‹ Le monde de la merChapitre 79 sur 247 · V

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Certaines Étoiles de mer ont un corps en forme de petit disque plus ou moins rond, d'où partent des rayons soutenus par une série d'osselets: ce sont les Ophiures, ainsi appelées à cause de la ressemblance grossière qui existe entre leurs bras et la queue d'un Serpent. Ces bras sont allongés, grêles, flexibles, onduleux, quelquefois garnis sur les côtés d'épines ou de soies.

Chez plusieurs espèces, dites Astrophytes, ils se bifurquent vers leur origine, puis se subdivisent en deux ou trois rameaux qui émettent des ramuscules plus ou moins nombreux, très-fins et très-contournés. Dans un individu, on a compté 81 920 ramifications.

Les rayons élégants des Ophiures s'agitent et se tordent suivant les besoins; ils saisissent les proies qui sont à leur portée, et les dirigent vers la bouche, placée toujours au-dessous et au centre de l'Étoile.

Chez les Astrophytes, l'ensemble des bras forme comme un filet pour prendre les victimes, et même comme un panier pour les tenir en réserve.

La cavité viscérale est absolument limitée au centre de la bête, et ne se prolonge pas dans les bras, comme chez les Astéries.

Quand on met une Ophiure dans une eau malpropre, ses rayons tombent les uns après les autres, morceau par morceau, jusqu'à ce qu'il ne reste plus que le disque. Figurez-vous une roue réduite à son moyeu. Cependant l'animal vit encore et mange toujours avec avidité. (Rymer Jones.)

[Illustration: ASTROPHYTE VERRUQUEUX

(Astrophyton verrucosum Müller et Troschel).]

Vers le commencement d'avril, les bords du disque se gonflent; l'espace intermédiaire entre les rayons est envahi par le frai. Les œufs sont ovoïdes et d'un rouge brillant.

Vers les mois d'août et de septembre, paraissent les petits. Au moment de leur naissance, ils sont presque microscopiques, transparents et légèrement verdâtres; ils présentent une forme très-bizarre. On les a comparés au chevalet d'un peintre. La partie supérieure du corps semble conoïde; la partie inférieure est divisée en huit prolongements de diverses dimensions, disposés en deux groupes divergents. Ces prolongements offrent des cils, et sont légèrement orangés vers leur extrémité. Chacun est soutenu par un petit support calcaire intérieur. Ces larves singulières ont été décrites sous le nom de Pluteus paradoxus.

[Illustration: LARVE GROSSIE D'ÉCHINODERME

(Pluteus paradoxus J. Müller).]

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