanc gauche des Autrichiens, l’empereur se réservant ensuite de diriger la marche du maréchal vers le Danube, vers l’Isar, vers Neustadt ou vers Landshut.
» Le maréchal partira en semant le bruit d’une marche en Tyrol et en laissant à Augsbourg un bon commandant, deux régiments allemands, tous les hommes malingres ou fatigués, des vivres, des munitions, enfin de quoi tenir quinze jours.
» L’empereur recommande au maréchal de descendre vers le Danube en toute hâte ; car jamais il n’eut plus besoin de son dévouement. »
La dépêche se terminait par ces trois mots et par ce tiers de signature, écrits de la main même de l’empereur :
« Activité et vitesse !
« Nap. »
Ces deux dépêches parties, Napoléon demanda le lieutenant Louis Richard, si toutefois Berthier ne l’avait pas envoyé en mission comme son frère.
Le jeune homme se présenta tout joyeux d’avoir revu son cher Paul, tout rafraîchi par deux heures de repos, et tout prêt à se remettre en route.
L’empereur lui remit, pour le prince Eugène, une lettre conçue en ces termes :
« Monsieur, vous avez perdu, en vous laissant battre à Pordenone, toute chance d’entrer avec nous à Vienne, où nous serons probablement vers le 15 du mois prochain. Venez nous rejoindre aussitôt que vous pourrez, et marchez droit sur la capitale de l’Autriche : rien n’est changé aux ordres primitifs que je vous ai envoyés.
» Sur ce, monsieur le prince, la présente n’étant à d’autres fins, je prie Dieu qu’il vous ait en sa sainte et digne garde.
» Napoléon.
» P. S.– Je fais donner l’ordre au général Macdonald de se rendre à l’armée d’Italie avec des ordres particuliers qu’il ne communiquera qu’à vous. »
Le jeune officier reçut la lettre des mains mêmes de l’empereur, s’inclina, sortit, sauta à cheval et disparut.
Un instant après, l’empereur quitta Donauwœrth et partit pour Ingolstadt. – Ingolstadt le plaçait entre Ratisbonne et Augsbourg, c’est-à-dire au centre du mouvement.
On sait les différentes distances qui séparent Donauwœrth de Ratisbonne et Donauwœrth d’Augsbourg.
À Donauwœrth, l’empereur était à vingt-deux lieues de Ratisbonne et seulement à huit ou neuf lieues d’Augsbourg.
Il en résulta que Masséna reçut ses ordres vers cinq heures et put faire immédiatement ses préparatifs de départ pour le lendemain 18 au point du jour ; tandis que ce ne fut que fort avant dans la soirée que Davoust reçut les ordres qui le concernaient.
Il fallut au maréchal toute la journée du 18, d’abord pour réunir ses cinquante mille hommes, ensuite pour rallier la division Friant – qui, pendant le trajet qu’elle venait d’opérer de Bayreuth à Amberg, s’était trouvée un instant aux prises avec le corps d’armée autrichien du général Bellegarde 1, et qui, par sa bonne contenance, avait couvert la marche du corps auquel elle appartenait –, et, enfin, pour porter la totalité de ses troupes de la rive droite sur la rive gauche du Danube, tandis que la division Morand restait en bataille sous les murs de Ratisbonne.
Cette armée de Bellegarde, composée de cinquante mille hommes et qu’il fallait contenir pour qu’elle ne prît point part au combat qu’on allait livrer, était l’armée de Bohême que, dans son système de concentration, l’archiduc Charles appelait à lui.
La journée du 18 fut donc employée par le maréchal Davoust à faire passer de la rive droite sur la rive gauche les divisions Saint-Hilaire et Gudin, et la grosse cavalerie du général Saint-Sulpice, pendant que la cavalerie légère du général Montbrun poussait, en s’élargissant en éventail sur Straubing, sur Eckmühl et sur Abach, des reconnaissances ayant pour but de s’assurer de la position réelle de l’archiduc ; car le maréchal Davoust, comme si l’air lui eût manqué, à lui et à ses cinquante mille hommes, se sentait instinctivement pris entre l’armée de Hongrie, qui venait de repousser la division Friant, et la masse de l’armée autrichienne arrivant par la route de Landshut.
