Scène XII.
LES PRÉCÉDENS, LE CURÉ.
Le Curé
Ciel, que vois-je ! on ne m’a pas trompé, (au Grand-Vicaire & à l’Abbeſſe.) Miniſtre de paix, & vous, Madame, eſt-ce ainſi que vous êtes fidèles à votre promeſſe ?
Le Grand-Vicaire.
De quel droit oſez-vous tenir ce langage ?
Le Curé.
Du droit que me donne mon caractère ; celui d’un culte libre que vous devriez défendre ſi vous connoiſſiez votre devoir : ce devoir que vous pouvez réprouver en moi, mais que le Ciel approuve.
Le Grand-Vicaire.
Il vous ſied bien d’invoquer le Ciel, vous qui l’offenſez.
Le Curé.
Moi qui le ſers, moi qui cherche du moins à interpréter en bien ſes ſages décrets.
Le Grand-Vicaire.
Vous êtes dans l’erreur, c’eſt moi qui vous le dis.
Le Curé.
Vous y êtes plus que moi, Monſieur, Si je me trompe, mon erreur du moins ne tend à violenter perſonne.
Le Grand-Vicaire.
Continuez, Monſieur, continuez, & par vos ſages conſeils éloignez Julie des Autels où elle alloit ſe conſacrer de ſon plein gré, avant que vous ne paroiſſiez ici.
Le Curé.
Que dites-vous ? moi, éloigner de Dieu un cœur qui ſe dévoueroit volontairement à ſon culte ! Rendez-moi plus de juſtice. Si Julie eſt réſolue, ſi ſes vœux ne ſont pas forcés…