‹ Le livre des enfantsChapitre 4 sur 6 · L'ENFANT BÉNI

L'ENFANT BÉNI

A Marie Berthoud

Puisque la Vierge vous défend, Je vais là-bas, mon doux enfant, Vous chercher des choses jolies, Des fuseaux, des perles polies, Qu'on donne aux anges d'ici-bas; Vous en aurez; ne criez pas!

Laissez couver le feu qui dort; Jouez loin de ses rayons d'or: Il consumerait vos dentelles Et vous, nos espérances belles! Le feu ne doit pas se toucher; Il ne vient que trop nous chercher.

En prière il faut vous tenir, Pour m'entendre au loin revenir. Gardez-vous d'ouvrir à personne, Aussi fort que la cloche sonne; Quand même ce serait le roi, N'ouvrez qu'à Dieu, n'ouvrez qu'à moi!

Enfant, puisque Dieu vous bénit Et verse du blé sur le nid, A présent tout rit sur la terre; Car dans un doux coin solitaire, Un fruit mûr, un peu de froment, Font tourner la terre gaîment!

La Vierge aime à suivre des yeux L'âme qu'elle a nourrie aux cieux; Et quand votre mère est sortie, Près de l'enfant Jésus blottie, Vous n'avez qu'à bien écouter: Votre âme l'entendra chanter!

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POUR ENDORMIR L'ENFANT

«Ah! si j'étais le cher petit enfant Qu'on aime bien, mais qui pleure souvent, Gai comme un charme, Sans une larme, J'écouterais chanter l'heure et le vent... (Je dis cela pour le petit enfant.)

«Si je logeais dans ce mouvant berceau, Pour mériter qu'on m'apporte un cerceau, Je serais sage Comme une image, Et je ferais moins de bruit qu'un oiseau... (Je dis cela pour l'enfant du berceau.)

«Ah! si j'étais notre blanc nourrisson, Pour qui je fais cette belle chanson, Tranquille à l'ombre, Comme au bois sombre, Je rêverais que j'entends le pinson... (Je dis cela pour le blanc nourrisson.)

«Ah! si j'étais l'ami des blancs poussins Dormant entre eux, doux et vivants coussins, Sans que je pleure, J'irais sur l'heure Faire chorus avec ces petits saints... (Je dis cela pour l'ami des poussins.)

«Si le cheval demandait à nous voir, Riant d'aller nager à l'abreuvoir, Fermant le gîte, Je crîrais vite: «Demain l'enfant pourra vous recevoir...» (Je dis cela pour l'enfant qu'il vient voir.)

«Si j'entendais les loups hurler dehors, Bien défendu par les grands et les forts, Fier comme un homme Qui fait un somme, Je répondrais: «Passez, messieurs, je dors!...» (Je dis cela pour les loups du dehors.)»

On n'entendit plus rien dans la maison, Ni le rouet, ni l'égale chanson; La mère ardente, Fine et prudente, Fit l'endormie auprès de la cloison, Et suspendit tout bruit dans la maison.

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LA PETITE FILLE ET