Le rendez-vous général était, comme on l’a vu, sur le plateau de l’Abens, à Abensberg.
Le 19 au matin, le maréchal Davoust se mit en marche.
Nous ne faisons pas une histoire de cette célèbre campagne et par conséquent nous ne suivrons pas la belle, prudente et savante marche du maréchal sur la rive droite du grand fleuve au milieu de ses terribles ennemis ; nous nous contenterons de suivre le sombre fil d’une conspiration qui avait pour but d’accomplir avec le poignard ce que la fortune se refusait à faire avec l’épée, le fusil et le canon.
Au milieu de ce gigantesque mouvement, c’est donc aux pas de Napoléon que nous allons nous attacher, puisque c’est lui qui est particulièrement menacé par les événements que le précédent chapitre a fait connaître.
Dans la nuit du 19 au 20, il était descendu d’Ingolstadt à Vohbourg ; là, il avait appris qu’après un faible engagement, les Autrichiens, qui s’étaient avancés jusqu’à Abensberg – lieu qu’il avait désigné comme son point de ralliement –, avaient été repoussés et que le plateau où devaient déboucher les troupes du maréchal Davoust était libre.
Durant toute la journée du 19, on avait entendu le canon.
Le 20, à neuf heures du matin, une cavalcade composée de l’empereur et de tout l’état-major du prince de Neuchâtel, précédée des guides, était arrivée sur le plateau d’Abensberg et s’était arrêtée à l’endroit le plus élevé du château, à cent pas à peu près de la maison du pasteur Stiller.
On avait offert à Napoléon de monter dans une maison ; mais il avait préféré demeurer en plein air sur un escarpement d’où il dominait le pays, à sa droite jusqu’à Birwang, à sa gauche jusqu’à Thann.
Au reste, à la suite d’une conversation avec son éclaireur Schlick, le prince de Neuchâtel avait pris des précautions pour protéger la personne de l’empereur.
Dès la veille au soir, tout le régiment qui occupait Abensberg avait reçu l’ordre de se loger dans les maisons qui environnaient le plateau, de camper dans les intervalles des maisons et dans les ruines du vieux château.
Napoléon, sans qu’il s’en aperçût, et surtout sans que sa préoccupation lui permît de s’en apercevoir, était donc entouré d’un cercle de soldats veillant sur lui. Au surplus, l’empereur ne s’occupait jamais des précautions de ce genre : cela regardait son entourage ; soit qu’il crût à la Providence comme un chrétien, à la fatalité comme un musulman, à la destinée comme un Romain, il s’offrait à la balle de l’ennemi aussi bien qu’au poignard des fanatiques ; sa vie regardait Dieu, qui avait ses desseins sur lui.
Là, selon l’habitude, on lui dressa une table, on y étendit des cartes, on lui fit les rapports.
Voici ce qui s’était passé la veille.
Le maréchal Davoust était parti de Ratisbonne au point du jour et sur quatre colonnes : son avant-garde s’avançant, à gauche, sur la grande route de Ratisbonne à Landshut en passant par Eckmühl ; deux colonnes marchant au centre par des chemins de village ; enfin, l’extrême droite composée des bagages et suivant la route qui s’étend le long du Danube de Ratisbonne à Mainsbourg.
Le même jour, l’archiduc Charles, qui était à Rohr – c’est-à-dire sur un plateau à peu près pareil à celui d’Abensberg et dominant à la fois la vallée du Danube et celle de la grosse Laber, rivière qui, suivant un cours opposé à l’Abens, va se jeter dans le Danube à quinze lieues au-dessus de Ratisbonne, tandis que l’Abens va se jeter dans le même fleuve à quinze lieues au-dessous –, le même jour, 19 avril, disons-nous, en même temps que le maréchal Davoust recevait et exécutait l’ordre de marcher sur Abensberg, le prince Charles, croyant trouver le maréchal à Ratisbonne, prenait la résolution de marcher sur lui et de l’écraser entre les quatre-vingt mille hommes de troupes qu’il conduisait et les cinquante mille hommes de l’armée de Bellegarde qui devaient arriver par la Bohême et qui, ainsi qu’on l’a vu, arrivaient effectivement, puisqu’ils avaient eu affaire à la division Friant.
