‹ Le Gel au nez rougeChapitre 14 sur 32 · XVIII

XVIII

Ce n’est pas le piqueur qui sonne de la trompe dans la clairière, — c’est une jeune veuve qui, après avoir pleuré, frappe et fend du bois. Le bois coupé elle le jette sur la charrette, — il faut se hâter de la remplir. Sans doute elle ne s’aperçoit pas que les larmes coulent de ses yeux. Une larme pourtant, échappée de ses cils, tombe sur la neige et, brûlante, creuse jusqu’à la terre un trou étroit et profond. Une autre tombe sur le bois, puis sur l’outil et on la voit se congeler en grosse perle, blanche, ronde, compacte. Une autre brille sur la paupière, coule, vite comme une flèche, sur la joue et le soleil s’y réfléchit !… Dario se hâte de finir son travail. Elle ne songe qu’à son travail, elle ne sent pas le froid, elle ne s’aperçoit pas que ses jambes s’engourdissent et, pleine de la pensée de son mari, elle l’appelle et lui parle…

Page 1