‹ Le monde de la merChapitre 131 sur 247 · V

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La pourpre est donc une substance tout à fait photogénique.

M. Lacaze-Duthiers a fait des expériences importantes sur la sensibilité de ce produit et sur les avantages qu'on pourrait en retirer.

Il conseille de recueillir la matière purpurigène avec une brosse plate dont on a raccourci les poils. On frotte doucement, et plusieurs fois, l'organe sécréteur. La brosse est bientôt chargée d'une substance visqueuse et filante. «Alors on n'a qu'à barbouiller les tissus que l'on veut imprégner, en répétant fréquemment sur eux un mouvement de moulinet ou de va-et-vient; on arrive ainsi à étendre en couche uniforme la mucosité recueillie, qui fait d'abord un peu de bave ou de mousse, mais qui bientôt ne forme plus qu'un liquide, quoique épais, où toutes les bulles d'air disparaissent progressivement. Pour que le tissu se trouve imprégné à peu près uniformément, on charge le pinceau une seconde, une troisième, une quatrième fois, en ayant soin de bien fondre les limites des différents points sur lesquels on apporte successivement de la nouvelle matière.» (Lacaze-Duthiers.)

Il faut un certain temps d'exposition au soleil pour obtenir la coloration de la matière. Ce temps varie suivant la vivacité des rayons lumineux. Dans le midi de l'Espagne, la teinte violette se développe après deux ou trois minutes. Dans d'autres circonstances, une image se dessine au bout de quatre ou cinq. Avec un ciel nuageux, un portrait n'a été fini qu'au bout de trois quarts d'heure. La lumière diffuse, très-faible, demande encore plus de temps.

On doit avoir soin d'humecter la matière avec quelques gouttes d'eau de mer.

La Pourpre bouche de sang donne un violet léger, quand la substance est peu abondante, et un pourpre plus ou moins foncé, quand elle est considérable.

La Pourpre teinture produit un violet des plus beaux, quelquefois avec des reflets bleuâtres des plus remarquables.

Le Rocher fascié fournit une teinte bleuâtre. Les dessins obtenus à Mahon étaient, les uns d'un violet bleuâtre, avec des parties tout à fait bleues, les autres d'un violet foncé.

Le Rocher hérisson des côtes de Pornic et de la Rochelle offre constamment du violet. Toutefois, sans savoir pourquoi, M. Lacaze-Duthiers a obtenu des teintes plus vineuses, plus bleuâtres ou plus rosées, en opérant dans des conditions qui paraissaient exactement les mêmes.

La petite Massue présente un violet parfois clair et rosé, extrêmement délicat.

[Illustration]

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