‹ Le Droit à la vie et le minimum de salaireChapitre 1 sur 5 · AVANT-PROPOS

AVANT-PROPOS

Les lignes qui suivent et le rapport auquel elles servent de conclusion ont été écrites avant les dernières grèves.

Celles-ci n’ont fait que mettre en évidence la nécessité de réglementer les salaires.

Les accords intervenus à leur suite entre les organisations ouvrières et patronales avaient, un moment, fait espérer que la solution des questions soulevées pourrait se réaliser par la seule action des intéressés.

Le manque de bonne foi de certains employeurs, l’absence de moyens efficaces d’obliger les patrons non syndiqués à respecter les conventions établies ont bien vite montré la nécessité d’une intervention légale.

Une loi instituant la semaine anglaise pour l’industrie du vêtement vient d’être votée, mais cette loi ne vise formellement que la durée du travail et ne donne pas toutes les garanties désirables en ce qui concerne le salaire.

Or, toute réduction du temps de travail risque de provoquer une réduction des salaires si elle ne comporte pas, comme contre-partie, une réglementation de ceux-ci.

La question si actuelle de l’égalité des salaires ne saurait davantage être résolue sans qu’une telle réglementation intervienne.

Comment assurer pratiquement la réalisation du principe « À travail égal, salaire égal » sans que des salaires minima soient fixés ?

Comment, d’autre part, admettre que le salaire minimum puisse varier pour un même travail selon que ce travail doit être exécuté par un homme ou par une femme ?

C’est ainsi qu’il apparaît, plus nettement chaque jour, que, parmi les réformes les plus urgentes du régime du travail, la réduction de la durée du travail (journée de 8 heures, semaine anglaise) et l’égalité des salaires sont intimement liées à l’adoption du principe du minimum légal de salaire.

Paris, juin 1917.

G. D.

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