‹ Le monde de la merChapitre 114 sur 247 · III

III

Les perles, ces gouttes de rosée solidifiée, suivant les Orientaux, sont des sécrétions maladives de l'organe de la nacre. La matière, au lieu de se déposer sur les valves par couches très-minces, se condense, soit contre ces mêmes valves, soit dans l'intérieur des organes, et forme des corps plus ou moins arrondis. Les perles déposées sur les valves sont généralement adhérentes; celles qui naissent dans le manteau ou dans le corps sont toujours libres. Généralement, on trouve dans leur centre un petit corps étranger, qui a servi de noyau à la concrétion. Ce corps peut être un ovule stérile du Mollusque, un œuf de poisson, un animalcule arrondi, un grain de sable..... La matière solide est disposée tout autour, par couches minces et concentriques.

Les Chinois et les Indiens ont mis à profit cette observation pour faire produire à divers bivalves, soit des perles, soit des camées artificiels. Ils introduisent dans le manteau du Mollusque, ou bien ils appliquent à la face interne d'une valve des fragments arrondis de verre ou de métal. Dans un cas, ils obtiennent des perles libres, et dans l'autre des perles adhérentes. Voici contre une valve un chapelet tout entier, et sur une autre, une douzaine de jolis camées représentant des Chinois assis. Dans le chapelet sont des grains de quartz attachés par un fil, et dans les camées, des plaques d'étain représentant des figurines.

Une seule Pintadine contient quelquefois plusieurs perles. On en cite une qui en renfermait cent cinquante. Cela est-il bien exact?

[Illustration: PERLES ET CAMÉES CHINOIS ARTIFICIELS.

(Symphynota bialata, Lea).]

Les perles sont d'abord très-petites. Elles s'accroissent par couches annuelles. Leur éclat et leur nuance varient comme ceux de la nacre qui les produit: tantôt elles sont diaphanes, soyeuses, lustrées et plus ou moins chatoyantes; tantôt mates, sales, obscures et plus ou moins enfumées.

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