‹ Le monde de la merChapitre 13 sur 247 · IV

IV

La mer influe sur ses nombreux habitants, végétaux ou animaux, par sa température, par sa densité, par sa salure, par son amertume, par l'agitation de ses flots et par la rapidité de ses courants.

On a vu, dans le chapitre qui précède, que les eaux marines ne se congèlent qu'à la surface, et qu'à 1000 mètres de profondeur, il existe une température permanente, la même sous toutes les latitudes. D'un autre côté, on a reconnu que l'effet des agitations les plus puissantes et celui des ouragans les plus forts s'étendent tout au plus à 25 mètres de profondeur (Bergmann). D'où il résulte que les végétaux et les animaux, en descendant plus ou moins, suivant le froid ou les mouvements qui les dérangent, peuvent toujours avoir un milieu qui leur convienne.

Les hôtes de la mer se distinguent par une mollesse particulière. Certaines plantes pélagiques ne présentent qu'une faible, une très-faible consistance; un grand nombre se transforment, par l'ébullition dans l'eau, en une sorte de gelée. Les animaux marins offrent une chair plus ou moins flasque; beaucoup semblent n'être composés que d'un mucilage diaphane. Le squelette des espèces les plus parfaites est plus ou moins flexible et plus ou moins cartilagineux; il ressemble rarement, quant au poids et à la consistance, aux os des vertébrés terrestres. Cependant les coquilles et les coraux sont remarquables par leur solidité pierreuse. Parmi les corps organisés marins, se trouvent donc à la fois, et les plus mous, et les plus durs!

La répartition des êtres organisés nourris par l'Océan est soumise à des lois fixes. On ne trouve pas, sur les côtes, les mêmes espèces qu'on rencontre éloignées des continents, ni à la surface celles qui se cachent dans les profondeurs.

Quelle immense variété de tailles, de formes et de couleurs, depuis la végétation presque invisible qui sert de nourriture aux petits coquillages, jusqu'aux algues élancées, longues de 50 mètres, depuis l'infusoire microscopique jusqu'à la baleine gigantesque!

On trouve dans la mer animée de l'unité et de la diversité, qui constituent le beau; de la grandeur et de la simplicité, qui forment le sublime; de la puissance et de l'immensité, qui commandent le respect. (Lacépède.)

On a décrit et figuré bien des plantes et bien des animaux. Mais combien en reste-t-il encore à figurer et à décrire? Depuis plus de deux mille ans que les recherches se multiplient et se succèdent sans interruption, combien la science ne laisse-t-elle pas encore à désirer, même pour amener les connaissances déjà acquises au degré de perfection dont elles sont susceptibles! (Lamarck.)

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