IV
Les Baleines sont sensibles à l'amour. Le mâle accompagne presque toujours sa femelle.
En 1723, on rencontra deux époux Baleines qui traversaient l'Océan. C'était peut-être un voyage de noces! On les attaqua, on les blessa. Un des deux ayant cessé de vivre, l'autre se jeta sur son corps bien-aimé avec d'effroyables mugissements (Duhamel).
A l'embouchure de l'Elbe, la même année, huit femelles échouèrent. Près de leurs cadavres on vit bientôt arriver leurs huit mâles.
Le mâle suit toujours la femelle blessée et reste avec elle. La femelle ne montre, ni la même tendresse, ni la même sollicitude (L. Hautefeuille).
Comme tous les Mammifères, les Baleines nourrissent leur petit avec leur lait. Combien donnent-elles de litres de la précieuse nourriture à chaque tetée?
La mère témoigne pour son nourrisson d'un attachement très-ardent et très-courageux.
Quand un Baleineau a été harponné, on peut être certain que la mère ne tardera pas à venir à son secours. Elle le joint à la surface de l'eau quand il y monte pour respirer; elle semble l'exciter à fuir; souvent elle passe sous lui, le charge sur son dos et l'emporte, tandis que le petit, glissant et parfois chavirant sous l'action de la lame, cherche à se maintenir avec ses deux nageoires. Il est très-rare qu'elle l'abandonne, tant qu'il est vivant.
«Dans ces moments, on peut la blesser facilement; car elle oublie entièrement le soin de sa propre sûreté, pour ne s'occuper que de la conservation de son petit. Elle se lance au milieu des ennemis, méprise les périls; même après avoir été frappée plusieurs fois, elle reste auprès de son nourrisson, si elle ne peut pas l'entraîner avec elle. Dans son angoisse maternelle, elle court çà et là, bat la mer avec violence, et l'irrégularité de ses mouvements est un indice certain de la vivacité de sa douleur.» (Scoresby.)