‹ Le JaponChapitre 5 sur 7 · V.

V.

LES GRANDS FEUDATAIRES.

Le taïkoune ne gouverne pas seulement avec les gorodjios. Trois fois par mois, elle réunit sous sa présidence la grande assemblée du Toujo, et porte devant elle les affaires qui intéressent le Japon. Toute innovation au pacte social doit être approuvée par le toujo, puis ensuite par le mikado. Cette assemblée réunit la grande noblesse du Japon, qui se trouve ainsi avoir autorité et pouvoir légal sur les décisions du taïkoune.

Dans cette assemblée, les chefs des familles issues d'Héas sont placés immédiatement derrière le taïkoune, à la droite et à la gauche duquel se rangent les gorodjios. A une distance relativement grande, sont placés par ordre les représentants de la noblesse, kokshi et toudama, puis les grands kovdaïs, vassaux de la couronne. Entre le trône et l'assemblée, un hérault choisi parmi les seigneurs de la famille taïkounale répète les paroles échangées des deux côtés.

Du toujo est tiré un comité national nommé tshioguiakou dont l'autorité est supérieure à celle du ministère du taïkoune. Dans le gorodjio se trouve plus naturellement l'élément taïkounal, tandis que dans le tshioguiakou l'élément féodal est surtout représenté.

A la tête de la noblesse sont placées les trois familles des gosankés issues de trois frères du taïkoune, Shidé-Tada fils et successeur d'Héas. Les chefs de ces familles portent le titre de dono. Ce sont: Owari dono, seigneur de la province d'Owari, Ki dono, seigneur de la province de Kishiou, Mito dono, seigneur de la province de Mito. Ces trois provinces sont situées dans l'île de Nippoune, et représentent une grande puissance par l'étendue, la richesse et la population de ces domaines, sur lesquels vivent les vassaux respectifs de ces trois princes.

Après les gosankés viennent deux familles de gosankio, dont les chefs portent également le titre de dono. Leur origine remonte à trois frères de Hé-tsua-ioshi, cinquième taïkoune de la famille d'Héas. Ces trois gosankios sont: Stouts-bashi dono, Taïasou dono, Shimidsou dono. Ce dernier fief est rentré par extinction dans les domaines de la couronne. Le premier fief stouts-bashi, dont la famille seigneuriale s'était également éteinte, a été relevé en faveur d'un cadet d'un gosanké de Mito.

Enfin sous les gosankios viennent, par ordre hiérarchique, huit familles, aujourd'hui réduites à sept, de daïmios gokamonkés, descendant de huit fils des concubines d'Héas. Ces princes portent le titre de kami. Le plus puissant des gokamonkés est le prince Itshisène, qui désirait partir en ambassade en Europe. Il en avait reçu l'autorisation du taïkoune, mais cette permission ne fut pas ratifiée par le mikado. Cette triple hiérarchie de familles princières forme, autour du taïkoune, un puissant parti. Elles sont issues du même auteur et conservent les mêmes intérêts vis-à-vis des tiers. Mais entre elles se manifestent parfois de vives luttes, par suite de la rivalité qui souvent les divise. Lorsqu'un taïkoune meurt sans enfants, on choisit jusqu'à présent son successeur parmi les trois gosankés, et chacun cherche à se faire des partisans dans le conseil supérieur de l'empire, afin d'agir sur le mikado. Le dernier taïkoune, actuellement au pouvoir, est fils du gosanké de Kishiou, comme déjà son second prédécesseur.

En regard de cette puissance, dont Héas est le point de départ, se trouvent les dix-huit grands seigneurs féodaux appelés kokshi et décorés du titre de kami, à l'exception du seigneur de Kaga, qui porte le titre de dono. Comme il est intéressant, dans l'état actuel de la question, de noter ces dix-huit seigneurs, leurs noms et leurs seigneuries suivent par ordre hiérarchique:

Kagadono, seigneur de Kaga, Noto, Itshiou, et d'une partie de Shida (dans l'île de Nippoune).

Satsouma no Kami, seigneur de Satsouma, Osmi, Shiouda (dans Kioushiou) et seigneur des îles Lioutshou.

Sendaï ou Mouts no Kami, seigneur de Mouts (Nippoune).

Fosokaoua no Kami, seigneur de Shigo (Kioushiou).

Cloda no Kami, seigneur de Tshigousène (Kioushiou).

Akino Kami, seigneur d'Aki (Nippoune).

Tshioshio no Kami, seigneur de Tshioshio et Nagato, dernièrement annexées à la couronne.

Nabésima no Kami, seigneur de Hisène (Nippoune).

Inaba no Kami, seigneur de Inaba (Nippoune).

Ikéda no Kami, seigneur de Bizène et Bitshiou (Nippoune).

Toodo no Kami, seigneur de Isé et de Higa (Nippoune).

Awa no Kami, seigneur de Awa et Awadji (Sikokou).

Tôsa no Kami, seigneur de Tôsa (Sikokou).

Arima no Kami, seigneur de Tshikougo (Kioushiou).

Sutaké no Kami, seigneur d'Akita et Déoua (Nippoune).

Nambou no Kami, seigneur de Nambou et Mouts (Nippoune).

Ouésgui no Kami, seigneur de Iounésaoua et Déoua (Nippoune).

Tsousima no Kami, seigneur de l'île de Tsima.

Il faut remarquer que dans cette liste les noms de seigneuries répétées indiquent une autorité sur des districts différents dans la même province.

A côté des kokshis sont placés les toudamas daïmios, dont la puissance s'étend sur un petit territoire, mais qui, comme les kokshis, sont maîtres chez eux. Ils sont au nombre de quatre-vingt-deux, et portent le titre de kami. Une grande partie de ces familles princières remontent à des frères cadets de kokshis en faveur desquels les fiefs ont été créés ou relevés. Les Toudamas daïmios font cause commune avec les grands seigneurs féodaux dont ils partagent les intérêts en opposition aux envahissements des taïkounes.

Les kokshis et même les toudamas daïmios ont sous leurs ordres des vassaux, qui sont, comme les capitaines de leur armée respective, à la tête d'un certain nombre d'hommes de guerre, qu'ils entretiennent sur le domaine. Ces vassaux comptent eux-mêmes parmi la principale noblesse, et sont connus sous le nom de baïsing daïmio. Ils sont aux kokshis et toudamas ce que les kovdaïs sont au taïkoune, tiennent garnison sur les domaines de leurs seigneurs, l'entourent dans ses voyages, ou font près de lui alternativement un service de garde dans ses résidences. Plus la puissance et les domaines d'un seigneur sont étendus, plus grand est le nombre de ses baïsings daïmios. C'est ainsi que Satsouma-no-Kami en compte cinquante-deux.

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