SCENE XVII.
CRISPIN, FERNAND.
CRISPIN en soutane.
Mais toujours je l’attens sur le soir…Ah ! maraut !
Je vous jure…
FERNAND.
Je vous jure…Ah ! Monsieur, vous venez comme il faut ;
Vous pouvez en ce lieu m’accorder une grace.
CRISPIN.
Moi, Monsieur ; il n’est rien que pour vous je ne fasse ;
Commandez.
FERNAND.
Commandez.Votre frere, il a tant de douleur,
Que j’ai droit d’espérer…
CRISPIN.
Que j’ai droit d’espérer…C’est un coquin, Monsieur.
FERNAND.
Il a tort, il l’avouë ; il se nomme coupable ;
Mais, Monsieur, une faute est assez pardonnable ;
Désormais il en jure, il veut être meilleur ;
Vous aimer, vous servir…
CRISPIN.
Vous aimer, vous servir…C’est un fripon, Monsieur.
FERNAND.
Ne vous puis-je résoudre à la miséricorde ?
CRISPIN.
C’est un pendart, Monsieur, qui mérite la corde.
FERNAND.
C’est manquer de parole aux plus rares Amis.
S’il vous en ressouvient vous m’avez tout promis,
Monsieur ; ce n’étoit donc qu’une pure grimace.
CRISPIN.
Il est vrai, ma parole en effet m’embarrasse.
C’en est fait, je pardonne à ce traître, il vous plaît.
FERNAND.
Il ne tiendra qu’à vous de le voir comme il est.
CRISPIN.
Moi, Monsieur, moi le voir en présence du monde !
Quand je vois ce coquin, mon courroux se débonde ;
Je ne puis.
FERNAND.
Je ne puis.Hé ! Monsieur, il ne faut qu’un instant…
CRISPIN.
Je ne le puis, vous dis-je, un malade m’attend ;
Mais touchant ce maraut je consens qu’il revienne.
Serviteur.