Il résultait de ces deux mouvements que Napoléon devait trouver Abensberg vide, et le prince Charles – sauf le régiment qu’y avait laissé le maréchal Davoust – Ratisbonne évacuée ; mais aussi, à un point quelconque de la ligne diagonale qu’elles parcouraient, les extrémités gauches des deux armées devaient inévitablement se heurter.
Le prince Charles suivait le versant oriental de la chaîne des collines qui sépare la vallée du Danube de la vallée de la grosse Laber ; le maréchal Davoust suivait le versant occidental.
À neuf heures du matin, deux de nos têtes de colonne avaient franchi la crête des collines et, du versant occidental, étaient passées sur le versant oriental.
La division Gudin, qui formait notre extrême gauche, avait répandu au loin les tirailleurs du 7e léger ; ces tirailleurs avaient rencontré ceux du prince de Rosenberg et avaient échangé avec eux un certain nombre de coups de fusil ; mais le maréchal Davoust, reconnaissant que l’engagement n’était point sérieux, avait mis son cheval au galop et était venu donner personnellement l’ordre aux deux colonnes de continuer leur marche, et aux tirailleurs de suivre les colonnes en ayant l’air de céder du terrain.
Les tirailleurs autrichiens s’étaient donc emparés du village de Schneidart, évacué par le 7e léger et le corps du général Rosenberg auquel ils appartenaient, s’était porté sur Dinzling, tandis que le corps du général Hohenzollern entrait dans Hausen, qu’évacuaient les dernières compagnies du 7e léger, et occupait une masse de bois formant, vis-à-vis du village de Tengen, un immense fer à cheval.
C’est là que devaient véritablement se heurter les deux extrêmes gauches, française et autrichienne ; ce fut là en effet qu’elles se heurtèrent. – C’étaient les nouvelles de ce choc que l’on apportait à Napoléon.
Il avait été terrible !
On s’était battu à Dinzling : les combattants, sur ce point, étaient Montbrun contre Rosenberg.
On s’était battu à Tengen : les combattants, sur ce point, étaient Saint-Hilaire et Friant contre Hohenzollern et les princes Louis et Maurice de Liechtenstein.
Puis, en outre, il y avait eu des combats entre tous les postes intermédiaires qui reliaient les deux extrêmes gauches.
Seulement, l’archiduc Charles s’était trompé : il avait pris notre extrême gauche pour notre extrême droite ; il avait cru avoir devant lui Napoléon et toute la masse de l’armée française, tandis que la masse de l’armée française, au contraire, se glissait entre le Danube et le gros de son armée, à lui.
Il en était résulté que, dans son erreur, le prince Charles était resté sur les hauteurs du Grub, spectateur immobile du combat, avec douze bataillons de grenadiers, ne voulant pas risquer une bataille décisive avant d’avoir rallié à lui le corps de l’armée de l’archiduc Louis.
Il envoya en conséquence ses ordres à l’archiduc Louis et resta en place, se préparant, avec la sage lenteur des princes d’Autriche, à attaquer le lendemain seulement.
Or, voici les détails que recueillait Napoléon sur le combat de la veille :
L’avant-garde du général Montbrun avait perdu deux cents hommes ; la division Friant, trois cents ; la division Saint-Hilaire, dix-sept cents ; la division Morand, vingt-cinq ; les Bavarois, cent ou cent cinquante cavaliers. – En tout, deux mille cinq cents hommes à peu près.
L’ennemi, de son côté, avait perdu : à Dinzling, cinq cents hommes ; à Tengen, quatre mille cinq cents ; à Buch et à Arnhofen, sept ou huit cents. – En tout, près de six mille hommes.
