III
Les eaux ont beaucoup plus d'habitants que les parties solides de la terre[2]. Sur une surface moins variée que celle des continents, la mer renferme dans son sein une exubérance de vie dont aucune autre région du globe ne pourrait donner l'idée (Humboldt).
[2] La vie est partout sur une plage: La vie est partout dans nos lits.
(AUTRAN.)
La vie s'épanouit au nord comme au midi, à l'est comme à l'ouest. Partout les mers sont peuplées; partout, au sein de l'abîme, s'agitent et s'ébattent des créatures qui se correspondent et s'harmonisent; partout le naturaliste trouve à s'instruire et le philosophe à méditer; et ces changements mêmes ne font qu'imprimer davantage dans notre âme un sentiment de reconnaissance pour l'Auteur de l'univers. (J. Franklin.)
Oui, les rives de l'Océan et ses profondeurs, ses plaines et ses montagnes, ses vallées et ses précipices, même ses ruines, sont animés et embellis par d'innombrables êtres organisés. Ce sont d'abord des plantes solitaires ou sociales, dressées ou pendantes, étalées en prairies, groupées en oasis ou rassemblées en immenses forêts. Ces plantes protégent et nourrissent des millions d'animaux qui rampent, qui courent, qui nagent, qui volent, qui s'enfoncent dans le sable, s'attachent à des rochers, se logent dans des crevasses ou se construisent des abris; qui se recherchent ou se fuient, se poursuivent ou se battent, se caressent avec amour ou se dévorent sans pitié.
Charles Darwin remarque, avec raison, que nos forêts terrestres n'entretiennent pas, à beaucoup près, autant d'animaux que celles de la mer.
L'Océan, qui est pour l'homme l'élément de l'asphyxie et de la mort, est, pour des milliards d'animaux, un élément de vie et de santé. Il y a de la joie dans ses flots; il y a du bonheur sur ses rives; il y a du bleu partout!