IV
Les Infusoires se propagent de diverses manières. D'abord par division spontanée (scissiparité): ils se partagent en deux parties égales qui deviennent chacune exactement semblables à l'individu primitif; de telle sorte que, littéralement, le fils est la moitié de sa mère, et le petit-fils le quart de son aïeule. D'autres se perpétuent par émission de bourgeons (gemmiparité). Comme on le pense bien, ces sortes d'œufs doivent être d'une excessive petitesse.
[Illustration: PROPAGATION D'UN INFUSOIRE PAR DIVISION SPONTANÉE.]
Dans l'espace de quelques jours, on voit naître, dans un verre d'eau de mer, soit par division, soit par germes, plusieurs millions d'individus.
Tout récemment on a découvert, chez plusieurs espèces, des individus mâles et des individus femelles[31].
[31] D'après M. Balbiani, les Infusoires seraient des hermaphrodites complets dans le genre des Limaçons. (Voyez le chapitre XXIII et la planche V bis, communiquée par M. Gerbe.)
Deux Infusoires se rencontrent dans leurs courses vagabondes, se réunissent, se greffent par leur partie antérieure (fig. 1), se fusionnent (fig. 2, 3, 4, 5), et ne forment plus qu'une masse homogène (fig. 6). Celle-ci s'entoure d'une enveloppe transparente, et laisse voir dans son intérieur quatre points nébuleux (fig. 7) qui s'étendent et se transforment en quatre corps oviformes (fig. 8). Bientôt l'enveloppe se déchire et laisse échapper les corps oviformes (fig. 9), lesquels, comme certaines graines, attendront peut-être des années avant de trouver les circonstances nécessaires à leur développement. Alors la semence germe (fig. 10, 11), l'Infusoire se dessine (fig. 12), grossit rapidement (fig. 13, 14), et, devenu adulte (fig. 15), reprend sa course capricieuse à la recherche de quelque autre Infusoire de son espèce, auquel il unira sa destinée.
Il peut donc y avoir de l'amour et des caresses dans une goutte d'eau! O Jéhovah!