XVII
Il faisait calme dans le champ, mais il fait plus calme encore dans la forêt, bien plus calme. Plus on va, le village semble s’élever et les ombres s’allongent, s’allongent.
Les arbres, le soleil, les ombres, repos de mort, de tombeau… Mais quoi ? une chanson vibre, mélancolique, accompagnée d’une plainte désespérée ! Le chagrin a vaincu Dariouchka et la fait écouter indifférente, le gémissement répandu dans l’espace, et sa voix tremblante jaillir de son âme, et le soleil, rond et impassible comme l’œil jaune de l’hibou, regarde, du haut des cieux insensibles, la douleur de la veuve. Combien de cordes s’est-il brisé dans l’âme de la pauvre paysanne ? C’est le secret enseveli pour toujours dans les solitudes profondes de la forêt. Le grand chagrin de la veuve, mère de petits orphelins, n’a été entendu que des libres oiseaux, qui n’ont pas osé le répéter au monde…