‹ Le Médecin volantChapitre 12 sur 20 · SCENE XV.

SCENE XV.

FERNAND, CRISPIN.

CRISPIN en habit de valet.

Et sçachons…Au plus vîte attrapons notre maître ;
Rejoüissance… ô Dieux ! C’est Fernand, que je croi !
C’est lui-même !

FERNAND.

C’est lui-même ! Est-ce pas mon Docteur que je voi ?
C’est lui-même, c’est lui : votre mine est pleureuse,
Qu’êtes-vous ?

CRISPIN pleurant.

Qu’êtes-vous ? Moi, Monsieur ? un pauvre homme qui gueuse.

FERNAND.

Quoi ! tu gueuses ?

CRISPIN.

Quoi ! tu gueuses ? Monsieur, mes malheurs sont si grands…

FERNAND.

Mais dedans cette Ville as-tu point de parens ?

CRISPIN.

Ah ! Monsieur, des parens on n’a guéres de grace,

Je suis frere à mon frere, & c’est lui qui me chasse.

FERNAND.

Il faut donc que sans doute il en ait du sujet ;
Qu’as-tu fait ?

CRISPIN.

Qu’as-tu fait ? Répandu la moitié d’un Julet.

FERNAND.

Il est donc Médecin ?

CRISPIN.

Il est donc Médecin ? Oüi, Monsieur.

FERNAND.

Il est donc Médecin ? Oüi, Monsieur.Il me semble
Que ce frere en colere à peu près te ressemble ?

CRISPIN.

Oüi, Monsieur.

FERNAND.

Oüi, Monsieur.Penses-tu qu’on le puisse appaiser.

CRISPIN.

Non, Monsieur.

FERNAND.

Non, Monsieur.Si tu veux je lui vais proposer…

CRISPIN.

Il ne souffrira pas que jamais je le voye,
Monsieur.

FERNAND.

Monsieur.Si je m’en mêle, il aura de la joye ;
Je le viens de quitter, il est fort mon ami.

CRISPIN.

S’il est vrai, je ne sens ma douleur qu’à demi :
Car, Monsieur, je vois bien que vous êtes brave homme ;
Vous aurez de la peine à souffrir qu’il m’assomme.

FERNAND.

Attens-moi, de ce pas, je m’en vais le chercher.

CRISPIN.

Moi, Monsieur ? Point du tout, je m’en vais me cacher.

FERNAND.

Mais il faut te montrer ?

CRISPIN.

Mais il faut te montrer ? Ah ! Monsieur, je ne l’ose,
Sans sçavoir si vos soins auront fait quelque chose,
Je m’en vais, s’il vous plaît vous attendre à l’écart.

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