‹ Le monde de la merChapitre 219 sur 247 · III

III

Le poids du cerveau d'une Baleine représente à peine la vingt-cinq millième partie du poids total du Cétacé.

Quoique doué d'une force prodigieuse, cet animal est très-timide. Quand on le poursuit, il cherche habituellement à fuir et non à se défendre.

Il a des ennemis qui le tourmentent et dont il ne sait pas toujours se défendre ou s'éloigner. Les Espadons le percent, les Scies lui font d'affreuses déchirures; les Marsouins lui arrachent de gros morceaux de chair.

Le diamètre de l'œil d'une Baleine égale la cent quatre-vingt-douzième partie de sa longueur totale. Le professeur Carus compare le volume entier du globe oculaire à une orange, et le docteur Gros, à la tête d'un enfant nouveau-né.

La pupille est transversalement ovale, comme celle des Ruminants.

Quoique ces immenses Mammifères-Poissons manquent de pieds, ils nagent cependant avec une extrême vitesse. Ils se jouent avec les montagnes d'eau soulevées par les tempêtes. Ils se servent admirablement de leurs deux bras, qui forment deux nageoires gigantesques, et surtout de leur queue colossale, composée de deux lobes d'une étendue et d'une force prodigieuses. Aussi, lorsque les baleiniers veulent ralentir la course d'un individu harponné, c'est à cette dernière partie qu'ils adressent leurs coups. Avec une pelle triangulaire bien tranchante, ils pratiquent quelquefois plus de cinquante vigoureuses entailles à la naissance de la queue, et diminuent de moitié la puissance de l'animal fuyant.

Quand une Baleine frappe l'eau avec sa queue, elle produit un clapotement.

On dit qu'une Baleine parcourt, en moyenne, dix milles par heure; mais lorsqu'elle est blessée ou poursuivie, elle s'élance bien plus rapidement. Quelquefois elle s'élève au-dessus de l'eau et se laisse retomber. Elle produit alors une tempête en miniature, qui se fait sentir assez loin.

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