Napoléon vit ce que n’avait pas vu l’archiduc Charles ; comme l’aigle dont il avait fait ses armes, c’était un de ses privilèges de planer au-dessus des événements avec les ailes de son génie. Presque en même temps qu’il arrivait à Abensberg, le maréchal Davoust y arrivait par Tengen et Burkdorff, le maréchal Lannes apparaissait du côté de Neustadt, et la division de Wrède, établie de Bibourg à Siegenbourg, se tenait prête à passer l’Abens.
Napoléon décida que l’armée allait pivoter sur Tengen, forcer les postes du centre de l’armée autrichienne, couper en deux la ligne d’opération du prince Charles, jeter toute son arrière-garde dans le Danube à Landshut ; après quoi il se retournerait et, si le prince Charles n’était pas dans la partie de l’armée détruite ou dispersée, il reviendrait, avec toutes ses forces, prendre l’archiduc et son armée entre deux feux.
En conséquence, il ordonna au maréchal Davoust de tenir ferme avec vingt-quatre mille hommes à Tengen ; il ordonna à Lannes de marcher droit devant lui avec vingt-cinq mille hommes et de s’emparer de Rohr, à quelque prix que ce fût ; il ordonna au maréchal Lefebvre, qui commandait à quarante mille Wurtembergeois et Bavarois, d’enlever Arnhofen et Offenstetten ; enfin, prévoyant que le lendemain l’arrière-garde autrichienne, en déroute, essaierait de repasser le Danube à Landshut, il ordonna au maréchal Masséna, qui lui devenait inutile du moment où il disposait d’une masse de quatre-vingt-dix mille hommes, de se porter directement sur Landshut par Freising et Moosbourg.
Puis il regarda défiler devant lui les Bavarois et les Wurtembergeois qui allaient se mettre en ligne, ennemis devenus nos alliés, les haranguant au fur et à mesure qu’ils passaient et laissaient, après chaque période, le temps aux officiers de traduire ses paroles en allemand.
Il leur disait :
« Peuples de la grande famille germanique, ce n’est pas pour moi que je vous fais combattre aujourd’hui, c’est pour vous ; c’est votre nationalité que je défends contre l’ambition de la maison d’Autriche, désespérée de ne plus vous tenir sous le joug.
» Cette fois, je vous rendrai bientôt, et pour toujours, la paix ! et cela, avec un tel accroissement de puissance, qu’à l’avenir vous pourrez vous défendre vous-mêmes contre les prétentions de vos anciens dominateurs.
» Au reste, ajouta-t-il en montant à cheval et en allant prendre place dans leurs rangs, c’est avec vous que je veux combattre aujourd’hui, et je livre la fortune de la France et ma vie à votre loyauté. »
À peine avait-il prononcé ces paroles, qu’un coup de fusil se fit entendre et que son chapeau, enlevé de dessus sa tête, tomba aux pieds de son cheval.
Nous avons tort en disant qu’un coup de fusil se fit entendre : à peine le coup de fusil fut-il entendu au milieu du tumulte et la chute du chapeau de l’empereur fut attribuée au mouvement un peu brusque que venait de faire sa monture.
Un officier bavarois sortit des rangs, ramassa le chapeau et le présenta à Napoléon.
Napoléon y jeta un coup d’œil rapide, sourit et le remit sur sa tête.
Après quoi la masse s’ébranla et descendit le plateau, marchant sur Arnhofen.
Arrivé au bas du plateau, Berthier s’approcha de l’empereur pour prendre ses derniers ordres ; Napoléon les lui donna ; puis, prenant son chapeau et montrant au major général le trou d’une balle :
— Six pouces plus bas, lui dit-il avec tranquillité, le roi de France s’appelait Louis XVIII !
Berthier pâlit en voyant le danger auquel venait d’échapper l’empereur et, se penchant vers un aide de camp :
— Qu’on appelle à l’instant même, dit-il, le lieutenant Paul Richard.
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