IV
Comme les Phoques, les Morses fournissent une certaine quantité d'huile.
On tire parti de leur peau pour faire des soupentes. Cette peau était anciennement précieuse pour la navigation: on la coupait en lanières que l'on tordait, et l'on obtenait ainsi des câbles d'une très-grande résistance.
Les dents de Morse sont préférables à l'ivoire, parce qu'elles sont plus dures et moins sujettes à jaunir. Malheureusement, elles n'ont pas le volume des défenses de l'Éléphant; cependant on en trouve qui offrent plus de 80 centimètres de longueur, et près de 33 de circonférence à leur sortie de l'alvéole. L'ivoire des Morses est compacte, susceptible d'un beau poli, mais sans stries. De petits grains ronds, placés pêle-mêle comme les cailloux dans un poudingue, forment la partie moyenne de la défense (Cuvier).
Ces dents sont utilisées de différentes manières. Les prisonniers russes, en Sibérie, les travaillent très-adroitement, à peu près comme les forçats de Toulon cisèlent les noix de coco. Ils en fabriquent des coffrets, des boîtes, des étuis, des chaînes et d'autres petits bijoux élégants, vrais chefs-d'œuvre d'art et de patience.
[Illustration]
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